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dimanche 2 octobre 2011

Présentations

Les gars du chantier, je ne les ai pas encore présenté. Depuis le 15 août, ils sont tellement là à s'incruster dans notre intimité, qu'on fini par... Comment dire... Bin de les voir jours après jour dans nos affaires, je vais te dire, ça créer une ambiance particulière dans la chaumière.


Voici B., l'entrepreneur. Décisions, factures, problèmes: tout passe par lui. C'est le premier qu'on a rencontré, en janvier dernier. Son calme et sa précision nous avaient plu. Dans un gros projet comme ça, on a besoin de quelqu'un qui sait garder son sang froid.

C'est un homme poli, sérieux, assez grand, à l'humour disons... discret. C'est le boss, mais il n'hésite pas à mettre les mains dans la bouette si nécessaire, ce qui lui vaut le respect de son équipe. Quand il parle, ça compte, alors t'as intérêt à lui apporter les bonnes réponses. Le problème, c'est que le 3/4 du temps, je n'ai aucune espèce de réponse à lui donner.
- Quand l'architecte est venu, quelles mesures il vous avait donné pour la hauteur entre la corniche et la solive de l'existant?

- Duh, blah, plllffft, flehhh...
C'est simple, chaque fois que B. me parle, j'ai l'air idiote. Et tu connais mes formidables capacités intellectuelles Madeleine, passer pour une cruche, j'ai jamais vraiment joué dans ce film là. Alors s'applique cette variante de la loi de Murphy: plus tu souhaites ne pas avoir l'air de quelque chose, plus tu en as l'air. Ce qui a fait dire à mon idiot de fils aîné:
- Cou'donc maman, es-tu amoureuse de B?

- ...

- Quand tu lui parles, t'as l'air gênée,
a ajouté son 2 watts de frère. T'es-amoureuse-de-B-euh!

- NON C'EST PAPA L'AMOUREUX DE MAMAN,
a hurlé Albert.

- Ouan. C'est votre père mon amoureux. Bon.

En tout cas. Lui là-bas, c'est D., le contremaître. C'est le premier sur le chantier, à 6h. Encore la tête dans l'oreiller, je l'entends stationner son immense pick-up beige en face de chez nous et sortir toutes ses affaires d'outils. Il prépare le terrain pour ses hommes.

Sur le chantier, quand il ne siffle pas, D. chante du Claude Dubois («fadel-twit-tedil-do-twit...») ou du Gerry Boulet («je suis celui qui frappe dedans la vie...»). Il est l'archétype du gars de construction: cigarette au bec, tatouages, cheveux en brosse, basané. Il appelle mon chum par son prénom, mais à moi, il sert du "Madame" gros comme ses biceps. Bon vivant, il a toujours le temps pour une jasette et possède un humour pour le moins douteux.
- Pu de toilettes? Câlisse y'a rien là tabarnak! Quand on construit des maisons neuves, on pisse din' boîtes à gyproc! Wouhahahaaa!
Je jurerais que B. a un peu de mal avec l'exubérance salace de D., mais moi je rigole et en plus, ça me fait plaisir de voir B. mal à l'aise.


Celui avec la salopette de travail, c'est G. L'ouvrier d'expérience. Tête grise, il est grand, mince et timide. Dans une autre vie, je l'imagine bibliothécaire. Dans un monastère au Moyen Age, genre. C'est un artiste, en tout cas il nous le dit souvent.
- Je vais vous arranger ça, vous allez voir ça va être beau. Je suis un artiste!
Toujours discret, on dirait qu'il marche continuellement sur la pointe des pieds. G. est vraiment trop gentil.
- Oh, dérangez-vous pas madame, dit-il de sa voix douce en entrant dans la maison avec sa chaisaw, je viens juste enlever la fenêtre de votre cuisine...

Puis finalement ici, c'est L., l'ouvrier le plus jeune. Lui et G. sont les premiers qui sont arrivés sur le chantier, en août. Cette journée là, L. nous avait dit en souriant:
- Vous pis moi, on va se voir pas mal souvent!
Avec sa casquette toujours vissée sur la tête, mes gars l'ont adopté. Il est très doux et a toujours du temps pour eux.
- Je parlais avec L, dit fièrement Albert, on discutait de la maternelle.
Notre maison est le plus gros projet de rénovation sur lequel L. a travaillé. Souvent, il nous accroche pour qu'on vienne voir à quel point ça avance:
- Ça va être ben beau han!
Lui-même n'est pas déplaisant à regarder. Il a toujours le sourire. Même avec la scie ronde, concentré à faire des angles impossibles. De toute l'équipe, c'est le seul qui nous appelle tous les deux par notre prénom. Ce qui plaît à mon social butterfly de chum:
- Tu trouves pas que L. est vraiment sympathique? me dit-il alors qu'on était tranquilles dans le lit. C'est un bel homme aussi, non?

- COU'DONC, es-tu amoureux de L.?!?

-
(voix de l'autre côté du mur) NON, C'EST TOI L'AMOUREUSE DE PAPA!

