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dimanche 11 décembre 2011

Gastronomie (végétalienne)

J'ai mis des paranthèses à mon titre parce que ce qui est important, ce n'est pas que mon repas d'hier était végétalien, c'est que c'était bon.
On s'identifie plus qu'on ne le pense à sa culture alimentaire, mais également à son confort alimentaire. S'ouvrir et plonger vers d'autres goûts demandent un certain effort. Peut-être parce qu'on aborde trop la nourriture en silos? Aborder ce que l'on mange de façon rigoriste ne m'intéresse pas. So what si je mets un bouillon de volaille dans mon seitan ou du tofu dans ma sauce bolognaise?

Ainsi, pourquoi déclamer à mes enfants "ce soir on mange végétalien"? En présentant un repas à base de plantes comme tous les autres repas qu'ils mangent, je crois que le repas à base de plante devient un repas comme tous les autres, dans la normalité de tout ce fait partie des saveurs de leur culture.

Ainsi hier, on a dégusté un rôti de seitan farci. Une recette tout-à-fait dans la tradition nord américaine. Je l'ai servi avec une sauce à la moutarde, une purée de pommes de terre à l'ail, des choux de Bruxelles grillés et des carottes à l'érable (sans oublier la gelée de canneberges). La recette vient de chez PostPunk Kitchen (et ses photos sont pas mal plus belles que les miennes). Les étapes de la confection ont été photographiées ici avec de belles photos du service aussi. Je n'ai pas fait la farce aux poireaux d'Isa, mais plutôt une farce débile mentale aux champignons et riz sauvage (avec pacanes et canneberges séchées).

Le rôti est un charme à faire et à rouler. Le truc pour des tranches vraiment juteuses est d'utiliser beaucoup de bouillon pour arroser le rôti avant la cuisson et avant le service. J'aurais pu en mettre plus, les côtés étaient un tout petit peu secs... Par contre, peut-être que j'aurais du mettre un peu moins de levure alimentaire. Je ne raffole pas du petit goût qu'elle donne, faudrait que je pense à la remplacer avec autre chose...

Autrement, c'était samedi soir et nous avons soupé comme des rois!

jeudi 20 octobre 2011

L'amitié

Une amie sait ce dont tu as besoin sans que tu n'aies à le lui dire.

Moral dans les talons. Convalescence de gastro. Maison en total bordel depuis trop de jours.
- Annie, on passe dans votre coin ce soir, êtes-vous là? J'ai vous ai préparé un petit quelque chose...
À l'heure dite, ils sont passés. Avec deux gros plats. Un souper plus un dessert. Pour toute notre gang.

Ce soir, on était plutôt rushés. Journée pleine au travail, hockey de mon fils et achats pour la maison à courir aux quatre coins de la ville.

Mais ça ne me dérangeait pas. Parce que je savais que le repas était fait.

Madeleine, merci beaucoup pour ton souper, c'était vraiment super bon.

mercredi 5 octobre 2011

Souper de brousse trois étoiles

Tu écrivais hier que lors du premier repas dans votre maison en rénos, ton chum t'avait lancé: "On dirait que ça va mieux Madeleine! On arrive à cuisiner dans cette maison!"

Cuisiner dans une maison, c'est vraiment l'habiter. Cuisiner tout court, c'est la vie qui prend possession d'un espace.

Tiens, c'est une partie de ma cuisine de brousse.
Quand j'ai vu ça hier après-midi, j'avoue que j'ai quand même un peu soupiré. C'est L. qui m'a tout organisé. Avant de quitter, il m'a dit avec un sourire un peu piteux que tout était fonctionnel. Je pense qu'il m'a pris en pitié parce qu'il a passé l'aspirateur partout dans la maison.

J'ai soupiré, puis je me suis retroussée les manches. J'avais une heure devant moi. J'ai empli mon seau d'eau et j'ai lavé tous les planchers de l'étage. La poussière qu'il y avait là ma fille! J'ai changé l'eau cinq ou six fois.

J'ai fait la vaisselle du matin, j'ai tout rangé dans mes bacs et je me suis attaquée aux lunchs des gars. Ensuite, j'ai sorti mon encyclopédie Jehane Benoît et j'ai préparé mon plan de travail sur la table de la salle à manger.

C'est une fois debout devant ma cuisinière à faire dorer des lanières de boeuf dans un peu de beurre et d'huile d'olive que j'ai su que ça marcherait. Ouais, je vais arriver à cuisiner pour ma gang! Ça se peut.

On a eu un vrai bon souper. Je sais pas si c'est l'ambiance cuisine de brousse, mais tout le monde s'est resservi. Même si y'avait des champignons. Au milieu du repas, mon chum a déclaré:
- Les boys, Blanche, vous voyez de quoi à l'air notre cuisine? Ben malgré ça, ce soir, on mange mieux que 99,5% des gens qui ont une cuisine en parfait état!
J'avoue que j'étais rose de fierté.

Ce matin, quand D. a vu ma cuisine il s'est écrié:
- Criss de belle cuisine. Une fois vernis, ça va t'être écoeurant! Youhahaha!

L. était là, tout sourire. Mine de rien je lui ai lancé:
- En tout cas L., je sais pas ce que vous avez mangé chez vous hier soir,
mais nous autres, on a eu du boeuf stroganof pis du gâteau dattes et
oranges. Je dis ça de même.

C'est la première fois que je vois L. perdre son sourire. Tout d'un coup.

Que veux-tu, c'est parfois l'effet que je fais aux hommes...

