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lundi 29 mars 2010

Grosse sauce à spag

Aujourd'hui j'ai congé.
Et je cuisine pendant qu'il pleut. De la fenêtre, je vois les feuilles de mes lilas qui se déplient, tellement vertes! J'ai fait mille et un trucs et une sauce à spag, mais une grosse. Avec des tas d'ingrédients.
Depuis que nous sommes six, je cuisine rarement en gros. Sauf la sauce à spag, parce que ce n'est pas pareil.
On faisait ça chez moi, une grosse batch de sauce à spag. Mes parents la congelait en petites portions dans des plats de margarine ou de yogourt. Souvent le spag, c'était le vendredi me semble. Et me semble aussi qu'ils faisaient la sauce le dimanche après-midi. Je me demande d'où vient cette sauce. Mon père, ou ma mère, ne suivaient pas de recette. Pourtant c'était toujours le même goût. Sauf ce moment où ils ont décidé d'ajouter des lentilles. Mon frère et moi, on hurlait et je pense que les lentilles ont disparues.

Pendant longtemps, je me suis fait un plaisir de dire que je n'aimais pas la sauce de mes parents. À une époque, je me souviens que les jours de spag, ils me donnaient des nouilles au beurre. Par contre, j'aimais la sauce qui mijotait. En cachette, je léchais la cuillère de bois, croquais un bout de carotte, suçais longuement un champignon.

La sauce dont je raffolais le plus, c'était quand même celle de grand-mère Lise, que mon père n'aimait pas - ou peut-être se faisait-il un plaisir de dire qu'il ne l'aimait pas? Elle mettait des tas de viande. Et du clou de girofle. Et de la cannelle! Quand j'ai su ça, j'ai essayé de glisser le girofle en douce dans la sauce de mes parents. Mon père a hurlé et je n'ai plus recommencé.

Sauf qu'aujourd'hui, dans ma sauce, il y a de la cannelle et du clou de girofle. De la viande et de la protéine de soya aussi. Mon frère me renierait mais j'ai même déjà essayé de passer des lentilles. Les hommes de la maison ont hurlé et j'ai laissé faire finalement. C'est vrai, ce n'est même pas bon. Par contre, je mets des champis. Une partie hachée de façon microscopique pour berner mes boys et une autre de plus gros morceaux pour nous.
Chez nous, on mange le spag avec une salade verte et du pain à l'ail. Pour mon chum et moi, j'adore ajouter des champignons grillés dans du jus de citron et faire gratiner au mozzarella. Vin italien quand la vie nous sourit.

Vive la pluie d'aujourd'hui qui me rappelle le long chemin de ma sauce à spag. Bien hâte demain de voir les recettes de mes enfants.

jeudi 11 mars 2010

La chaise haute

Elle n'en a plus besoin.
Depuis plusieurs semaines, elle mange à table. Comme nous.

C'est arrivée un peu comme ça. Elle mangeait rapidement dans sa chaise haute, puis elle hurlait et avec ses petites mains, poussait très fort sur la tablette. Les prisons à petites filles, elle n'en a jamais raffolé Saqiyuq.

Alors on la descendait et à petits pas rapides, elle marchait vers son père et tirait son pantalon. Une fois sur ses genoux, elle pouvait manger une deuxième portion complète, à même son assiette à lui.
Chaque repas, le même rituel.
Il m'a dit que mon bébé voulait probablement être à table, comme nous.

Maintenant elle mange à ma gauche, à côté d'Éloi et en face d'Albi. Sur un petit rehausseur bleu et jaune. Nous sommes enfin une pleine tablée.

Sauf que Blanche, elle mange rapidement, puis avec ses petites mains, elle pousse sa chaise et en descend. À petits pas rapides, elle marche vers son père et tire son pantalon. Une fois sur ses genoux, elle mange avec lui une deuxième portion.

Chaque repas, le même rituel.