Tsé quand on dit que les rénos sont difficiles sur la vie d'un couple... Bin c'est ça.

mardi 9 août 2011

Nostalgie

"Z'avez en masse de gaz pour tout le voyage!" nous avait dit le propriétaire de la tente-roulotte qu'on a louée pour notre voyage en Gaspésie.

3 jours après le début du périple, on a pu constater qu'il avait tort.

Qu'est-ce qu'on fait quand on a plus de gaz et qu'on se trouve à 50 km de toute civilisation? On cuit sur le feu, pardi.


"Comme c'est chouette!" ai-je dit à mon homme le premier soir. "Et puis, ça goûte bon, non? On devrait toujours, toujours, toujours cuire sur le feu dorénavant, en camping."

Cuire sur le feu, c'est bon pour l'esprit de famille. Ça prend un papa avec de bonnes compétences de scout (ou de ti-boy de la campagne) pour allumer.

Quelques enfants pour oxygéner afin que la flamme survive.

Et une maman pour apprêter le tout.

Cuisiner sur le feu, tu vois, Annie, c'est un peu comme l'amour. Il faut y mettre du temps, de l'énergie, de la patience, de l'effort.

La cuisine des maisons de ville, avec son banal fourneau à gaz ou à l'électricité, sera toujours pauvre de la gaieté que rayonnait l'âtre antique. Les inventions modernes, si perfectionnées soient-elles, ne remplaceront jamais le bon feu de cheminée ... Leur chaleur pressée, contrôlée, ne saurait provoquer les longues causeries au clair de la flamme.
On peut lire cette extrait dans un livre d'économie familiale publié à la fin des années trente par la Congrégation Notre-Dame.

Les Québécoises ont cuit dans l'âtre, directement sur le feu, jusqu'au milieu du 19e siècle. C'est à ce moment qu'on a vu apparaître les premières cuisinières commercialisées. Le fameux poêle à bois en fonte qu'on voit souvent dans les chalets ou les vieilles maisons québécoises. Un peu comme celui-ci que nous avons vu dans un ancien magasin général.

Le poêle à bois servait à la fois à la cuisson des aliments et au chauffage de la maison. Aussi étrange que cela puisse nous paraître, il a d'abord été accueilli froidement puisqu'on craignait qu'il soit responsable de nombreux maux.

Comme quoi, on a toujours craint la technologie, Annie.

C'est vers 1920, qu'on a vu apparaître les premiers poêle au gaz et à l'électricité. Les familles qui pouvaient se le procurer, ou qui disposaient de l'électricité nécessaire à son fonctionnement, ont dû être bien heureuses de pouvoir utiliser cette merveille de la technologie qu'on pouvait allumer et éteindre à souhait, et qui ne chauffait plus toute la maison.

Bon d'accord, on faisait sans doute moins de veillées au bord du feu, je veux bien. Mais crois-tu ça, Annie, que les femmes qui ont profiter des premiers poêles au gaz ou à l'électricité ont pu regretter l'âtre ou le poêle à bois? J'ai lu ça dans un article:

(...) les femmes qui en bénéficient se retrouvent de plus en plus isolées devant un fourneau qui n'appelle plus la sociabilité engendrée par un appareil autrefois destiné non seulement à la cuisson des aliments, mais aussi au chauffage de la maison.
(L'impact des innovations technologiques sur la vie quotidienne des Québécoises du début du XXe siècle (1910-1940), Suzanne Marchand, Bulletin d'histoire de la culture matérielle.)
À ça, moi je dis, no fucking way.

Ah, c'est très chouette cuire sur le feu un bon soir de camping. Très chouette, oui.

Sauf que.

As-tu déjà essayé, Annie, de bouillir de l'eau sur un ostie de feu? As-tu déjà demandé à ton homme, en manque de caféine, de partir un bon feu à 7h13 du matin? Deux heures que ça prend faire bouillir assez d'eau pour remplir ma minuscule tasse de thé et son énorme bodum. Deux heures. Et pis, l'eau, elle goûte pareil, sur le feu de bois ou sur le feu à gaz.

C'est juste au moment où il allait abdiquer et s'enfiler deux bons Coke tout froids qu'il a déclaré en trempant son index dans la casserole : "Bon, elle est assez chaude pour le café, cette eau-là."

Le même après-midi, c'est avec plaisir qu'on est allé remplir la bonbonne de gaz au Rona du village. Et on s'est juré que jamais, plus jamais, on ne voyagerait sans une deuxième bonbonne de propane.

Comme quoi, la nostalgie, c'est bien bon pour les soirs tranquilles de camping en famille, mais un peu moins le lendemain matin.

mardi 5 juillet 2011

L'abominable déclin du repas familial

Seulement 28% des Américains soupent en famille sept jours sur sept. En Grande-Bretagne, ils sont 38% à le faire. Selon la même enquête (Gallup 2004), 40% des Canadiens affirment souper ensemble de 4 à 6 fois par semaine.

