Avec mon premier chèque de femme-au-foyer-retournée-au-travail-à-temps-plein, j'ai décidé de m'offrir le tablier de rêve.
Ça fait des années que je cuisine avec de vieux tabliers hérités ici et là. Tabliers ingrats, unisexes et ternes. Celui que j'utilise le plus reste celui pourtant offert à mon chum: pas trop large, tissus épais et pourtant fluide, facilement nouable... mais frappé des lettres "Maître sushi", ce que je ne revendique pas.
L'heure est venue pour moi d'enfin posséder un tablier de fille.
Depuis avant mon dernier bébé que je les zieute de temps à autre, chaque fois que je mets les pieds dans une boutique de cuisine. Shopping qui se fait sans chercher vraiment et sans trouver non plus. Désir latent en attendant le coup de foudre.
Mon tablier de rêve se trouve aux États-Unis.
Jill vient d'une famille nombreuse. Mère de famille à son tour, marié à un cultivateur de blé biologique, elle demande à sa mère de lui montrer à coudre et renoue avec le passé de sa famille. Celui de l'ouest, des pionniers et des femmes qui cuisinaient des pancakes avec des tabliers à fleurs. Elle fait d'abord des tabliers pour elle. Fait des tabliers pour sa famille. Des tabliers pour ses amies. Pour les amies de ses amies.
Du fond de son Ouest, Jill propose aujourd'hui ses tabliers au monde. À moi.
J'ai passé trois soirées à me promener sur son site. À penser à ce vêtement d'autrefois, symbole délaissé à partir des années 1960 mais qui fait, du moins aux États-Unis semble-t-il, un retour triomphal chez les femmes plus jeunes. Trois soirées à hésiter entre le Ada, le Rise and Shine ou le Molly. Même consulté mon chum et mes fils.
Il est enfin choisi. Je le commande cette semaine.
Et puis Jill, elle confectionne aussi des tabliers pour les petites filles.
Alors du coup, bien sûr, cette image où je cuisine des cupcakes avec ma Blanche, toutes deux dans nos tabliers de filles. Fantasme ridicule de mère qui a d'abord eu trois gars. Ces fils, les miens, à qui il restera bien le Maître sushi.
dimanche 12 juillet 2009
jeudi 9 juillet 2009
La confiture
Je n'ai pas la chance d'être Madeleine et d'avoir une voisine qui fait la confiture pour ma famille.


Souvenirs de pots échangés entre ma mère et ses soeurs. Pommettes, fraises, rhubarbe. Groseilles de ma grand-mère pour laquelle mon père aurait commis mille bassesses. Chaudrons immenses. Coton fromage. Pots Mason. Paraffine. Chaleur de sucre et de soleil d'été.
Chez nous, vivre au rythme de ce qu'apporte la terre est une façon de marquer les saisons. D'habiter le pays. La confiture de fraises se fait dans le temps des fraises, point. Après les fraises, on s'en passe.
Reste que faire la confiture est un savoir-faire précieux. Un trésor ancien qui vit pourtant dans bien des ménages. Un rituel qui marque les cuisines de gestes enfouis dans le passé, mais tout aussi précieux pour qui s'en donne la peine.

Le temps des confitures...
Ces mots évoquent en nous l'enfance,
et un temps où l'on prenait justement le temps de regarder mûrir les fruits,
de les cueillir,
d'astiquer les bassines de cuivre,
d'étiqueter les pots et de les ranger dans les armoires.
- Misette Godard, Le temps des confitures
Ces mots évoquent en nous l'enfance,
et un temps où l'on prenait justement le temps de regarder mûrir les fruits,
de les cueillir,
d'astiquer les bassines de cuivre,
d'étiqueter les pots et de les ranger dans les armoires.
- Misette Godard, Le temps des confitures

Souvenirs de pots échangés entre ma mère et ses soeurs. Pommettes, fraises, rhubarbe. Groseilles de ma grand-mère pour laquelle mon père aurait commis mille bassesses. Chaudrons immenses. Coton fromage. Pots Mason. Paraffine. Chaleur de sucre et de soleil d'été.
Chez nous, vivre au rythme de ce qu'apporte la terre est une façon de marquer les saisons. D'habiter le pays. La confiture de fraises se fait dans le temps des fraises, point. Après les fraises, on s'en passe.
Restera bien la confiture!
mardi 7 juillet 2009
Les biscuits d'Anne-Marie
Annie et Madeleine aiment
Anne-Marie
Attachante, dévouée, engagée. Anne-Marie a un fils, Louis.
Annie et Madeleine adoooorent Louis! Parfois, Louis a besoin de prendre du poids, alors sa mère lui fait les fameux, mondialement connus et appréciés
Biscuits d'Anne-Marie!
Pour les faire à votre tour, vous aurez besoin de l'ingrédient inattendu