Tu crois que si je lui promettais une part de gâteau, il travaillerait un peu plus vite?

dimanche 18 septembre 2011

Des pommes, du chou et du poulet.

C'était un dimanche magnifique.

Dès le départ je l'ai su. En rentrant au travail à 5:00 ce matin, on dirait que les étoiles étaient du cristal dans la nuit. Elles mettaient bien la table pour le soleil qui allait suivre.

J'adore la lumière ce temps-ci de l'année. Comme du cuivre. J'adore ce temps de l'année.

On ne pouvait pas ne pas en profiter alors on a décidé d'aller aux pommes. J'ai fait une sieste rapide après le brunch, puis on est parti direction Oka.


Y'a quand même fallu que je pense vite au souper. Une virée à la campagne, ça se prolonge toujours. Ce qui fait qu'on rentre à la maison un peu crevée et que si on n'a pas pensé au souper, on finit par manger un peu n'importe quoi.

Le moment propice pour programmer le four et utiliser la cocotte de fonte. Celle que je n'ai pas utilisée depuis l'hiver dernier. Voici ce que j'ai composé à partir d'une très vieille recette québécoise dont l'auteur Michel Lambert m'avait parlé:


Poulet grillé au chou vert

1 gros poulet, au moins 2,2 kg
1/2 gros chou vert (ou 1 petit tsé, mais moi, il m'en restait 1/2 gros)
1 oignon
sel
poivre
paprika
huile d'olive
1 verre de vin blanc
1 verre d'eau

Trancher le chou grossièrement.
Hacher l'oignon.
Déposer dans le fond d'une cocotte en fonte.
Verser 1 verre de vin blanc et 1 verre d'eau pour bien couvrir le fond.
Saler et poivrer le poulet.
Déposer dans la cocotte, badigeonner légèrement le poulet d'huile d'olive et assaisonner de paprika.

Couvrir et faire cuire 3 heures à feu doux (300 à 325 degrés).

À la fin de la cuisson, retirer le couvercle et si désiré, faire dorer le poulet à broil pendant plus ou moins 5 minutes.

Le poulet, en cuisant tout doucement, rend son jus et vient caraméliser le choux qui devient fondant à souhait. Presque confit quoi. Un délice.

J'ai servi ce poulet grillé au chou vert avec de l'orge mondé garnie de champignons et d'échalotes sautées.

Les pommes, la cocotte, le poulet grillé et le chou, ça sent l'automne, oh yes que ça sent l'automne.

mardi 16 août 2011

Le barbecue est un sport dangereux

Il y a deux ans, notre petit barbecue au charbon de bois, passé de propriétaire à propriétaire depuis plusieurs années, est décédé. Ça nous faisait pas grand chose, à vrai dire, puisque, mon homme et moi, on n'était pas tellement barbecue.

Mais l'année dernière, tout a changé. Parce que l'année dernière, on a décidé de s'en racheter un. Comme on n'aime pas les affaires cheap, on s'est fixé un budget raisonnable: 250$ soit assez pour s'acheter quelque chose qui dure.

Arrivés chez Canadian Tire comme deux naïfs, l'idée ne nous a jamais effleurés que rendu à la mi-juillet c'était déjà la fin de la saison. Sur le plancher de CT plein de beaux fours barbecue... à moitié prix. Pour 50$ de plus que notre budget initial, on a donc pu se payer un beau gros barbecue Cuisinart en stainless avec un rond au gaz sur le côté, des belles grilles en fonte et un thermostat sur le dessus. Du genre qui cuit 22 hamburgers, tout égal, en même temps.

Notre barbecue, y torche. Tu l'allumes et 5 minutes plus tard, il a déjà atteint 500 degrés F. Il est beau. Il brille. On l'aime.

*******

"Tu vas voir!" m'avait promis ma soeur." C'est génial le barbecue. C'est ton homme qui va cuisiner!"

Sauf que pas chez nous. Mon homme, son barbecue, il le nettoie au printemps minutieusement, il l'abrille chaque soir consciencieusement, il le sort du garage en mai et le place au niveau sur des dalles, il va faire remplir les bonbonnes, s'assure après chaque usage que tout est bien fermé, et le range pour l'hiver, mais il ne cuisine pas dessus.

C'est moi le maître barbecue. Pas que j'y tienne particulièrement. C'est juste comme ça.

***********

L'autre soir, on a reçu Annie et sa gang pour souper. J'avais vraiment hâte de montrer mon beau barbecue à son homme. J'aime ça rendre les autres jaloux, parfois. Sauf qu'il l'a à peine regarder, le mauzus, trop occupé à parler politique avec le mien d'homme. Trop occupé aussi à aller se perdre en ville à la recherche d'une SAQ ouvert à 18h. Alors, encore une fois, mon beau barbecue a dû se contenter de deux femmes pour le titiller. Sérieux! Pour une fois que je pouvais faire ma fraîche!

Dans ma déception, peut-être, j'ai été inattentive et je me suis brûlée sur le couvercle. Ah pas grand chose. À peine deux centimètres sur mon délicat poignet. Mais quand même, bien comme il faut. Ça a fait une grosse cloche qui a éclaté et puis après je suis restée avec une plaie ouverte. Pas besoin d'un diplôme de médecin pour comprendre qu'il s'agissait d'une brûlure au 2e degré.

Mais ça fait pas vraiment si mal que ça une brûlure. Surtout quand on a bu 3 ou 4 verres de vin. Avant de me coucher, j'ai quand même eu la présence d'esprit de mettre du polysporin et un gros pansement.