C'est le déclin du repas familial Madeleine. Et c'est grave.
Des études faites dans les universités Columbia et Harvard montrent que la désintégration du souper en famille est un facteur qui contribue au stress familial, à l'obésité infantile et à la consommation de drogue et d'alcool par les adolescents.

C'est grave, oui. Parce que c'est un mythe.

Un mythe que le souper familial soit en déclin. Un mythe aussi que ça soit grave qu'il le soit.

On nous présente une image du repas familial qui est en réalité très romantique et ancrée culturellement dans un système de valeurs bien défini.

À lire certains magazines ou articles de journaux, le repas familial serait un rituel structuré qui n’aurait que des avantages pour la famille et, par extension, pour la société dans son ensemble.

Le fait que les familles mangent ensemble serait un indice de l’harmonie et de l’équilibre familial, où chacun peut s’épanouir. Un portrait idyllique menacé par la modernité et les maux qui l’accompagnent.

Quelles sont les causes identifiées de cette désintégration du repas familial?

L’entrée des femmes sur le marché du travail, diantre! Parfois, c'est quand même dit de façon plus polie: "le fait que les deux conjoints travaillent". Ensuite, ce serait la course folle qu’impose le travail, les activités sociales ou parascolaires des enfants et la distance entre le lieu de travail et la maison.

Autrement dit, le modèle social qui permet au repas familial tel qu'on l'entend de prévaloir, est celui d'une société où les femmes sont à la maison avec leurs enfants.

L'affaire, c'est que l'être humain n'a pas de tout temps mangé en famille. Au contraire même.

La structure du repas familial est née dans l’aristocratie et la bourgeoisie françaises du 18ième siècle. Ensuite, le fait de se conformer au modèle du repas bourgeois symbolisait à la fois la cohésion d’une famille et sa réussite sociale.

Évidemment, au début du 20e siècle, une minorité de gens parvenaient à mettre en pratique ce modèle. Dans les familles ouvrières ou paysannes par exemple, il arrivait souvent que tous ne mangent ni à la même heure, ni les mêmes plats. C'est seulement après la deuxième guerre mondiale, alors que les conditions de vie des familles s'améliorent que le repas idéalisé devint une réalité pour la classe moyenne en croissance.

On n'a jamais autant mangé en famille qu'au début des années 1950.

Tout ça pour dire que le repas familial traditionnel, celui que plusieurs vante, ben il renvoie à une norme arbitraire.

Si l'on tient compte de l'histoire, de la classe sociale à laquelle appartiennent les mangeurs, de leur sexe et leur âge et des multiples modèles de familles qu'a connu l'humanité, le repas familial traditionnel n'est qu'une idée, une représentation quoi.

Cette idée peut être valorisée bien sûr. Elle peut aussi être manipulée et instrumentalisée même. Faut juste être conscient qu'elle ne reste qu'une idée.

Une idée que l'on doit parfois relativiser.

mardi 15 février 2011

Mangeurs de viande

"Encore de la viande maman!" Tes enfants te la lancent celle-là Madeleine?

Parfois, c'est dit avec tellement d'avidité qu'on croirait entendre des petits Australopithèques. C'est que nos premiers ancêtres mangeaient de la viande. En fait, selon la préhistorienne Marylène Patou-Mathis, ils étaient des "omnivores opportunistes".

J'adore.

Ces premiers Hominidés consommaient surtout des plantes et des invertébrés, mais ils étaient assez organisés pour réussir à voler à des carnivores des morceaux de proies encore riches en viande.

"Encore de la viande maman!" Mes enfants ont tout à fait le profil du carnivore opportuniste. Ils mangent de tout ouais et le plus souvent sans rechigner, mais quand je fais de la viande, la canine prend tout son sens.

Je parle des Australopithèques, mais je pourrais tout aussi bien parler des Sapiens - les sages. Oui parce que certains chercheurs croient que l'acquisition de capacités cognitives typiquement humaines, il y a 2 millions d'années, résultent d'un changement dans le mode d'alimentation, notamment d'une consommation accrue de viande.

D'autres travaux ont montré que la consommation de viande est à l'origine de la socialisation de l'homme. Dans le sens où la chasse et ses rituels très hierarchisés, qui n'étaient pas aussi forts dans la cueillette, ont favorisé l'émergence de l'homme sociétal.

L'hiver, je suis très femme sociétale en tout cas. Et mes enfants sont très full cognitifs aussi. "Encore de la viande" Alors que veux-tu, je participe au Grand Massacre des Animaux d'Élevage. Avec tout mon amour, je la mijote, je la braise, je laisse longtemps au four et en plus du coeur, ça réchauffe toute la maison.

Rrrrrrr, de la viande ce que c'est bon.

Ça ne m'empêche pas d'acheter du tofu chaque semaine et de cuisiner des gâteaux sans oeufs. Bien sûr que non. Pourquoi ça le ferait? Après tout chez nous, on est 100% végétariens. Quand on ne mange pas de viande.

lundi 8 novembre 2010

L'appétit

J'ai été malade.
Grippe. Complication. Pneumonie.
Je vais mieux, mais tranquillement. Quand même, les antibiotiques, ça peut être pas mal.

