Je suis allée à Paris,
Albert a demandé du homard pour son souper de sixième anniversaire,
J'ai mis les pieds au Burkina Faso,
J'ai fait un petit détour par Washington,
On a eu un petit chaton,
Ouan. C'est ça qui est ça.
Cuisiner avec Canadien! 
- Mange ton tofu mon homme si tu veux être dans Canadien!
- Je me demande, nous dit Ulysse alors que je les reconduisais à l'école, si je vais donner de la nourriture pour bébé ou un sac de couscous...- C't'année en tout cas, moi je donne du ketchup, lance avec assurance Éloi.- Éloi! Franchement du ketchup... C'est pas vraiment un produit intéressant, que je lui dis, découragée. Tsé pour la guignolée, pense à quelque chose de plus... comment je pourrais te dire... un petit luxe là, quelque chose que toi tu aimerais recevoir.- Bin, justement, c'est du luxe! Tu nous dis toujours de pas en mettre trop de ketchup!- ...- Moi, dis alors Albert silencieux jusque là, pour la guignolée, je veux donner un chaton.- Albert COME ON, un chaton, c'est PÉRISSABLE! le rabroue Éloi sans appel.
- Maman!!! C'est parce qu'Albert a mangé sa guignolée!
- ALBERT! Mais qu'est-ce que t'as fait là... C'était pour les familles qui en avaient besoin!


- Pas de lui aussi madame, vous ne devez pas vous débarrasser de lui aussi...Hep Mme Germain, de lui aussi. C'est que, comme le cèdre du devant et les lilas du côté, le rosier et tous ces arbustes que je vois chaque jour depuis maintenant dix ans sont dans le chemin.
Des images de cette maison-ci partent depuis une semaine, petits bouts par petits bouts, arrachés à bout de bras par la vigueur de mon marteau ou de ma scie. 
- Le rosier, me dit sournoisement ma voisine, il était là du temps de Mme Packon vous savez...

- Ouan, on a pensé à quoi pour souper ce soir?- Euh, J'AI, pensé à du boeuf à la citronnelle, pourquoi?- Bien... tu te souviens de Ben?- ...- Bien oui, Ben! Tsé là... Ben?- ...- Je t'ai jamais présenté Ben? En tout cas, y'est dans le coin. Faque, on se disait qu'il me rejoindrait au centre-ville pis que je le ramènerais à la maison. Pour qu'il soupe avec nous autres tsé... T'en penses quoi?
- C'est le total bordel à la maison, tsé. Pis tout ce que j'ai, c'est du vieux boeuf de dimanche. Rien d'autre.- Ça va t-être par-re-fait!
- Merci, c'était super bon. J'adore la coriandre en plus.
- Le souper spaghetti maman, c'est la tradition, a décrété mon fils.




Entre les deux grandes guerres, les architectes de nos maisons imposent l'image de la cuisine laboratoire: les mets préparés d'une manière scientifique.
C'est comme ça qu'ils dissèquent les moindres geste de la ménagère pour dessiner des cuisines performantes.
Voici comment, dans les années 1930, l'architecte Jean Delhaye décompose le processus du lavage de la vaisselle:
Six étapes faciles. Une de plus que ma tourtière tiens.













C'est une histoire qui me fascine.
Par exemple, le 1er septembre, ils ont reçu du riz, des boulettes de viande, des fruits, du fromage et du pain. Les médecins de la NASA, qui participent au suivi des 33, affirment qu'ils devront se passer deux deux choses pendant toute la durée de leur épreuve: les cigarettes et l'alcool.

Tu es de retour, Annie?
Moi aussi, depuis dimanche. Et puis là, j’ai un peu les bleus. Difficile de retourner m’asseoir sur ma chaise de bureau après avoir connu la liberté des matins lents, des siestes paresseuses en milieu d’après-midi et du bonheur de vivre en plein air.
Tu étais chez nos voisins du Sud, dans un chalet sur le bord de la mer. Nous, on était en camping, dans le Parc de la Mauricie. Tes photos sont magnifiques. Moi, j'en ai très peu à montrer parce que notre appareil nous a lâchés. Je n’ai que celle-ci, tiens, qui donne une bonne idée de notre installation.
Ou encore celle-là qui montre une bavette improvisée et hautement efficace pour Popol.
Ou encore celle-là de mon Popol encore qui, quand il n'était pas imperméabilisé de la tête au pied, vaquait à ses occupations, nu et heureux.
Je voulais te présenter un petit film comme l’année dernière, mais voilà…
Mes vacances, comme les décrire… elles ont été à la fois charmantes, mouvementées, appétissantes, stressantes, amusantes, plates, reposantes, fatigantes, trop courtes et trop longues. Tu me reconnais, là, n’est-ce pas? Toujours pleine de contradictions?
Mais c’est comme ça, les vacances, non? On a besoin de repos, on rêve du paradis, et puis, inévitablement, les petits tracas du quotidien nous poursuivent. Comme notre voiture qui est tombée en panne. Ou les routes du Québec qui sont à peu près toutes en réparation. Et puis tout le reste aussi : des enfants à disputer, à laver (de temps en temps quand même, camping ou pas), à distraire, à nourrir.
Mais ça fait du bien de sortir du quotidien. Et puis maintenant, et bien, je retrouve malgré moi le plaisir de la routine.
Pour les nourrir, je te jure Annie, j’ai trouvé la solution miracle et puis j’ai réglé en une semaine notre problème de semi-végétarisme. Avant de partir en camping, j’ai demandé à tout un chacun de sélectionner un plat. Que de la viande, ils ont choisi. Du poulet par ci, des hamburgers par là. Si bien que, à notre retour, alors que j’offrais encore à mon homme de faire le carnivore, il m’a dit : « Tu sais, euh, la viande, je prendrais une petite pause. » Oui, oui, cet homme-là.
Alors régime de tofu jusqu’à la rentrée.
Et elle arrive cette rentrée, tu la sens? Les nuits fraîches, les beaux légumes au marché, tout cela annonce l’automne, le retour en classe, au boulot. Le retour des lunchs aussi.
Une autre année scolaire va bientôt commencer.
Ça passe vite, non?