"Tu vois, ai-je dit à mon homme, agitant mon poignet comme une pièce à conviction, si c'était toi qui cuisinait sur le barbecue, ça serait jamais arrivé!"

*************

Deux jours plus tard, la brûlure était toujours bien présente. J'avais beau changer mes pansements consciencieusement, fallait bien que je constate que ça s'améliorait pas ben, ben mon affaire: de la rougeur et de la douleur tout autour, ça faisait même mal quand je bougeais la main. "C'est un peu enflé aussi" a ajouté mon Homme alias Dr Pouf après examen de la région.

"Je vais aller à la clinique du coin voir s'ils peuvent me prendre vite-vite." ai-je lancé sans grande conviction. Je suis sortie de chez moi, fait quelques pas, suis reviré de bord pour aller chercher mon portefeuille, et en sortant la deuxième fois je suis tombée sur G., une voisine infirmière.

"Je peux te consulter G.?" ai-je lancé à ma souriante voisine qui a regardé ma blessure, s'est exclamé ouain c'est pas ben beau ça mais c'est rouge juste autour y'a pas l'air d'avoir d'infection polysporin pansement hermétique garder humide et stérile pourquoi tu irais pas montrer ça au pharmacien avant d'aller à la clinique pis comment tu t'es fait ça?

"Sur le barbecue."

"Quoi? Comment ça c'est pas ton Homme qui cuisine sur le barbecue?"

"C'est bien ce que je lui ai dit!"

"Je savais bien que ça finirait pas être de ma faute!" s'est exclamé celui qui avait tout entendu par la fenêtre ouverte.

************

Le pharmacien, Annie. Pourquoi j'y pense jamais? Dans notre système de santé un peu mal foutu, c'est le professionnel le plus facilement accessible. Lui et ma voisine infirmière.

La pharmacienne s'est penché sur le poignet que je lui ai tendu par l'ouverture qui sert pour les consultations. Elle m'a dit la même chose que G. En ajoutant que si ça ne s'améliorait pas, je devrais consulter un médecin le lendemain. Et puis elle a demandé.

"Comment vous vous êtes fait ça?"

"Sur le barbecue."

Elle a rien dit, pas un mot, restée de glace. Mais je pense que j'ai vu dans son regard passé un ben voyons comment ça c'est pas votre homme qui cuisine sur le barbecue, mais sans plus.

Une vraie professionnelle Annie.



mercredi 20 juillet 2011

Quand il y en a pour six...

Il est 16h, je suis au bureau. Mon téléphone sonne. Mon chum.
- Ouan, on a pensé à quoi pour souper ce soir?

- Euh, J'AI, pensé à du boeuf à la citronnelle, pourquoi?

- Bien... tu te souviens de Ben?

- ...

- Bien oui, Ben! Tsé là... Ben?

- ...

- Je t'ai jamais présenté Ben? En tout cas, y'est dans le coin. Faque, on se disait qu'il me rejoindrait au centre-ville pis que je le ramènerais à la maison. Pour qu'il soupe avec nous autres tsé... T'en penses quoi?
Ce que j'en pense, c'est qu'il est 16h pis qu'il me ramène quelqu'un pour souper. Un mercredi de travail! Alors que j'ai du boeuf qui attend depuis dimanche après-midi pour que je le transforme en sauté à la vietnamienne avant qu'il ne se mette à sauter de lui même vers la poubelle. Mais comme ça a l'air que je l'aime, ça l'air que je sais aussi être conciliante.
- C'est le total bordel à la maison, tsé. Pis tout ce que j'ai, c'est du vieux boeuf de dimanche. Rien d'autre.

- Ça va t-être par-re-fait!
La cuisine familiale, c'est celle que tu peux allonger, right? Alors après le boulot, j'ai enfilé mon tablier et j'ai préparé mon boeuf à la citronnelle en pensant à toutes celles dans l'histoire qui ont un jour dit: "si il y en a pour six, bien il y en a pour sept!"

Mon chum et Ben sont arrivés. Avec de la bière bien fraîche. Ben et moi, on s'est présenté, parce qu'on ne se connaissait pas finalement. Les enfants étaient timides, donc calmes. En jasant avec enthousiasme, mon chum passait subtilement le balais et décrassait la table. Il est excellent dans ce genre de subtilités ménagères. Le souper était prêt en deux temps trois mouvements.

Le petit souper de semaine, quand tu y penses, c'est l'intimité totale. La famille se retrouve, on est là tel quel, on mange ce qu'on a sous la main, avec les humeurs du jour de tout un chacun. Ajouter une chaise au petit souper de semaine, c'est le partage au sens le plus pur: c'était pour nous, mais voici, y'en a pour toi, approche ton assiette.

Manger ensemble, ça rapproche justement. On a parlé du travail, de politique, de cuisine aussi, bien sûr. Les enfants ont quitté la table un après l'autre, poliment. Ben a demandé une deuxième assiette. Mon chum s'est aussi resservi.

La soirée avançait, Ben devait partir, les enfants êtres couchés.

On s'est levé de table et on l'a débarrassé ensemble. Mon chum se préparait à raccompagner Ben à l'extérieur quand celui-ci s'est tourné vers moi.
- Merci, c'était super bon. J'adore la coriandre en plus.
Bingo. Non seulement y'en a eu pour sept, mais le client était satisfait.




vendredi 15 juillet 2011

Herbivore

"La cuisine familiale, c'est une cuisine créative", m'a dit Martine quand je l'ai rencontré chez elle.

Bien vrai. C'est ce que Madeleine démontrait avec brio l'autre jour: la cuisine familiale, c'est tout ce qui reste quand il n'y a plus rien.