Jouissant d'une bonne santé, ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi malade. Je veux dire, malade au point de ne pas avoir faim pendant plusieurs heures. Au point de perdre l'appétit pendant plusieurs jours.

Et perdre l'appétit, c'est comme mourir un peu, non?

L'appétit et la faim, ce n'est pas la même chose. La faim, c'est la sensation physiologique qui traduit le besoin de manger tandis que l'appétit, c'est le désir de nourriture.

L'exercice donne faim, le rôti qui braise ouvre l'appétit.

Plus simple encore, pour paraphraser Astérix:
Manger pour vivre, c'est la faim.
Vivre pour manger, c'est appétit.

Après 48 heures sans manger, je ressentais physiquement la faim, mais je n'avais pas d'appétit. Il fallait pourtant bien que je mange pour calmer ce besoin de nourriture, mais je ne désirais rien.

Pénible.

Le système limbique contrôle en partie l'appétit. Cette partie du cerveau joue un rôle important dans la formation de la mémoire et le comportement, en particulier dans diverses émotions, comme le plaisir par exemple. C'est dire que l'appétit est grandement influencé par notre environnement, nos souvenirs et nos habitudes culturelles.

L'hypothalamus de son côté reçoit des stimuli hormonaux qui proviennent de tout le système digestif. Des hormones qui stimulent l'appétit ou au contraire qui l'inhibent. De nombreuses maladies et presque toutes les infections peuvent entraîner une perte d'appétit. Le corps est trop occupé à combattre pour désirer la nourriture.

Quand l'appétit revient, c'est un bon signe de guérison. Ici, ça a commencé par le désir d'une soupe Tonkinoise, puis d'une viande longuement mijotée.

J'étais de retour.

mercredi 8 septembre 2010

Cauchemard

Tout s'écroule.
Hier, mon lave-vaisselle a rendu l'âme.

Il est de bon t0n de se moquer des années 1950 et de ce qu'on a appelé la "mystique féminine", titre du livre féministe culte de Betty Friedan. Pour faire une histoire courte elle reprochait à la société de ne présenter que la femme à la maison comme unique modèle valable de femme. Cette femme qui s'épanouissait à travers ses articles ménagers.


En même temps, ça m'énerve ce ton hautain que l'on prend parfois en parlant des ménagères des années 1950. La vie des femmes au début du 20e siècle n'avait vraiment rien de facile. Celle des hommes non plus d'ailleurs. À la ville comme à la campagne, les familles travaillaient dans des conditions proches de l'esclavage pour arriver à subsister.



Vient l'après-guerre et toute sortes de progrès. Comment reprocher à une femme (ma grand-mère par exemple, qui aura sa première lessiveuse après la naissance de son 5e enfant), sa joie de voir arriver la machine à laver? Le réfrigérateur? La cuisinière électrique? Le lave-vaisselle? Autant d'objets qui venaient réellement et profondément changer et faciliter sa vie.


Le premier lave-vaisselle a été inventé en 1850, quand même. C'était une machine en bois avec une manivelle que l'on tournait et qui envoyait de l'eau sur la vaisselle, sans vraiment la laver par contre...


En fait, tant pis pour Friedan, c'est une femme qui invente le premier lave-vaisselle fonctionnel!Josephine Cochrane. 1893. "Si personne ne l'invente, je vais le faire moi", dit-elle. Elle présente son invention lors de l'exposition universelle de 1893 en étant certaine de connaître un succès immédiat au près du public. Malheureusement, seuls les hotels et les grands restaurants achètent son idée.


Son lave-vaisselle aussi était mécanique et opéré à la main. Elle arrive finalement à trouver une compagnie qui accepte de produire l'appareil. Cette compagnie deviendra plus tard KitchenAid.


Alors oui, c'est sans honte aucune que je l'affirme: merci Josephine Cochrane pour ton lave-vaisselle. C'est aussi grâce à lui que je peux m'épanouir pendant qu'il lave la saloperie de vaisselle à ma place.

mardi 24 août 2010

Études de boîtes à lunchs

Les voici
les échantillons que j'ai reçus pour faire cette fameuse étude...
Je vous les présente dans l'ordre avec quelques spécifications.

1. Sac à lunch Geneva noir à pois (24,99$)
Ici vous avez une photo (floue) de l'intérieur.
Le sac est isotherme et se referme bien.
C'est un sac à lunch qui semble bien fait, mais ce n'est tellement pas mon style, ouh là! Autrement, la conception et l'espace sont ok. Le prix est un peu salé, non?

2. Sac à lunch isotherme Adult Fuel (7,99$)
Un classique, mais pas fait pour garder les plus grands contenants bien à plat... Peu d'espace aussi. Chez nous, c'est le genre de sac avec lequel les gars repartent quand ils ont oublié leur boîte à lunch dans l'autobus. Autrement, ce n'est vraiment pas pratique pour les écoliers je trouve.