Hep. Des biscuits aux haricots blancs. Ça explique le côté nourrissant. Annie et Madeleine aiment camoufler des choses dans leur cuisine familiale!
Comme vous en êtes aussi férue de cuisine familiale, l'aide d'un assistant-chef ne sera pas à négliger.

Ici, Albi en pleine action. "Je veux t'aider maman, moi je peux goûter."

Si vous avez une recette familiale que vous souhaitez partager, écrivez-nous. Nous la testerons à nos risques et périls et à votre tour, vous pourriez devenir GUEST STAR de Maman, j'ai faim!
Anne-Marie
Attachante, dévouée, engagée. Anne-Marie a un fils, Louis.
Annie et Madeleine adoooorent Louis! Parfois, Louis a besoin de prendre du poids, alors sa mère lui fait les fameux, mondialement connus et appréciés
Biscuits d'Anne-Marie!
Pour les faire à votre tour, vous aurez besoin de l'ingrédient inattendu
Hep. Des biscuits aux haricots blancs. Ça explique le côté nourrissant. Annie et Madeleine aiment camoufler des choses dans leur cuisine familiale!
Comme vous en êtes aussi férue de cuisine familiale, l'aide d'un assistant-chef ne sera pas à négliger.
Ici, Albi en pleine action. "Je veux t'aider maman, moi je peux goûter."
Donne 4 douzaines
1/2 tasse de beurre (ou margarine)
1/2 tasse de compote de pomme non sucrée
3/4 tasse de cassonade
1 tasse de purée de haricots blanc (ou de lentilles), rincés et égouttés
1 c. à thé de vanille
2 oeufs
11/2 tasse de farine tout usage (peut faire moitié farine de blé entier/ moitié farine blanche)
1 tasse de gruau d'avoine à cuisson rapide
1 c.à thé de bicarbonate de soude
1/2 c. à thé de sel
1/4 à 1/2 c. à thé de canelle
1/8 c. à thé de muscade
1 tasse de brisures de chocolat
1/4 tasse de noix
ou
1 tasse de raisins secs
ou
1 tasse de canneberges séchées et amandes
Méthode
1- Mettre en purée les légumineuses au mélangeur
2-Crémer le beurre ou la margarine avec le sucre, la compote et les légumineuses
3- Ajouter la vanille et les oeufs battus
4-Mélanger ensemble les ingrédients secs et les incorporer au mélange crémeux
5-Ajouter les garnitures de votre choix
6-Déposer par cuillerée, sur une tôle à biscuits graissée
7-Cuire à 375F, environ 10 minutes
Si vous avez une recette familiale que vous souhaitez partager, écrivez-nous. Nous la testerons à nos risques et périls et à votre tour, vous pourriez devenir GUEST STAR de Maman, j'ai faim!
Merci Anne-Marie!
jeudi 2 juillet 2009
David et Mireille
Aujourd'hui, David a dîné à la maison.
David est un ami d'école de mon fils aîné. On aime beaucoup David. Il est venu quelques fois chez nous, mais c'était la première fois qu'il y mangeait.
David souffre d'allergies alimentaires sévères.
La première fois que David est venu à la maison, je crois que Mireille, sa mère, était un peu stressée. Elle m'avait présenté un petit sac rouge qui contenait épipen, pompes et autres médicaments.
David vient toujours à la maison accompagné de son petit sac rouge.
Quand on a invité David hier, j'ai proposé de le garder pour le lunch, mais Mireille ne semblait pas certaine. Et ce matin, quand elle est venue le reconduire, elle voulait le reprendre avant le midi. Mon chum lui a dit que voyons donc, laisse-le! Il dine ici et pas de discussion.
Elle a embrassé son fils, laissé son petit sac rouge et a filé.
Ce midi, je reviens du travail. Mon chum n'avait pas fait le diner et soudain, les garçons qui jusque là jouaient sans se soucier de l'heure qu'il était, ben ils ont eu faim.
Hum.
Je demande à mon chum si Mireille avait laissé des indications pour le repas.
Mon chum me dit que non, que les instructions sont dans le sac rouge.
Au fond du sac je trouve un vieux papier, plié et déplié mille fois, sur lequel on peut lire que David est allergique:
- aux oeufs
- aux kiwis
- aux arachides
- au sésame
En bas de la liste, on trouve toute une panoplie de quoi faire en cas de symptômes:
- démangeaisons
- plaques rouges
- enflûres
- difficultés respiratoires
et ça se termine par:
" injectez l'épipen dans la cuisse, téléphonez au 9-1-1 ou rendez-vous sans tarder à l'urgence".
Comme ça, en gros caractères gras. Merci bonsoir.
Re-hum.
Je passe alors au peigne fin le contenu de mes armoires, encore et encore. Plie et déplie mille et une fois de plus le papier pour me rappeller à quoi il est allerique déjà David. Cherche désespérément les fameuses étiquettes "Alerte aux allergies".
Finalement, ils mangeront des tortillas dans lesquels j'aurai mis du jambon, de la laitue, un peu de moutarde, du fromage râpé, sel et poivre.
David n'aime pas le fromage. Zut.
Je sers avec du jus de pomme en ayant vérifié mille fois si Rougemont n'avait pas ajouté du kiwi dans leur patente. Tsé, pour faire exotique, on ne sait jamais avec le jus de pomme.
Avec tout ça, je n'avais plus trop faim. Je regardais David boire et manger et surveillais le moindre signe chez lui. Quel signe? Je ne sais trop. Le moindre!
Il a tout mangé. Ils ont tout mangé. Et le petit sac rouge est resté sur le comptoir. Mireille est venu chercher son fils tantôt et aucune question sur le lunch.
J'aime beaucoup que Mireille ne soit plus stressée quand son fils vient à la maison.
*********
Ce que je pense des allergies alimentaires?
Everyone's gone nuts: The exaggerated threat of food allergies
... sauf qu'en même temps Madeleine, bien contente que nos huit enfants, qui ont toutes sortes d'autres problèmes sûrement, ne souffrent pas de celui-là. On ferait quoi dans la cuisine?
David est un ami d'école de mon fils aîné. On aime beaucoup David. Il est venu quelques fois chez nous, mais c'était la première fois qu'il y mangeait.
David souffre d'allergies alimentaires sévères.
La première fois que David est venu à la maison, je crois que Mireille, sa mère, était un peu stressée. Elle m'avait présenté un petit sac rouge qui contenait épipen, pompes et autres médicaments.
David vient toujours à la maison accompagné de son petit sac rouge.
Quand on a invité David hier, j'ai proposé de le garder pour le lunch, mais Mireille ne semblait pas certaine. Et ce matin, quand elle est venue le reconduire, elle voulait le reprendre avant le midi. Mon chum lui a dit que voyons donc, laisse-le! Il dine ici et pas de discussion.
Elle a embrassé son fils, laissé son petit sac rouge et a filé.
Ce midi, je reviens du travail. Mon chum n'avait pas fait le diner et soudain, les garçons qui jusque là jouaient sans se soucier de l'heure qu'il était, ben ils ont eu faim.
Hum.
Je demande à mon chum si Mireille avait laissé des indications pour le repas.
(Et s'ils ne dînaient pas pour une fois?
Ça ne leur ferait pas de tort, non?)
Mon chum me dit que non, que les instructions sont dans le sac rouge.
(Bon sang, elle aurait pu lui faire un lunch à son gosse, Mireille!
Tu parles d'une mère qui laisse son fils très allergique entre mes mains.)
Au fond du sac je trouve un vieux papier, plié et déplié mille fois, sur lequel on peut lire que David est allergique:
- aux oeufs
- aux kiwis
- aux arachides
- au sésame
En bas de la liste, on trouve toute une panoplie de quoi faire en cas de symptômes:
- démangeaisons
- plaques rouges
- enflûres
- difficultés respiratoires
et ça se termine par:
" injectez l'épipen dans la cuisse, téléphonez au 9-1-1 ou rendez-vous sans tarder à l'urgence".
Comme ça, en gros caractères gras. Merci bonsoir.
Re-hum.
Je passe alors au peigne fin le contenu de mes armoires, encore et encore. Plie et déplie mille et une fois de plus le papier pour me rappeller à quoi il est allerique déjà David. Cherche désespérément les fameuses étiquettes "Alerte aux allergies".
Finalement, ils mangeront des tortillas dans lesquels j'aurai mis du jambon, de la laitue, un peu de moutarde, du fromage râpé, sel et poivre.
David n'aime pas le fromage. Zut.
(Ce qu'on s'en fou le jeune, tu n'y es pas allergique?
Alors tu manges.
Comme tout le monde!)
Je sers avec du jus de pomme en ayant vérifié mille fois si Rougemont n'avait pas ajouté du kiwi dans leur patente. Tsé, pour faire exotique, on ne sait jamais avec le jus de pomme.
Avec tout ça, je n'avais plus trop faim. Je regardais David boire et manger et surveillais le moindre signe chez lui. Quel signe? Je ne sais trop. Le moindre!
Il a tout mangé. Ils ont tout mangé. Et le petit sac rouge est resté sur le comptoir. Mireille est venu chercher son fils tantôt et aucune question sur le lunch.
J'aime beaucoup que Mireille ne soit plus stressée quand son fils vient à la maison.
*********
Ce que je pense des allergies alimentaires?
Everyone's gone nuts: The exaggerated threat of food allergies
... sauf qu'en même temps Madeleine, bien contente que nos huit enfants, qui ont toutes sortes d'autres problèmes sûrement, ne souffrent pas de celui-là. On ferait quoi dans la cuisine?
mercredi 1 juillet 2009
Citation du jour
This morning, not five minutes after I'd left for work, my 11-year-old called from the kitchen to ask if he could have banana bread for breakfast:
- Kid, I'm not there. Eat ice cream and marshmallows. Make a vodka smoothie! Go wild or be a good boy, just pretend it's 1990 and I'm unreachable.
Trouvé sur http://freerangekids.wordpress.com/
Madeleine, je nous pars un "blogroll".
- Kid, I'm not there. Eat ice cream and marshmallows. Make a vodka smoothie! Go wild or be a good boy, just pretend it's 1990 and I'm unreachable.
Trouvé sur http://freerangekids.wordpress.com/
Madeleine, je nous pars un "blogroll".
mardi 30 juin 2009
Enfin libre
Depuis une semaine, pour la première fois depuis presqu'un an, je suis de retour au boulot à temps plein.
Pourtant, depuis une semaine, je suis en vacances.

Fini de me gercer les mains à savonner bouteilles de jus et moult pots tupperware.
Pas de réveils brutaux en pleine nuit en réalisant que j'ai oublié de faire les maudits lunchs que je devrai me les tapper le lendemain en catastrophe à 6h20. Pas de coupures causée par une cascade de pellicule plastique à déployer pour emballer les mille et un aliments de mes écoliers.
Plus de haut le coeur du vendredi à nettoyer de mes mains nues la flore qui peuple le fond des boîtes à lunch, de fil en aiguille devenues d'abord insalubres puis récemment tout simplement déchets dangereux.
Fini.
Depuis une semaine, je suis l i b r e .
Pourtant, depuis une semaine, je suis en vacances.

Pendant deux mois, aucun lunch à faire.
Aucun stress à 15h45 de vider les boîtes à lunch pour les remplir à nouveau. Aucun casse-tête à me demander quoi leur faire bon sang et à placer les thèmes selon les jours de la semaine: oeufs durs, sandwichs, repas chaud, salade. Aucun muffin à faire. Aucunement obligée de lancer mon yogourt le mardi de façon à ce qu'il comble au moins deux desserts et deux collations.
Aucun stress à 15h45 de vider les boîtes à lunch pour les remplir à nouveau. Aucun casse-tête à me demander quoi leur faire bon sang et à placer les thèmes selon les jours de la semaine: oeufs durs, sandwichs, repas chaud, salade. Aucun muffin à faire. Aucunement obligée de lancer mon yogourt le mardi de façon à ce qu'il comble au moins deux desserts et deux collations.
Fini de me gercer les mains à savonner bouteilles de jus et moult pots tupperware.Pas de réveils brutaux en pleine nuit en réalisant que j'ai oublié de faire les maudits lunchs que je devrai me les tapper le lendemain en catastrophe à 6h20. Pas de coupures causée par une cascade de pellicule plastique à déployer pour emballer les mille et un aliments de mes écoliers.
Plus de haut le coeur du vendredi à nettoyer de mes mains nues la flore qui peuple le fond des boîtes à lunch, de fil en aiguille devenues d'abord insalubres puis récemment tout simplement déchets dangereux.
Fini.
Depuis une semaine, je suis l i b r e .
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