Quand je suis partie de chez Martine, elle m'a rempli un sac d'herbes prises dans son potager. Je suis retournée à la maison avec ma besace, c'était l'heure de penser au souper. Ça tombait bien les herbes, je n'avais pas grand chose.

Alors pour souper ce soir là, on a mangé des herbes.


Recette d'herbes

Prendre un beau gros bouquet
de toutes sortes d'herbes fraîches
et les couper finement
avec des ciseaux dans une tasse.

Réserver.

Dans un poêlon,
faire dorer une belle fleur d'ail
(ou de l'ail)
et un peu d'oignon
dans de l'huile d'olive.

Ajouter quelques tomates cerises coupées en quatre
et la tasse d'herbes fraîches.

Faire chauffer doucement
en écrasant grossièrement les tomates.

Verser une tasse de crème
et faire mijoter tranquillement.
Ajouter deux bonnes cuillère à soupe de ricotta.

Saler et poivrer au goût.

Pendant ce temps,
faire cuire des grosses pâtes de type rigatonis
dans de l'eau bien salée.
Égoutter en réservant environ 1/2 tasse de liquide de cuisson des pâtes.

Remettre les pâtes dans la casserole avec l'eau de cuisson des pâtes.
Ajouter la sauce aux herbes et à la crème.

C'était bon, c'était trop simple, c'était tout l'été.

samedi 11 juin 2011

La tradition

Hier, c'était le souper spaghetti de l'école de mes fils.
Depuis que mon aîné est à la maternelle, chaque mois de juin ramène cette soirée bénéfice. Un grand chapiteau dans la cour de récréation et le gym peuplé de tables habillées de nappes à carreaux rouges et blancs.

Il fait toujours trop chaud. On est toujours mal assis. Le chapiteau toujours trop plein. La file toujours trop longue avant de pouvoir emplir nos assiettes. Le stress toujours trop présent d'avoir à servir 4 enfants (surtout quand le chum est en retard).

C'est étonnant quand même comme du spaghetti, ça peut être bon dans toutes les circonstances. As-tu déjà pensé à ça Madeleine?

Bon c'est vrai que, quand j'étais enfant, mon frère et moi, on s'était fait garder quelques fois chez une dame qui faisait son spaghate comme ça: elle cuisait vraiment très longtemps les pâtes, ensuite sans les égoutter tout-à-fait, elle les plaçait dans nos assiettes pour finalement les arroser de soupe aux tomates Campbell.

Je te jure.

Un de mes meilleurs souvenir de spag est lié à l'hiver. Chaque année, avec la grande famille de ma mère, on se retrouvait dans un immense chalet pendant tout un weekend. On avait toujours au menu un souper spaghetti. Chaque famille apportait sa sauce à spag congelée et on les mélangeait toutes dans un immense chaudron. Comme ils étaient onze enfants du côté de ma mère, je te dis pas le mélange des goûts et des saveurs. Super spag.

Encore aujourd'hui, chaque fois qu'on part en vacances, on se planifie un souper spaghetti. Vite fait, simple, facile à partager, aimé par tous et en plus, la sauce gelée aide à garder la glacière fraîche et le plat de sauce vide fait toujours un bon contenant pour les restes.

Il y a aurait toute une sociologie du spag à faire, tsé. On devrait écrire un livre là-dessus Madeleine.

Maintenant, le spaghetti, c'est un peu la fin des classes. Jaser avec les parents des amis des garçons, visiter l'exposition de leurs oeuvres d'art, prendre des nouvelles de leurs anciens profs, se marrer devant un match de foot pères-enfants.

Quand on voit la feuille bleue d'invitation arriver dans le sac à dos des garçons on se dit: "Quoi?!? Déjà le souper spaghetti!" En secret, on hésite toujours un peu à y aller, mais devant l'insistance des gars, comment résister?
- Le souper spaghetti maman, c'est la tradition, a décrété mon fils.
Après tout, le spag est bon pour vrai et la salade césar contient du vrai bacon. Hier, une fois sustentés dans la chaleur, le stress et le manque d'espace, on s'est retrouvé sous le chapiteau avec des parents qui pourraient être nos amis dans la vraie vie. On a partagé nos bouteilles de vin, on ne savait plus où étaient nos enfants et on a discuté solide sous le soleil couchant de juin.

Tchin guys. Une autre année qui se termine.



jeudi 10 mars 2011

Le lapin du jeudi -- Ajout

Ce soir, on mange du lapin à la moutarde. Un jeudi.

Ce n'était pas prévu. Mon lapin, je l'avais acheté pour le weekend.

« Regarde le beau lapin que j'ai rapporté! », ai-je dit à mon homme. Puis, je l'ai religieusement enduit de moutarde avant de le réserver au frigo. C'est après que ma fille m'a rappelé que je lui avais promis de faire un souper chinois pour qu'elle puisse faire valoir ses talents en matière de baguettes chinoises. « Pas grave, me suis-je dit, on le mangera dimanche soir. Il va mariner plus longtemps et ce sera meilleur. » Et c'est à ce moment que mon fils Achille m'a rappelé que j'avais promis des burgers pour souper dimanche.

Ces enfants et leurs opinions culinaires. Où s'en va le monde?

Comme mon lapin était déjà enmoutardé, il fallait bien le cuire, ce que j'ai fait dimanche, pendant ma corvée de bouffe hebdomadaire. Et c'est pourquoi on mange du lapin ce soir.

******************

Mon homme n'était pas trop chaud, à l'idée du lapin.