Par contre, j'ai été surprise de voir à quel point les hommes de mon entourage avaient un faible pour ce modèle: "ça entre bien dans mon sac d'ordi".

Conclusion: L'Homme n'aime pas avoir à trimballer plus d'un sac...

3. Boîte à lunch dôme Louis Garneau Pirate (19,99$)
Vue à l'intérieur
Pour les enfants plus jeunes, c'est assez gagnant. Plein d'espace, compartiment du haut fait pour ranger un thermos, sac amovible pour le nettoyage. Le prix est bon aussi. J'aime.

Seul défaut, sapristi que c'est gros! Ça entre mal dans un sac d'école et trop souvent je trouve nos petits déjà trop chargés. Un moins aussi: je ne pense pas que le style de cette boîte plaise aux enfants de plus 9 ou 10 ans...

4. Mini Fourre-tout de LyliÉcolo (24,95$ le mini fourre-tout et 9,95$ la doublure isolante)
Vue de la pochette isolante contenue à l'intérieur.

C'est celle que je trouve la plus jolie pour moi. Le sac est grand et on peut en effet y insérer plus qu'un lunch. Le produit est québécois.

En même temps, elle a tellement de défauts! D'abord son prix: plus de 35$ pour un sac de toile tsé... Ensuite la pochante isolante est vraiment trop petite et mince. Impossible d'y insérer à plat plusieurs contenants.

5. Boîte à lunch Off Track (15$)

Vue du compartiment du haut.
Vue du compartiment du bas
C'est une boîte à lunch que je trouve assez bien faite au style intéressant pour les hommes ou les enfants plus âgés. Très logeable.

Pour les plus petits par exemple, elle me semble un peu complexe d'utilisation avec les deux compartiments qui ne sont pas aussi simple à manier que la Louis Garneau.


Alors c'est ça qui est ça. Vous en dites quoi?
C'est demain à 13h que je serai à la radio.

samedi 21 août 2010

Sacré Betty

Même si je sais faire de multiples gâteaux,
(et je te rappellerai ici mon gâteau au fromage Madeleine)
une fois de temps en temps, je cède aux demandes des enfants qui succombent à l'épicerie aux charmes de cette bonne vieille Betty.
Ouan, avec le glaçage pis toute même.

Pendant que j'enfile mon tablier et sort ma mixette, laisse-moi te raconter l'anecdote sur la mise en marché des mélanges à gâteaux Betty Crocker. Je l'adore, tu la connais peut-être...

Dès 1931, General Mills s'intéresse aux mélanges avec entre autre le Bisquick, un mélange à biscuits à base de farine, de sel, de shortening et de poudre à pâte qui connaîtra un immense succès.

En 1948, Pillsbury est le premier à mettre en marché un mélange à gâteau, au chocolat. Duncan Hins suit en 1951 avec le "Three Stars Surprise Mix" qui en trois semaines seulement, occupera 48% du marché des gâteaux en poudre.

Betty Crocker arrive en 1952 avec le gâteau doré, puis le gâteau blanc. Viennent ensuite ceux aux épices (1953), des anges (1953), marbré (1954) et Chocolat Malt (1955).
Le marketing de ces mélanges s'appuient évidemment sur la facilité et la simplicité d'avoir un gâteau frais, fait maison. Cependant, les ventes ne décollent pas comme on avait pensé qu'elles le feraient.

Les spécialistes en marketing ne comprennent pas. Ils créent alors de nouveau messages qui insistent sur l'aspect pratique du mélange à gâteau. Une merveille de la science moderne! Vous n'avez qu'à mettre dans un bol, ajouter de l'eau, brasser et voilà!

Rien n'y fait.

General Mills se tourne alors vers deux psychologues des affaires, les docteurs Burleigh Gardner et Ernet Dichter afin de les aider à comprendre ces ventes stagnantes.

Le problème selon les deux experts, ce sont les oeufs.

Dichter en particulier croit que les oeufs en poudre utilisés dans les mélanges à gâteaux doivent être mis de côté afin que la ménagère puisse elle même ajouter un oeuf frais à son mélange, lui donnant ainsi l'impression de contribuer directement à la fabrication du gâteau. Peu importe si cela complique le processus.

Pour la ménagère, affirme Dichter, faire un gâteau est un acte d'amour envers sa famille et lui demander de n'ajouter que de l'eau à son mélange rend cet amour moins riche.

C'est ainsi que Betty Crocker devient la première marque à laisser tomber les oeufs déshydratés dans leurs mélanges à gâteau.

Le fait que l'ajout d'oeufs frais rendent meilleur ou moins bon le gâteau n'est pas important. Il s'agit d'une décision purement marketing. General Mills dans sa publicité insiste alors sur le fait que la marque n'utilise sous aucune façon de poudre d'oeuf dans ses mélanges. On célèbre l'authenticité du gâteau fait maison.