Il est un père aimant. Patient, particulièrement avec sa petite fille, son bébé. Je crois qu'aussi longtemps qu'elle voudra une deuxième portion sur ses genoux, il l'accueillera. Je crois aussi qu'aussi longtemps qu'il l'accueillera, elle voudra une deuxième portion sur ses genoux.

Et je les regarderai sans jamais me lasser, aussi longtemps que ça durera.

Alors la chaise haute, on en a plus besoin au fond. Cette semaine, il est allé la porter au centre de tri. Fidèle chaise dans laquelle nous avons nourri quatre petites bouches. Voilà pourquoi on a pleuré un peu, quand même.

Mais il m'a dit que si jamais, un jour, mettons, on aurait hypothétiquement de nouveau besoin d'une chaise haute, ben il nous offrirait la plus belle que la terre n'aura jamais porté.

Il blaguait, bien sûr. Mais ça m'a consolé un peu, quand même.

mercredi 10 février 2010

La petite bière du vendredi

Le vendredi, la plupart du temps, vers 17h, après ma journée de travail, je rencontre mes amies de parc.

Mes amies de parc, ce sont les filles avec qui j'ai passé le plus gros de mon temps pendant mon dernier congé de maternité. Ce sont mes girls, celles que j'appelle à la dernière minute pour dire: "J'vais patiner à 10h avec les enfants? Toi, tu fais quoi?"

L'avantage avec mes amies de parc, c'est qu'elles vivent dans le quartier et qu'elle ont le même rythme de vie que moi, au quart d'heure près. Mais ce n'est pas leur seule qualité: elles sont drôles à mourir de rire, intelligentes, empathiques, généreuses. Et elles sont de foutues bonnes mères. Je ne pourrais pas me passer d'elles.

Le vendredi, donc, on finit la semaine en prenant une petite bière ensemble. Pas "ensemble dans un bar tranquille" non "ensemble avec tous nos enfants chez l'une ou chez l'autre". Et quand je dis "tous nos enfants" ça veut dire 14 enfants, âgés de 20 mois à 9 ans.

À nous seules, on explique le baby bump que vit le Québec.

Quand je dis aux gens que je prends un verre avec mes amies et nos 14 enfants, ça surprend toujours. "Quatorze?" Et oui. Étonnamment, ça se gère plutôt bien. Les mêmes règles pour tout le monde. On n'est pas vraiment quatre mères avec leurs enfants respectifs: on est quatre mères de quatorze enfants. Ils constituent un petit groupe, une deuxième famille avec sa propre logique, sa propre dynamique.

Pendant que les mères se débouchent une bière à l'étage, les enfants jouent dans le sous-sol ou encore ils écoutent des films. On ne sait pas vraiment en fait. En tout cas, ils sont occupés.

Habituellement, comme notre rencontre a lieu à peu près à l'heure du souper, on les fait manger. Le plus souvent, un macaroni au fromage ou de la pizza maison. Quand le repas est prêt, on les appelle. Si on est vraiment d'attaque, on les appelle tous en même temps. Y'a alors des enfants qui mangent assis à deux sur une chaise, d'autres debout et certains assis par terre. Aussitôt fini, ils repartent dans leur sous-sol, repus et heureux.

Et puis nous, les quatre, on continue notre petite bière, on mange des chips. On se raconte notre semaine. Et, immanquablement, on finit par rire comme des collégiennes.

Parfois, surtout si des hommes s'en mêlent, la petite bière du vendredi se transforme en gin/tonic du vendredi, ou en petite bière et shots de tequilla du vendredi, ou encore en trois bouteilles de vin du vendredi. Quand ça arrive, les trois qui quittent la maison de l'autre vers 20h00 avec leur trâlée d'enfants (à pied bien sûr) finissent par se dire des "maudit qu'on s'aime" sur la rue comme des adolescentes qui ne savent pas gérer leur alcool.

Qu'importe. C'est la fête. Parfois, c'est ce qui me donne le courage de traverser une semaine particulièrement chargée. De rencontrer mes chums de fille, de passer une soirée ensemble, de voir leurs enfants, de les voir s'occuper des miens, c'est véritablement précieux.

***************

Vendredi dernier, mon fils Achille n'a pas voulu m'accompagner à ma soirée hebdomadaire. Après la garderie, il a préféré entrer à la maison avec son père. Quand je suis arrivée chez moi avec les trois autres, en ouvrant la porte, je suis tombée sur cette scène:




Mon homme et son garçon mangeaient un bon steak frites, à la table du salon, devant des épisodes de superman.



"Cet enfant-là a besoin de manger de la viande" m'a dit mon homme. "Y'en a mangé autant que moi."

Comme tu veux, mon chéri. Fuck le végétarisme. Du steak tous les soirs pour te voir dans un tablier.

vendredi 1 janvier 2010

Tradition des fêtes

J'ai une tradition du temps des fêtes. À chaque année, comme j'ai un peu de temps libre, je sors ma machine à coudre. Il y a 3 ans, j'ai fait des bas de Noël. L'année dernière, j'ai fait une robe de chambre pour ma fille et une petite robe pour sa poupée. Cette année, je me suis fait une tablier.

Je n'ai pas de petit coin de couture, encore moins de chambre à moi. Quand je couds, je mets tout mon bardas sur la table de la cuisine. Y'a des fils partout, des épingles qui tombent par terre, des rallonges électriques qui barrent le chemin.

Avec beaucoup de collaboration de mon homme, j'ai fêté mon premier de l'an en passant la journée à mon moulin. C'était la journée idéale pour ce genre d'entreprise: dans le frigo, plein de restes. Ainsi, quand, à 13h37, les enfants ont réclamé leur dîner, je n'ai pas eu à me ramasser. Et nous avons pu les envoyer manger au sous-sol, devant la télé, sans surveillance parentale.

Je suis une couturière remarquablement botcheuse. Mais cette fois-ci, j'ai fait beaucoup d'efforts. Je voulais qu'il soit beau mon tablier. Et solide pour survivre à toutes les brassées de lavage qui ponctueront son existence. J'ai donc repasser quand on me disait de repasser, épingler avec diligence, utiliser ma règle pour bien mesurer. Et voici ce que voilà.






Je me suis empressée de tout terminer avant 17h pour qu'il soit prêt pour la préparation du souper. Après seulement quelques heures d'existence, il a su se rendre indispensable. Il a déjà protéger mes vêtements contre les éclaboussures de sauce de tomate, séché mes mains mouillées et savonneuses et même essuyé un bout de comptoir.

Je crois que je ne vais pas redescendre tout de suite ma machine à coudre au sous-sol. Je sens qu'il va me falloir un autre tablier avant la fête des rois.

Celui-là est déjà sale.

samedi 19 décembre 2009

Depuis toujours

Ma
mère et moi, on fait des beignes de Noël.
Je ne sais pas trop comment ça commencé, mais c'est comme ça. Ça toujours été comme ça. À Noël chez nous, on a toujours pris la peine de faire des beignes.
(M'man, quand on était en Europe, est-ce qu'on avait fait des beignes?)
La même recette.
Tiré du même livre,
daté de 1963.
Année après année et ça ne change pas.

Une collection de bonnes recettes éprouvées, orgueil des ménagères et délices de leurs familles, compilées à l'intention des maîtresses de maison chez nous, toutes d'excellentes cuisinières. En servant une bonne table, elles continuent la vieille tradition de bonne chère qui, au pays, date au moins des "Anciens Canadiens."
Chaque année, on se pose les mêmes questions aux mêmes endroits. 2/3 de tasse de sucre fois 3, ça nous en fait combien? Est-ce qu'on doit vraiment mettre 12 c. à thé de poudre à pâte?!? Chaque fois aussi, on rigole lorsqu'on lit que "les beignes les plus beaux, ceux qui sont frits en premier, doivent être gardés pour la visite". Année après année, c'est toujours aussi drôle.

Je me rappelle ces années où notre seule contribution à mon frère et moi était de recevoir un petit bout de pâte et de le déguster en écoutant Ciné Cadeau. Puis j'ai pu découper les beignes avec un verre Durex. Ensuite, les trous de beignes avec le dé à coudre de ma mère.

Aujourd'hui, ma mère mesure les ingrédients et je commence à brasser le mélange. Puis elle termine parce que j'ai trop mal au bras. C'est toujours comme ça. Ensuite je découpe les beignes et c'est ma mère qui les fait frire. Toujours.

Ça nous prend quelques heures. Parfois on fait ça autour d'un souper. D'autres fois pendant la journée, avec les enfants (de plus en plus d'enfants) qui occupent leur grand-père. Des fois aussi, nous sommes seules. Elle me donne des nouvelles de mes cousins, je raconte les dernières frasques des petits. Je suis chez moi, dans la maison qui m'a vu grandir et ça sent la friture de Noël.

Enfin je repars avec mes ziplocs de beignes à congeler et on en met un de côté pour mon frère. On se les garde pour les manger avec du sucre en poudre et un peu de cannelle, les jours où il fait très froid et où on a joué dehors. C'est comme ça depuis toujours.

Chez nous, ma mère et moi, on fait des beignes de Noël.
Ça toujours été comme ça.
Et ce sera toujours comme ça.

mercredi 9 décembre 2009

Comme des petits pains

J'ai une vieille machine à pain.
Que je n'utilise plus.

Comme Madeleine, je fais mon pain à la main. Sans machine, c'est beaucoup plus simple. Et rentable puisque je fais deux miches à la fois. À la gang, deux miches me permettent de faire du pain aux 3 jours. C'est meilleur aussi, trouve-t-on tous chez nous.

Ma machine, je l'utilise encore au moins pour une chose: mes petits pains ronds au beurre.

Mes petits pains ronds au beurre, mes fils les déclarent les meilleurs au monde. Ne jamais contredire mes fils, en matière de pain, ils s'y connaissent: ils sont mes cobayes depuis tout ce temps.

Alors quand je fais de la soupe, c'est devenu une tradition, je fais aussi des petits pains ronds au beurre. Tout simple. Une recette de pain de base à la machine, mais mode pâte seulement. Après deux heures, je façonne seize petites boulettes que je badigeonne allégrement de beurre fondu.
Laisse lever un peu. Puis enfourne pour une vingtaine de minutes à 350. Peu importe la que la farine soit entière ou blanche, ça donne toujours des petits pains aériens, légers comme tout, moelleux et pur beurre.
Et chauds.
Je ne leur dit pas bien sûr, mais souvent, je trouve qu'ils en ont de la chance mes enfants de manger leur soupe avec mes petits pains au beurre. Même que des fois, dans des moments de naïveté folle, je me dis qu'un jour, hommes et femme, ils mangeront leur soupe sans mes petits ronds au beurre et qu'ils auront cette douce nostalgie de leur mère aimante.
Et moi,
j'ai de la chance d'avoir une tante
qui m'a fait une broderie
spécialement pour couver mes petits pains ronds!

dimanche 6 septembre 2009

La table du fêté

La veille des anniversaires, avant d'aller au lit, c'est ma mission.

Dresser une table spéciale pour le fêté.

Ça été comme ça pour moi. Chaque matin de fête que j'ai eu dans ma vie, je me suis levée avec cette table, spécialement mise en mon honneur par quelqu'un qui m'aime. Aussitôt, savoir que la journée va être toute spéciale, juste pour moi. Même sentiment de bonheur à 10 ans qu'à 30 ans.

Plus que le gâteau, dans ma famille, la table du matin symbolise les anniversaires.

Puis, s'ajoutent d'autres rituels.

Comme celui, des semaines d'avance, de demander au fêté ce qu'il souhaite manger pour son souper d'anniversaire (pizza) et de le laisser choisir son gâteau (vanille de l'espace).



Une fête en famille, avec la nourriture que l'on aime, ça aide à grandir.

jeudi 9 juillet 2009

La confiture

Je n'ai pas la chance d'être Madeleine et d'avoir une voisine qui fait la confiture pour ma famille.

Reste que faire la confiture est un savoir-faire précieux. Un trésor ancien qui vit pourtant dans bien des ménages. Un rituel qui marque les cuisines de gestes enfouis dans le passé, mais tout aussi précieux pour qui s'en donne la peine.


Le temps des confitures...
Ces mots évoquent en nous l'enfance,
et un temps où l'on prenait justement le temps de regarder mûrir les fruits,
de les cueillir,
d'astiquer les bassines de cuivre,
d'étiqueter les pots et de les ranger dans les armoires.
- Misette Godard, Le temps des confitures



Souvenirs de pots échangés entre ma mère et ses soeurs. Pommettes, fraises, rhubarbe. Groseilles de ma grand-mère pour laquelle mon père aurait commis mille bassesses. Chaudrons immenses. Coton fromage. Pots Mason. Paraffine. Chaleur de sucre et de soleil d'été.

Chez nous, vivre au rythme de ce qu'apporte la terre est une façon de marquer les saisons. D'habiter le pays. La confiture de fraises se fait dans le temps des fraises, point. Après les fraises, on s'en passe.

Restera bien la confiture!

Déjà demain le temps des framboises puis viendra celui des bleuets. Peut-être même de la gelée de raisin. Ensuite quand les jours plus frais arriveront, les dizaines de pots bien remplis et sagement entreposés dans mon sous-sol, s'ajouteront
aux couleurs de l'automne.



vendredi 22 mai 2009

Trois outils

Maintenant, quand je cuisine la pâtisserie, je dois toujours utiliser au moins trois outils. À cause de mes trois fils qui rôdent autour tel des requins attirés par le sang. La pâtisserie, c'est bon, mais c'est encore meilleur quand on peut lécher la cuillère et/ou le bol qui servent à la préparer.


Alors j'ai appris à faire mes gâteaux avec deux bols et un fouet. Ou un bol, une spatule et une cuillère. Ou encore la mixette (2 batteurs), un bol et une cuillère. Je dois aussi planifier. Qui, la dernière fois a eu le bol? Combien de pâte dois-je laisser dans le bol de fils 1 pour que cela soit juste avec ce qui reste sur les batteurs de fils 2? Si fils 3 a eu la cuillère la dernière fois, fils 2 devra avoir le bol et fils 1 le fouet, non? Puis déjà, mentalement, j'ajoute un outil. Parce que Blanche.

Aujourd'hui, c'est une belle journée de printemps. Après l'école, deux de mes fils jouent dehors et je décide de faire des brownies. Ben quoi, c'est vendredi après tout.

(Deux trucs avec les brownies:
du beurre
et les saprer au congélo
aussitôt la cuisson terminée
le temps de les refroidir un peu.
Ça l'arrête net la cuisson
et ça garde encore plus de moelleux.)


J'ai été comme mes fils. Je me rappelle si souvent avoir vu ma mère préparer son gâteau blanc et prier pour qu'elle laisse toute cette pâte au fond du bol quand elle la versait dans les moules. Chaque fois, elle faisait cette pause qui me laissait croire que. Puis, chaque fois elle grattait encore et je hurlais. Quand je serai grande, que je me promettais, je cuisinerai des gâteaux que je ne ferai jamais cuire. Juste lécher à même le bol jusqu'à ce que mort s'en suive.

Mes fils, les voilà à me dire la même chose. "Maman, s'te plaît! Ne mets pas tout dans le moule!" Je pause et je dis, invariablement, comme ma mère avant moi, "mais si je ne mets pas tout dans le moule, qu'est-ce qu'il nous restera comme gâteau?" et je fais mine de gratter encore. Au fond je souris, parce que c'est si bon la pâtisserie non cuite.

Mais pour aujourd'hui, Éloi est heureux. C'est vendredi après l'école, il fait beau et ses frères sont dehors.

Lui il est à l'intérieur avec sa maman.

Et avec ses trois outils, elle fait des brownies.