« C'était quoi l'histoire déjà? »

« Ah non. Tu veux pas raconté cette histoire sur ton blogue? C'est pas un peu de mauvais goût? »

Quand il était petit, mon homme vivait sur une ferme. Ses parents avaient une élevage de porcs. Ils gardaient aussi d'autres animaux pour leur consommation personnelle, des boeufs, entre autres, mais aussi des animaux domestiques: plusieurs chiens, chats et lapins. À la fin des années soixante-dix, ils ont vendu la terre ainsi que tous les bâtiments, mais ils ont gardé la maison. Comme les animaux domestiques vivaient dans les bâtiments, et comme sa mère, on la comprend, ne voulait pas garder tous ses animaux dans la maison, il a bien fallu que quelques-uns vivent dehors.

Ce fut le cas des lapins.

Le petit garçon qu'était alors mon homme leur avait préparé un petit enclos avec des couvertures et de la paille. Tous les jours, il allait les voir pour leur donner à manger et à boire. Tous les jours, jusqu'à ce qu'il se mette à y aller un jour sur deux, puis encore moins souvent. L'hiver avait été rude. Et un jour, ben oui, quand il est allé voir son enclos, tous les lapins étaient morts gelés.

« Pauvre 'ti lapin, me dit mon homme en regardant le lapin que je m'apprêtais à enduire de moutarde. On dirait presque qu'il va se lever et commencer à courir. Pauvre 'ti lapin. »

« C'est quand même moins pire que ce qui est arrivé à tes lapins. »

« Mais je les aimais mes lapins. »

« On va aimer celui-là aussi, je t'assure. Ça sera délicieux! »

****************

Mes enfants, je les appelle souvent mes petits lapins. Peut-être que ce soir, ils vont saisir ce mot d'amour autrement?

Dans le genre: Arrête de faire le zouave sinon je te trempe dans la moutarde et je te passe à la marmitte. Ou encore:- Si tu ne ramasses pas toutes tes cochonneries qui traînent dans le salon, je t'envoie vivre dehors, mon petit lapin.

Excellent. Un peu de terreur camouflée dans un mot doux.

J'aime.



Annie ajoute:

Veux-tu bien m'expliquer c'est quoi l'affaire avec les cristies de lapins?

Quand il était petit, mon chum s'était amoureusement occupé de petits lapins que sa mère avait achetés. Ce qu'elle avait omis de dire toutefois, c'est que c'était dans le but de les manger qu'elle les avait pris les lapins.

"Le jour où j'ai mangé Bouboule, c'est un peu le jour où je suis devenu un homme", avoue mon chum, chaque fois avec l'oeil humide.

Pauvre lui hein. Au fond, c'est tellement mignon un petit lapin...

Surtout avec des pruneaux et de la moutarde, tant qu'à moi.


lundi 12 juillet 2010

Les invités

Est-ce que ça vous arrive encore d'être invités?
Invités pour vrai là. Avec la smala. Pour le souper pis toute.

Je veux dire, chez des gens qui n'ont pas un cheptel d'enfants?

Parce que généralement, entre propriétaires de cheptels, on se fréquente allégrement. J'avoue par exemple que pour les couples qui n'ont pas d'enfants, ou un ou deux, la perspective de voir arriver un troupeau peut freiner quelques ardeurs de garden party.

Nous oui, ça nous arrive.

Le frère de mon chum par exemple. Il ose encore nous inviter. Chez sa blonde qui a un fils en garde partagée.

Quand on est invité pour vrai là, une partie de moi va crier "Oh! Joie" et l'autre va quand même rester assez méfiante tu vois. Ouan, cette partie là qui sait exactement de quoi son troupeau peut avoir l'air quand il s'en donne la peine...

Hier je les avais tous mis propres. Mes gars était coiffés et j'avais mis une robe soleil blanche à Blanche. L'effet était plutôt réussi de les voir tous comme ça en ordre de grandeur sur un perron de banlieue à cogner à la porte de leur oncle pendant que mon chum et moi suivions en se tennant par la main.

Ça, c'était la partie "Oh! Joie!"

Ensuite ben, ça devient un peu flou. Tsé, à partir du moment où tu les vois s'engouffrer tel des bêtes apercevant leur mangeoire?
- Blanche, ne touche pas aux bibelots!

- On ne grimpe pas sur les sofas!

- Chéri, j'entends pleurer en bas...

- Je ne suis pas certaine que David aimerait vous voir
jouer avec ses modèles réduits...


- Ne t'approche pas trop du BBQ ma belle.

- Je compte sur vous pour manger proprement.

- Aurais-tu une petite débarbouilette pour que j'étende
encore plus le dégât de crème glacée au chocolat que Blanche a fait sur sa robe
soleil?


- Qu'est-ce qu'on dit pour la bonne nourriture (à
laquelle vous avez à peine touché)?


- Vos mains pleines de gras, pouvez-vous NE PAS les
étamper sur la porte patio?


- Blanche, on ne grimpe pas dans l'échelle du toit!

- Non, on ne joue pas avec le boyau!

- ON PEUX-TU BAISSER LE TON!

- Chéri, je ne trouve plus Blanche...

- LA PORTE!

- Chéri, tu peux aller voir ce qu'ils font en
avant?


- Pouvez-vous ne pas écraser votre soeur pendant votre
match de soccer?


- On vient par ici, c'est chez le voisin ça!

Ça fait que... j'ai toujours une petite période où je suis quand même un peu gênée quand on est invité pour vrai là, avec la smala pour le souper pis toute. C'est encore pire quand mon beau-frère me dit:
- Heille, c'est l'fun de vous voir toute la gang. Ça-met-de-la-vie.