Bingo. Cette sacré Betty distance tous ses concurrents.
Morale de cette histoire, il est si simple de se faire aimer de nos enfants. Peu importe ce que l'on fait, on n'a qu'à ajouter un oeuf.

Source: Finding Betty Crocker, The Secret Life of America's First Lady of Food, de Suzan Marks

mercredi 7 juillet 2010

Le bonheur

Article majeur dans le NY Times magazine.
Avoir des enfants ne rend pas plus heureux. Au contraire même.

Année après année, c'est ce que montrent toutes les études faites sur le sujet. Dans certains cas (comme genre, en avoir plus d'un), ça rendrait même moins heureux.

Les mères sont moins heureuses que les pères,
les parents qui élèvent un enfant seuls sont les moins heureux.

Blanche pendant sa chouette période coliques

Comme l'explique la journaliste, avant l'urbanisation de la société, les enfants étaient perçus comme étant un actif pour leurs parents. Ils travaillaient aux champs à leurs côtés afin de leur permettre d'améliorer leur sort.

Avec l'économie du savoir, l'enfance est devenue un moment de la vie à chérir, à protéger, dans laquelle il faut investir. Non seulement les enfants sont aujourd'hui source de dépenses pour les parents, ils sont également des sujets qu'il faut sculpter, stimuler, instruire.

Si les enfants étaient autrefois nos employés, résume-t-elle, ils sont aujourd'hui nos patrons.

Cela est encore plus vrai chez les familles les plus scolarisées. Celles-ci passent en effet près de cinq heures par semaine dans des "activités organisées" comparativement à deux pour les familles les moins scolarisées.

Les enfants sont source de stress pour leur parents, d'angoisse, d'agressivité. Vrai pour le 0-4 ans. Encore plus vrai pour le 12-16 ans. Les devoirs seraient particulièrement générateurs de frustrations dans les familles (note à moi-même: merci mon dieu pour l'école alternative).

As-tu fait des enfants pour être heureuse Madeleine?

Paraît que c'est tabou de le dire, mais souvent, je ne suis pas heureuse avec mes enfants. Les nourrir, les ramasser, les discipliner, les laver, les superviser, les organiser, tout cela exige beaucoup de travail, de temps, d'énergie. C'est ma vie. Jour après jour après jour.

Bien sûr qu'il serait probablement plus agréable sur le moment de me trouver seule dans un spa à boire un Muscat plutôt qu'à ramasser la boîte de pâtes que Blanche a ouverte et renversée par-terre. Ou encore avec mon chum attablé à un grand restaurant de Nice ou de San Francisco plutôt que de faire l'épicerie avec deux zoufs qui courent dans les allées en hurlant. C'est pour ça mon petit sondage.

Est-ce que cela fait de moi une femme malheureuse? De ma vie un échec?

Comme on le lit dans l'article, être parent est une activité extraordinaire. Extra comme dans au-delà de l'ordinaire, mais aussi comment dans spécialement ordinaire.

C'est étrange mais le spécialement ordinaire me touche. Sacré-ment ordinaire. Un quotidien souvent plus grand que moi, sur lequel j'ai peu d'emprise et au fil des jours me voilà à élever mes oursons, à les préparer pour leur vie dans les petits gestes de la vie.

Rien de béatifiant à montrer à une petite fille de 21 mois à aller sur le pot ou à répéter pour la 5e fois à un enfant de 8 ans qu'il doit venir à table pour le repas. Les gestes ordinaire de la vie, entrecoupés aussi de câlins, de "je t'aime", de bouffée de chaleur à les voir si beaux entre deux catastrophe du quotidien.

En 1921, le psychologue Lewis Terman choisi 857 garçons et 671 fillettes qui seront suivis pendant toute leur vie. À la fin de l'étude, aucun des participants dit ne regretter avoir eu des enfants tandis que 10 affirmeront qu'ils regretteront de ne pas en avoir eu.

Devrions-nous plutôt valoriser le bonheur du moment ou l'évaluation en rétrospective de nos vies?

Est-ce que ce même bonheur devrait être l'unique mesure pour juger de la réussite d'une vie?

Je ne suis pas toujours heureuse avec mes enfants, sauf que ma vie n'a jamais eu autant de sens que depuis que j'en ai. Quatre même, depuis que j'en ai quatre. Un quotidien souvent tumultueux, bruyant, confrontant, mais qui fait que je me sens exister. Vivre.

Puis ça ben, la plupart du temps, c'est quand même pas désagréable. Tsé, tant qu'à être ici.

vendredi 2 juillet 2010

L'accident

Mon fils s'est blessé.
Rien de grave, mais ça nous a quand même permis de passer quatre heures dans un CLSC.

Nous sommes arrivés à 11h13. Déjà à l'accueil, on nous avertissait: deux heures et demi d'attente. Alors en bonne mère de famille je calcule. Si nous sommes chanceux, nous serons sortis vers 13h, donc on pourra toujours dîner, donc ce n'est pas si mal.