Stop the crap le beauf'! Merci pour le garden party. Au mois d'août, c'est nous qui invitons. Pis t'auras le droit de jouer avec le boyau et de manger autan de crème glacée au chocolat que tu voudras.

jeudi 17 juin 2010

Photo de famille

On est très énervés.
Ce soir, un photographe de presse vient chez nous pour photographier notre tablée.

Tout ça à cause du blogue, en plus.

Le magazine Protégez-vous prépare un dossier sur la consommation de viande. La journaliste cherchait à entrer en contact avec des familles qui réfléchissent à la question. Elle en parle à une amie, qui se trouve à être une collègue et en moins de deux, la voilà qui flâne sur ce billet-ci, et celui-là et encore ici.

Ça lui a plu je pense.

Parce qu'il y a quelques semaines, nous avons discuté au moins une heure au téléphone. Et en matière de journalistes, je m'y connais un brin. Celle-là était dans mon genre. Curieuse, à l'écoute, habitée par son sujet.

Alors j'ai tenté de lui expliquer pourquoi le blogue, comment nourrir une famille, comment est-ce que ça devient une manière de concevoir la vie. Mon baratin n'a pas semblé être trop inintéressant puisqu'à la fin de la discussion, je l'entends me dire:
- si un photographe venait chez vous, vous prendre tous autour de la table,
ça vous irait?
- ...

J'ai probablement dû dire oui parce que c'est ce soir. Qu'il vient je veux dire.

Il doit arriver vers 17h15. Ça va lui prendre une quarantaine de minutes pour s'installer et ensuite, on sera prêts à manger. Et lui à nous photographier.

Alors on est tous très énervés.

Surtout que pour l'instant, ma salle à manger ressemble plutôt à ça.

Mais ce n'est qu'un détail.

Après tout, il me reste quand même quelques heures pour partir un petit rôti de palette.

Et faire le ménage. Bon, aussi dresser la table. Peut-être laver les enfants. Ah oui! Leur donner un rapide petit cours d'étiquette. Pis me mettre belle. Et ouan. Convaincre mon chum que ça été une bonne idée. Puis accueillir le photographe avec sourire et légèreté...
pour enfin avoir l'air de ça:

vendredi 30 avril 2010

Ailes de pingouins à la sauce Halak

Chez nous, il y a des amateurs de hockey : il y a le grand, le moyen, la petite, le petit et le bébé.

Et dans le temps des séries, il y a aussi la mama.

Ah! la mama, elle se contente d’apprécier ça de loin! Elle regarde avec curiosité son homme, normalement plutôt placide, se transformer en partisan. Elle rigole quand elle entend ses voisins hurler après un but. Elle s’amuse d’écouter ses enfants parler de Camallieri, et Plekanec, et Halak, pis euh… les autres là? Kosti… Les deux frères russes?

Anyway.

Chez nous, la vie est hockey. Printemps, été, automne, hiver. Mais pendant les séries, c’est encore plus fort. Les superstitions se multiplient : les enfants dorment avec leurs chandails, ma fille dessine des signes du CH, mon homme porte sa casquette, il y a même deux fanions qui décorent le salon. Si le Canadien se rend en finale, mon homme dit qu’il va en mettre un sur sa voiture.

Et moi, ben, je leur prépare des ailes de poulet, comme à la Cage aux sports. La dernière fois que j'en ai fait, l'équipe a compté cinq buts. Cette fois-ci, pour aider nos Glorieux, j'ai fait des Ailes de Pingouins à la sauce Halak. " Mangez vos ailes de Pingouin, les enfants. Faut aider nos Canadiens." S’il était improbable que les Canadiens vainquent les Capitals, ça va bien prendre plus qu’un miracle du gardien de but pour qu’il survive à Crosby et sa gang (ouuuuuu… Crosby à la sauce barbecue…)

J’ai pris ma recette ici (sauf pour le "quelques heures au réfrigérateur").

Et ça a donné ceci.



Go Habs go!

À la grâce de Dieu!

Ou comme dit mon amie J. dans son statut Facebook: IncHALAK

samedi 24 avril 2010

Le festin


Je n'avais rien au menu pour ce soir.
Je pensais faire un poulet grillé, mais je ne l'avais pas encore acheté.

Puis, ce message:
Salut Annie,
J'ai 6 belles boulettes de morue mise de côté pour toi et ta tribu. Seras-tu au bureau aujourd'hui?
Martin
Martin, c'est l'amoureux de Lady R. On se connaît depuis, oh longtemps. À cause du travail qui nous a souvent mené aux mêmes endroits. Et à cause de Lady R. aussi, bien sûr.

Et bien sûr, c'est mon ami FB.

Je pense qu'en plus d'aimer Lady R., Martin aime aussi follement la Gaspésie. En tout cas, chaque fois que je l'entends en parler, je le sens vivre. Et je salive. Tiens, prenez cette semaine. Il y était et sur FB, ses statuts gaspésiens m'ont donné de l'urticaire!

Martin: Petites courses du samedi après-midi à Gaspé: Au Marché des saveurs: gaufres, quelques fromages et une pizza au saumon fumé. À la poissonnerie: sac de bourgots dans l'eau salée, poignée de crevettes fraîches et boulettes de morue. Boulangerie: croissants, fougasse au feta et pavot, le tout encore chaud!

Martin: S'en va manger du crâbe!

Martin: Déjeuner: Boules de morues!

Martin: Au menu ce soir: du crâbe frais, très frais, fraîchement rapporté de Gaspé!