La vie ne se passe jamais comme dans mes calculs.

Bien vite, il était 13h30 et nous étions toujours en salle d'isolement mon fils et moi, couchés dans un petit lit en attendant de voir le médecin.

Et nous avions faim.

Oui, je sais bien que nous n'étions pas au restaurant. Non, je ne souhaitais pas que les infirmières de CLSC se transforment en maître d'hôtel et nous servent le repas 4 étoiles.

Sauf que.


D'une façon générale, les instances politico-administratives et les médecins accordent une importance limitée aux méthodes de restauration. Or, la restauration n'est pas qu'une fonction hôtelière et l'alimentation servie
fait partie du traitement clinique.

- Alimentation et soins nutritionnels dans les hôpitaux: comment prévenir la dénutrition

Couchée près de mon fils dans les vaps, j'ai fantasmé sur un verre de jus de pomme. Des noix. Un morceau de fromage. Me semble que l'attente aurait été plus douce. Mon fils aurait quitté son état de somnolence. Ça aurait donné un peu d'énergie à son petit corps qui en avait bien besoin.

De mon côté, ce don de nourriture, aussi frugale aurait-elle été, me serait apparu, bien au-delà des soins, d'une profonde et touchante humanité.

Du Moyen Age à la fin du XVIIIe siècle, l'hôpital est administré par des communautés monastiques. «L'alimentation est sobre mais réparatrice. C'est une alimentation spiritualisée, c'est-à-dire déconnectée autant que possible de la sensualité de la consommation. Mais il s'y rajoute une dimension spécifique: le don de la nourriture aux malades représente l'acte de charité par excellence. Il est donc généreux».

- Libération, L'hôpital conté par les menus

Octobre 2001, 20:39, CHU-St-Luc.
Je viens de donner naissance à mon premier bébé. Je suis au sommet du monde et j'ai faim! Déjà que j'avais dû manger en cachette pendant le travail... On me dit que l'heure des repas est depuis longtemps terminée. Mon chum insiste. On nous expliquera bien qu'on nous fait une faveur en nous apportant un gruau et un verre de lait.

Gruau qui expliquera à lui seul la naissance à la maison de mes trois autres babes. Après tout, Madeleine avait bien eu droit à du Commensal à la maison de naissance! Qu'est-ce qu'ils avaient compris là-bas qui échappait tant à un grand hôpital universitaire?

Seriez-vous capable de nourrir votre famille ? trois repas et deux collations ?
pour à peine plus de 4 $ par personne par jour? Des centres d'hébergement
québécois le font.

- Le Soleil, Manger mal à l'hôpital: de bien maigres budgets

Les hôpitaux. Les malades. Ça me fait penser aux vieux tiens.

J'étais quand même triste pour Albi. Préoccupée. Je trouvais soudainement ses yeux beaucoup trop grands pour son petits visage pâlotte. Son petit bras inerte bien trop frêle pour un quatre ans.

Au sortir du CLSC, mes parents, qui étaient avec les trois autres, nous avait gardé du poulet. Avec des frites et de la sauce BBQ. Je veux dire, gardé au four pendant au moins deux heures.

Ben je vais vous dire. C'est lorsque j'ai vu mon Albi déchiquetter cette cuisse en faisant plein de bruits de bouche que j'ai su que toute cette mésaventure était bel bien derrière lui. La sauce qui coulait sur son menton me montrait qu'il était déjà loin sur la voie du rétablissement.

dimanche 7 mars 2010

Manger québécois

Le faites-vous?
Selon un grand dossier publié dans l'Actualité du 1er avril, les deux tiers de ce que l'on mange viennent d'ailleurs. C'est à déplorer. Surtout que, semble-t-il, les consommateurs se préoccupent de plus en plus de la provenance des aliments qu'ils achètent. Voilà qui est réjouissant.

Réjouissant aussi de voir que de 2004 à 2009, les aliments clairement désignés comme provenant du Québec ont vu leur parts de marché croître de 2,8%, c'est qui est énorme.

Mais la grande illusion, c'est que malgré des campagnes de marketing, l'Actualité constate qu'en six ans, l'offre de produits québécois n'a pas évolué. Pour les petits producteurs, faire sa place dans les épiceries, c'est un véritable parcours du combattant.

D'abord, il faut convaincre kes grandes chaînes d'inscrire son produit sur
la liste officielle des aliments autorisés à y être vendus. Ensuite,
il faut convaincre chaque détaillant de la chaîne d'offrir le produit. Enfin, il
faut veiller à occuper une place avantageuse sur les étagères. Pas trop haut,
pas trop bas, idéalement à la hauteur des yeux. Tout cela coûte de l'argent.
Beaucoup d'argent.


Y-a-t'il moyen de faire autrement? Devons-nous accepter que cette façon de faire soit la seule?

Pour la majorité de nos concitoyens, l'épicerie est un arrêt obligé du parcours alimentaire. L'éviter demande pratiquement de changer son mode de vie. En ce sens, nous sommes plutôt dépendants de ses décisions de gestion. De plus en ville, ça semble plus difficile d'avoir accès aux producteurs locaux.

Pourtant, il doit bien avoir moyen de parfois s'organiser autrement, non?

Je ne souhaite pas retourner à l'époque de ma grand-mère qui recevait des oranges à Noël. J'aime la diversité du monde dans mon assiette, mais je ne comprends pas pourquoi mes patates viendraient des États-Unis. En ce sens, oui il m'arrive de me passer d'un aliment parce qu'il ne vient pas d'ici.

Mangez-vous québécois?

L'épicerie près de chez vous offre-t-elle des produits du Québec?

Quels contacts avons-nous avec les producteurs d'ici?

Comment est-ce qu'on pourrait en faire plus?
L'Actualité publie aussi un intéressant calendrier: quand est-ce qu'on mange québécois?

dimanche 7 février 2010

L'éléphant et la protéine

Regardez bien cet animal.
Avec ses 4 mètres et ses 7,7 tonnes, l'éléphant d'Afrique est le plus gros mammifère terrestre. Il croit avec une diète uniquement végétarienne en dévorant en effet jusqu'à 200 kg de plantes par jour.

Cet éléphant ne vous semble pas dubitatif? Ouais. C'est parce que lorsque le photographe l'a croqué, il était en train de se demander:
- Avec ce que j'ai mangé aujourd'hui, aie-je une protéine complète?
Non. Bien sûr que ce n'est pas ce à quoi il pense. Plus futé que nous, le pachyderme sait bien que cette histoire de protéine complète est en fait un mythe qui, bien que n'ayant aucune base scientifique, perdure.

Depuis que nous en sommes à quatre repas végétariens par semaine, cette question de protéine complète commençait à me tarabuster. Vingt ans de métier ne sont pas sans laisser de traces, il fallait que je remonte aux sources.

Dans son livre La Grande cuisine végétarienne, Vicky Chelf Hudon nous informe de la complémentarité des protéines.
Tous les aliments classés dans le groupe viande et produits laitiers constituent une source de protéines complètes, c'est-à-dire qu'ils contiennent les huit acides aminés essentiels. Les aliments des autres groupes contiennent des protéines incomplètes, donc déficientes en ce qui regarde certains acides aminés. Pour obtenir des protéines complètes, on doit donc combiner dans le même repas des aliments appartenant à deux groupes différents.
Ce principe de la complémentarité des protéines est d'abord exposé par Frances Moore Lappé, dans un bestseller publié en 1971, Diet for a Small Planet. Or, Frances Moore Lappé n'était ni nutritionniste, ni médecin. Ses observations se basaient plutôt sur des recherches du XIXe siècle. Malgré tout, le National Research Council et l'American Dietetic Association endossent son point de vue en affirmant à leur tour que les protéines végétales seraient inférieurs et auraient besoin d'être combinées.

L'American Dietetic Association entreprend des recherches et fini par rapidement abandonner la prise de position initiale.
Vernon Young and Peter Pellet published their paper that became the definitive contemporary guide to protein metabolism in humans. And it also confirmed that complementing proteins at meals was totally unecessary.
- Susan Havala Hobbs, Ph.D, R.D, American Dietetic Association
De son côté, en 1981, dans une réédition de son livre, Moore Lappé admet son erreur avec grâce en écrivant:
En voulant défaire un mythe (celui de l'impossibilité d'éliminer la faim dans le monde), j'en ai créé un autre - celui de la complémentarité des protéines.
Plusieurs autres suivent la voie:
It was once thought that various plant foods had to be eaten together to get their full protein value, otherwise known as protein combining or protein complementing. Intentional combining is not necessary to obtain all of the essential amino acids.

Malgré tout, près de 30 ans plus tard, le mythe tient bon!

  • L'American Heart Association continue d'avancer que les protéines végétales sont incomplètes (ou moment où la consommation de viande est liée à une augmentation des maladies coronariennes);
  • Le prestigieux Harvard School of Public Health affirme que les fruits et légumes sont plus propices à contenir des protéines incomplètes;
Certains mythes ont la vie dure, très dure. Même si le chercheur sur lequel l'American Heart Association s'appuie pour défendre sa position affirme:
Contrary to general opinion, the distinction between dietary protein sources in terms of the nutritional superiority of animal over plant proteins is much more difficult to demonstrate and less relevant in human nutrition.
- Millward DJ
Rien n'y fait, l'Association persiste et signe: les protéines végétales sont incomplètes.

Là bas dans la savane, l'éléphant n'en a rien à foutre de ces débats d'experts. Il sait bien lui qu'il atteint ses 7 tonnes et demi seulement en se nourrissant jour après jour des mêmes plantes. D'ailleurs, si vous le croisez, il pourrait fort bien vous citer ce qu'il a lu dans Veganomicon.
Next time people ask you the million-dollar question, "But where do you get your protein?" ask them wich essential amino acid they are the most concerned about.
Comme on dit, ça ne trompe pas.