Alors tsé, je lui ai dit que:
Annie: Heille Martin! Je suis à veuille de te masquer avec tes maudits statuts qui donnent faim!
Je pense que son message de boulettes de morue, il me l'a envoyé parce qu'il ne supportait pas que je le masque. Fin finaud. Il est bel et bien venu au travail me porter un sac avec 6 boulettes de morue importées directo de Gaspésie.

Alors cet avant-midi, je suis partie du travail une baguette sous un bras et un sac de boulettes dans une main. Vers 17h00, mon chum est allé acheter des olives, du feta et du blanc bien frais.

Le souper était prêt en un rien de temps.



Faire la salade, griller les boulettes dans un peu d'huile, déboucher le vin. Puis réunir mes cocos autour de ma table. Il faisait encore soleil et c'était un festin. On a parlé de la mer, de ce bout de pays qu'on appelle la Gaspésie et du bonheur d'avoir des copains qui nous font offrande de nourriture par une belle journée de printemps.

Le poulet grillé finalement, ce sera pour une autre fois.

vendredi 2 avril 2010

#ff @BobTheExVegan

À cause du travail,
je suis sur le Twitter (@NieDesrochers), comme le disent mes collègues du @sportnographe.

Par un fil ténu qui entrelace différents réseaux pour n'en faire qu'un seul, je suis tombée sur @BobTheExVegan, que je me suis empressée de suivre.

C'est exactement ce que Bob est: un ex-végétalien. C'est exactement ce qui le rend si charmant.
RT @BobTheExVegan : The best thing about being a long-term #vegan is giving veganism up and rediscovering the joy of meat, cheese, and eggs

RT @BobTheExVegan : Just picked up a lamb roast at the butcher. Will cook it for supper :)
En réalité, peut-être que Bob n'existe pas et qu'il est payé par l'Internationale des producteurs de viande... #theorieducomplot

N'empêche qu'il est pour le moins jouissif de lire le plaisir de la viande chez quelqu'un qui s'en est si longtemps privé.
#petitcotevoyeur
RT @BobTheExVegan : My turn to cook supper. Going to roast a chicken with nice crispy skin.
Et il n'est pas seul! Beaucoup de défroqués prennent la parole. Il existe sur internet toute une communauté d'ex-végétaliens, s'abreuvant aux paroles de Lierre Keith, auteure du livre The Vegetarian Myth et entartée tout récemment par 3 militants végétaliens alors qu'elle donnait une conférence.
#lemondeestdontbenbitch

Quoiqu'il en soit, c'est le weekend de Pâques et une petite recette de gigot d'agneau de sept heures en l'honneur de @BobTheExVegan pourra peut-être en inspirer d'autres. Il en existe des milliers de variations, mais en voici une toute simple.
#surtoutnemeremerciezpas

Agneau de sept heures
1 gigot ou épaule avec os (tellement plus meilleur quand il y a l'os)
un peu d'huile d'olive
2 gros oignons
quelques gousses d'ail en chemise
fleur de sel
1 branche de romarin
1 branche de thym
un verre de vin blanc ou un fond de bouillon de poulet

Couper les oignons.

Frotter le gigot avec la fleur de sel.

Dans une cocotte en fonte,
faire chauffer l'huile d'olive à feu vif
et saisir l'agneau sur toutes les faces.

Ajouter l'oignon
et laisser suer 5 minutes.

Mouiller avec le vin blanc et ajouter l'ail (avec la pelure) et les fines herbes.

Enfourner à chaud à 250.
Cuire pendant sept heures en arrosant de temps à autre.
Profiter de l'arôme qui décore la maison.

Laisser reposer la viande une demi heure avant de servir.

Trouver que Dieu est Grand
et que Maman j'ai faim! est franchement un chouette blogue.

#recettesisimplemaisvachementdelirante

mardi 30 mars 2010

Le piment thaïlandais là

cristie, c'est BEN fort!
J'ai essayé la super recette de tofu kung pao de Daiva en réduisant à deux petits mini rikikis la quantité de piments thaï. Je me disais que, tsé...

... mais "Ça pique!"
Oups.

lundi 29 mars 2010

Grosse sauce à spag

Aujourd'hui j'ai congé.
Et je cuisine pendant qu'il pleut. De la fenêtre, je vois les feuilles de mes lilas qui se déplient, tellement vertes! J'ai fait mille et un trucs et une sauce à spag, mais une grosse. Avec des tas d'ingrédients.
Depuis que nous sommes six, je cuisine rarement en gros. Sauf la sauce à spag, parce que ce n'est pas pareil.
On faisait ça chez moi, une grosse batch de sauce à spag. Mes parents la congelait en petites portions dans des plats de margarine ou de yogourt. Souvent le spag, c'était le vendredi me semble. Et me semble aussi qu'ils faisaient la sauce le dimanche après-midi. Je me demande d'où vient cette sauce. Mon père, ou ma mère, ne suivaient pas de recette. Pourtant c'était toujours le même goût. Sauf ce moment où ils ont décidé d'ajouter des lentilles. Mon frère et moi, on hurlait et je pense que les lentilles ont disparues.

Pendant longtemps, je me suis fait un plaisir de dire que je n'aimais pas la sauce de mes parents. À une époque, je me souviens que les jours de spag, ils me donnaient des nouilles au beurre. Par contre, j'aimais la sauce qui mijotait. En cachette, je léchais la cuillère de bois, croquais un bout de carotte, suçais longuement un champignon.

La sauce dont je raffolais le plus, c'était quand même celle de grand-mère Lise, que mon père n'aimait pas - ou peut-être se faisait-il un plaisir de dire qu'il ne l'aimait pas? Elle mettait des tas de viande. Et du clou de girofle. Et de la cannelle! Quand j'ai su ça, j'ai essayé de glisser le girofle en douce dans la sauce de mes parents. Mon père a hurlé et je n'ai plus recommencé.

Sauf qu'aujourd'hui, dans ma sauce, il y a de la cannelle et du clou de girofle. De la viande et de la protéine de soya aussi. Mon frère me renierait mais j'ai même déjà essayé de passer des lentilles. Les hommes de la maison ont hurlé et j'ai laissé faire finalement. C'est vrai, ce n'est même pas bon. Par contre, je mets des champis. Une partie hachée de façon microscopique pour berner mes boys et une autre de plus gros morceaux pour nous.
Chez nous, on mange le spag avec une salade verte et du pain à l'ail. Pour mon chum et moi, j'adore ajouter des champignons grillés dans du jus de citron et faire gratiner au mozzarella. Vin italien quand la vie nous sourit.

Vive la pluie d'aujourd'hui qui me rappelle le long chemin de ma sauce à spag. Bien hâte demain de voir les recettes de mes enfants.

samedi 27 mars 2010

16h00

si je n'avais pas d'enfants,
ce soir je ne souperais pas et grignoterais ici et là toute la soirée.
Ou alors je me ferais un TV dinner devant le hockey,
ou bien un gruau très, très tard dans le bain avec un bon livre.

16h01
et
j'ai zéro inspiration,
zéro le goût de cuisiner,
zéro envie d'aller faire des courses,
zéro restes,
zéro provisions.

Je glande. Je paresse. Je fais comme si.

Mais j'ai des enfants.
Un chum.
Ils ont faim.
Ils essaient de m'aider alors que je bougonne.
Qu'est-ce que tu as le goût pour souper?
tortillas? spaghetti? mets chinois? poulet grillé? soupe tonkinoise? pizza libanaise? soupe à l'oignon gratinée? sushi? burger? gaspacho?
Non. non. non. non. non. non. non. non. non. non.
N o n .

16h08.

Mon chum vient de partir au marché avec trois de nos enfants.
Il va s'occuper de tout.
Je lui ai dit
Peu importe ce que tu achètes, je te préviens, ça se peut que je chiâle.
16h11
Je m'en vais dans le bain avec Albi.
Je fais comme si.
Ce soir il n'y avait jamais de souper.
16h14

mardi 26 janvier 2010

Trois fois par semaine

Je mange sans eux.
Photo de mon bureau pendant le souper, prise avec mon cell.

Mon travail comporte toutes sortes d'avantages. Mais pour que je profite de ceux-ci, il implique que trois fois par semaine, ils soupent sans moi.

Ainsi, ces trois jours, vers 10h30, je planifie leur souper. Souvent, je le cuisine aussi. En pensant à eux. Surtout en pensant que je ne serai pas avec eux. En préparant leur souper, je prépare aussi mon lunch. Parfois avec le même souper, parfois avec le souper de la veille.

Ces trois soirs là, mon chum est à la maison. Il les accueille de l'école, il va les chercher à la garderie. Il regarde les agendas, vide les sacs d'école, câline et gronde. Il met la table avec eux, réchauffe la nourriture et sert le souper. Puis, ils mangent ensemble. En famille, mais sans moi.

Parfois par contre, ils m'appellent.
- Blanche a mangé 4 bols de soupe aux haricots!

- À combien je fais réchauffer le pâté?

- C'est très bon ton dîner maman!
Et je suis devant mon ordi. Et j'engloutis mon repas entre deux entrevues. Et j'aime avoir de leurs nouvelles. Sentir toute cette vie de toutes mes vies au bout du fil, dans le calme qui englobe l'étage déserté où je travaille.

Parfois j'y pense que trois fois par semaine, je soupe sans eux. Parfois non aussi.

Ils disent que c'est important les soupers en famille.
The statistics are clear: Kids who dine with the folks are healthier, happier and better students, which is why a dying tradition is coming back.
Il paraît que ça disparaît aussi.

Repas familial : un rituel qui se perd

  • Environ 40 % des enfants de 6 à 14 ans regardent régulièrement la télé pendant le repas du soir.
  • Près de 8 % des enfants de 9 ans disent manger seuls six ou sept fois par semaine.
  • Pour 31 % des enfants, le repas familial n'est pas considéré agréable : 16 % le perçoivent comme une occasion de dispute.
Chez nous en tout cas, trois fois par semaine, je soupe sans eux.

Sérieux. Ça me fait d'autan plus apprécier les quatre autres fois.

vendredi 15 janvier 2010

Manman mwen grangou

Mes enfants sont tombés là-dessus.

Alors j'ai fouillé internet pour préparer ceci.
Qu'on va manger avec du riz national.

Et on va proposer aux garçons d'ouvrir chacun leur tirelire
et nous notre carnet de chèques.
Pour faire un don ici.

Le poulet haïtien qui sera à ma table
et les quelques pièces offertes
ne viendront rien changer
r i e n
à ce qu'ils vivent là-bas, maintenant.

Ni donner de l'eau à une mère.
Ni nourrir ses enfants.
Ni permettre à son mari de trouver un toit pour leur famille.
Ce soir.

Mais pour souper,
on mange haïtien.

Parce qu'il arrive que la cuisine familiale
soit une façon d'inviter l'humanité entière
à la table des enfants.

mardi 12 janvier 2010

L'autre soir

Les enfants ont mangé ça:

Pendant que nous les parents
on mangeait ceci: