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dimanche 31 mars 2013

Philou de Pâques

Ce matin, j'ai fait croire aux enfants que pour Pâques, on mangerait Philémon, notre bébé de lait.

Ce n'est pas la première fois qu'une idée du genre nous passe par la tête, hein Madeleine?

Je me suis levée alors qu'ils étaient déjà tous dans la cuisine. Mon chum paressait encore dans le lit. J'ai installé le bébé dans son transat et je leur ai annoncé la nouvelle. Qu'on était pour le préparer avec des petits pruneaux et un oignon dans sa bouche. Qu'on le ferait cuire hyper longtemps, arrosé d'une bonne sauce, pour que sa peau soit bien croustillante et sa chair très juteuse.

Leur réaction?

- NOOOOOOOOOOOOOOONNNN!

Ben quoi, que je leur ai dit. Il est à point! Nourri de lait comme les veaux. Tout jeune comme les chevreaux. Et pis après tout les enfants, c'est pas pour rien que depuis sa naissance je l'appelle "mon petit poulet".

Philémon
Évidemment, mon grand derrière l'ordi faisait semblant de ne pas écouter la nouvelle niaiserie de sa mère.

Mon deuxième, bon public, hésitait entre la bonne blague et la tragédie pure. Jouant l'agneau sacrificiel il m'a proposé de le faire cuire lui plutôt que son bébé frère.
- Toi?!? Ark, t'es plein de muscles!
que je lui ai dit sans appel.

Les deux petits eux, bon sang que je suis méchante, n'étaient pas loin du bord des larmes.
- On le connait trop pour qu'il finisse en souper!
- Si c'est comme ça, moi, j'y gouterai même pas à ta recette!
Ils me croyaient. Sentant la catastrophe, le pré-ado en arrière de l'ordi leur a suggéré d'aller raconter ça à leur père voir, ce qu'il en pensait lui de manger Philémon pour souper.

Blanche et Albert se sont rués vers l'escalier
- Papa, papa! Maman veut faire cuire Philémon pour souper.
- Avec un oignon dans sa bouche en plus!
Mon chum, avec sa voix tonitruante d'homme des cavernes qui vient de se lever a éructé:
- Ouan? Ben vous direz à votre mère que SI elle veut manger Philémon pour souper, ben c'est MOI qui va la manger!
Eh ben.

Quatre ou six heures la cuisson d'un Philou de lait tu crois?

jeudi 9 février 2012

On est seul au sommet - ajout

Demain, il faut que je prépare un déjeuner spécial, particulièrement énergétique, pour mon fils Achille. C'est qu'il participera à une activité très spéciale. Tellement spéciale que la directrice de l'école elle-même nous a écrit pour nous en informer.

Votre enfant aura le privilège de participer à une activité motrice.

J'étais tout excitée pour lui, en lisant ça, tu comprends. C'est pourquoi je réfléchis déjà à ce que je pourrai lui faire manger pour qu'il soit assez en forme pour participer. Parce que ce n'est pas rien, cette activité

favorise le développement global et intégral (cognitif, socio-affectif, sensori-moteur et langagier)


Ouais, ouais. Écrit noir sur blanc.

Tu comprends mon stress Annie?

Mais il y a plus.

Cette expérience lui permettra également de prendre conscience de son corps en mouvement, dans son environnement spatial et temporel, ainsi que de mieux se connaître comme être relationnel, affectif et intellectuel.

Ayoye. Tu penses qu'il doit manger quoi, toi, pour être prêt à se connaître comme être relationnel, affectif et intellectuel? Des gauffres? J'ai pas de gauffrier. Tu crois que je devrais courir acheter un gauffrier?

Quoi? Tu te demandes ce qu'il va faire exactement? Je trouve ta question un peu superficielle. Tsé, à quoi bon faire quelque chose si on ne sait pas POURQUOI on le fait? C'est l'OBJECTIF qui est important, pas la chose elle-même, voyons, tout le monde sait ça! Qu'importe au fond, qu'il saute à la corde, qu'il nage dans une piscine, qu'il joue au basket-ball, qu'il saute en parachute, qui se lance en deltaplan du haut de... du sommet de... du sommet du socio-constructivisme?

Et puis, pour te dire franchement, aucune idée. Je n'ai aucune idée de ce qu'il fera. Peut-être bien que la directrice non plus ne le sait pas. En tout cas, c'est pas écrit dans la lettre. Et quand j'ai demandé à Achille, il n'était pas capable de me répondre. Tu vois, il n'apprend pas à s'exprimer comme du monde, à développer son vocabulaire, à formuler sa pensée, mais au moins il va développer son être rationnel intérieur.

Faut connaître ses priorités en éducation.


Annie ajoute:

À ta place, je lui proposerais une prise alimentaire qui viendra faciliter chez lui l'action des enzymes qui pourront ainsi hydrolyser en nutriments les molécules qu'il aura ingurgitées. L'assimilation de ces derniers, grâce à la dégradation des molécules alimentaires par oxydation-réduction et récupération de l'énergie chimique, permettra à son corps de bien répondre à cette activité motrice.

... Mais t'en fais ce que tu veux, c'est juste mon avis.

jeudi 19 janvier 2012

Puck Mommy

AYOYE Madeleine! As-tu vu ÇA?
Cuisiner avec Canadien!

Une patente de profits pour un livre de recettes avec Ricardo pis les femmes des joueurs. Clairement, quelqu'un s'est inspiré de Vers la Coupe®. Tk...

Savais-tu ça toi, que la femme de Gionta s'appelle Harvest. Pis qu'elle Cuisine avec Canadien?



Moi ces jours-ci, je Cuisine avec Futur Canadien.
Souper de Futur Canadien au retour de sa Classique hivernale

Avec la saison de hockey, c'est rendu que faut toujours que je garde un repas au chaud pour celui qui est sur la glace cette journée là. Quand ce n'est pas les deux qui sont sur la glace la même journée, à des heures différentes... Pfffiouf, heureusement que j'ai deux fours.

Tu penses qu'elle lui prépare quoi, toi, Harvest à Brian? Tu sais, quand il revient d'une cuisante défaite de 3-0, mettons.

Sérieux, tu iras avec quoi? Tu le punirais avec du seitan ou tu tenterais de lui faire oublier sa journée de bureau avec un dry martini, une nuisette pis de l'entrecôte?

Comme femme de joueur, je serais très pour la nuisette je pense.

Futur Canadien de son côté, je crois que ça lui plait drôlement de manger seul avec sa mère tout à lui alors que les autres sont au lit. Cubes de tofu frits, nouilles japonnaises et vieux restant de bok choy? Pas de problème, l'assiette est vidée et on en redemande.
- Mange ton tofu mon homme si tu veux être dans Canadien!
*soupir*

Je t'avais déjà dit ça hein Madeleine que j'ai passé à ça d'être une femme de joueur? Han han. Si la carrière d'ailier gauche de mon chum n'avait pas été interrompue par des études en littérature au cégep St-Laurent, bin c'est moi qui serait avec Ricardo sur le front page de Cuisiner avec Canadien!

Quand j'y pense, notre vie aurait été différente quand même. On aurait commencé par habiter un quartier modeste, comme l'île-des-Soeurs, pis ensuite on se serait fait bâtir à Brossard, près du Dix-30...

Je me serais gardée occupée tsé. Bin, pour ne pas avoir à regarder tous les matchs et à me languir pendant les voyages à l'étranger de mon ailier gauche étoile. Je sais pas, j'aurais lancé ma ligne de cosmétique ou amassé de l'argent pour une cause vachement importante.

... Ah, c'est ben pour dire hein comme le chemin de ta vie peut bifurquer...

Je suis pas mal comme puck mommy, mais je te le dis => comme femme de joueur, j'aurais été formidable je trouve.

vendredi 23 décembre 2011

Comment garder sa maison propre dans le temps des fêtes

Vous aimez le temps des fêtes, mais vous craignez que ces deux semaines de magie de Noël et d'enfants en congé transforment votre maison en soue à cochon?

Maman j'ai faim inc. a la solution pour vous! En neuf étapes faciles, assurez-vous d'un temps des fêtes ordonné. Succès garanti! Il suffit d'appliquer notre méthode testée et éprouvée!

  1. Envoyez une lettre et un pot-de-vin à la Commission scolaire de l'Île de Montréal pour les remercier de garder vos enfants jusqu'à la dernière seconde et pour les inciter à faire de même l'année prochaine.
  2. Demandez à votre femme de ménage si elle pourrait passer le 23 décembre.
  3. Pendant que votre femme de ménage nettoie le rez-de-chaussée, passez au sous-sol avec des sacs Glad. Remplissez vos sacs de tous les jouets qui traînent et enfermez-les dans une pièce isolée, idéalement à l'abri des inondations (enfin, c'est selon). Remarque : Il est préférable d'exécuter cette étape pendant que votre homme sera parti à la dernière minute acheter votre cadeau de Noël.
  4. Une fois cette étape effectuée, mettez un peu de vêtements dans des sacs et mettez les dits sacs dans la voiture, en n'oubliant surtout pas d'y cacher aussi les cadeaux des enfants que vous aurez emballés la veille.
  5. Payez généreusement votre femme de ménage et remerciez-la infiniment de contribuer de façon aussi importante à votre santé mentale. Si nécessaire, transférez-lui le pot-de-vin remis à la CSDM pour assurer ses services pour l'année qui vient.
  6. VOICI L'ÉTAPE LA PLUS IMPORTANTE : Passez chercher vos enfants directement à l'école. SURTOUT, ne les laissez pas passer le pas de la porte!
  7. Roulez sur l'autoroute jusqu'à ce que vous arriviez dans un chalet, un condo sur la montagne, ou chez un ami ou un membre de votre famille, de préférence quelqu'un qui vous aime d'un amour inconditionnel. Sonnez à la porte et chantonnez Joyeux Noël avant de laisser les enfants s'engouffrez dans la demeure de vos otag... heu... de vos hôtes.
  8. Soyez heureux, faites la grasse matinée, allez jouer dehors, buvez, mangez, écoutez des films... et ayez une pensée sereine pour votre maison chérie qui vit en paix et qui vous attend toute propre pour le retour.
  9. IDÉALEMENT : Ne revenez chez vous que le dimanche précédent le retour en classe.
N'attendez plus! Appliquez la méthode infaillible Maman j'ai faim inc. et profitez d'une maison propre ce Noël! Succès garanti ou argent remis.

***************

Tu restes dans ta nouvelle maison, toi, Annie, pendant le temps des fêtes? Mais j'imagine que, quand vous avez fait les rénos, vous avez prévu installer le système Automatic Clean House 2012? Han? Non? Bon ben... Ce sera pour les prochaines rénos, n'est-ce pas?

Allez! On se revoit de l'autre bord.

Joyeux Noël à tous!

vendredi 28 octobre 2011

Le danseur

S. est arrivé sur le chantier ce matin avec son assurance, ses rouleaux et ses gallons. C'est le peintre. Et les peintres, ça plaît aux femmes.
- Je ne sais pas s'ils vous l'ont dit, mais vous êtes tombée sur le meilleur peintre en ville.
Ouais justement, ils me l'avaient dit. Apparence qu'avant que S. n'arrive dans l'équipe de B., ils faisaient la peinture eux-mêmes.
- On était toué gars avec nos rouleaux, pis ça pouvait nous prendre deux ou trois jours. S. est tout seul et il fait ça en moitié moins de temps. C'est le meilleur peintre en ville.
Je suis en train d'écrire, les oreilles ploguées sur le nouveau Coldplay, et je l'espionne discrètement du coin de l'oeil. Avec son rouleau, on dirait qu'il danse. En deux heures, il a fait tout le primer de l'étage et là, il progresse super bien dans ma cuisine.

Un beau grand gars, mi-trentaine. Visage anguleux, yeux bruns très profonds et des cheveux courts. Ça plaît aux femmes les peintres parce que ça parle notre langage. Un langage que généralement, nos chums refusent de maitriser.
- Je le sais-tu moi quelle couleur je veux pour mon garage! Arranges-toi avec la peinture, de toute façon, je suis daltonien, m'a renvoyée mon chum avec toute sa délicatesse.
S. lui, comprend ce genre de priorités:
- Laissez-moi aller, je vais toute vous expliquer. Dans la salle de bain, ça vous prend un fini perle. Avez-vous vos couleurs?
Ouan, je les ai mes couleurs.
Ça fait trois semaines que je m'arrache toute seule les cheveux à faire des cristies choix de couleurs. J'ai ressentie la même angoisse que chaque fois que j'ai eu à choisir un prénom pour mes bébés. Tsé, bin avant les solives du toit pis la dalle de béton, c'est une grosse responsabilité les couleurs de peinture!

Finalement ma cuisine/salle à manger sera Chat chartreux et Biscotti aux amandes.


L'entrée, j'ai osé un Cuivre poli.
Un Bloody Mary écoeurant pour la salle d'eau
et un magnifique Riz Frit pour ma salle de bain.
Pour la chambre d'Ulysse je voulais Volcan endormi, mais la vendeuse m'a convaincu de le remplacer par un Gris très pâle.


Et finalement, pour le garage de mon chum, S. m'a suggéré un magnifique Sauce Cardinale:


Le meilleur peintre en ville, j'te dis!

dimanche 2 octobre 2011

Présentations

Les gars du chantier, je ne les ai pas encore présenté. Depuis le 15 août, ils sont tellement là à s'incruster dans notre intimité, qu'on fini par... Comment dire... Bin de les voir jours après jour dans nos affaires, je vais te dire, ça créer une ambiance particulière dans la chaumière.


Voici B., l'entrepreneur. Décisions, factures, problèmes: tout passe par lui. C'est le premier qu'on a rencontré, en janvier dernier. Son calme et sa précision nous avaient plu. Dans un gros projet comme ça, on a besoin de quelqu'un qui sait garder son sang froid.

C'est un homme poli, sérieux, assez grand, à l'humour disons... discret. C'est le boss, mais il n'hésite pas à mettre les mains dans la bouette si nécessaire, ce qui lui vaut le respect de son équipe. Quand il parle, ça compte, alors t'as intérêt à lui apporter les bonnes réponses. Le problème, c'est que le 3/4 du temps, je n'ai aucune espèce de réponse à lui donner.
- Quand l'architecte est venu, quelles mesures il vous avait donné pour la hauteur entre la corniche et la solive de l'existant?

- Duh, blah, plllffft, flehhh...
C'est simple, chaque fois que B. me parle, j'ai l'air idiote. Et tu connais mes formidables capacités intellectuelles Madeleine, passer pour une cruche, j'ai jamais vraiment joué dans ce film là. Alors s'applique cette variante de la loi de Murphy: plus tu souhaites ne pas avoir l'air de quelque chose, plus tu en as l'air. Ce qui a fait dire à mon idiot de fils aîné:
- Cou'donc maman, es-tu amoureuse de B?

- ...

- Quand tu lui parles, t'as l'air gênée,
a ajouté son 2 watts de frère. T'es-amoureuse-de-B-euh!

- NON C'EST PAPA L'AMOUREUX DE MAMAN,
a hurlé Albert.

- Ouan. C'est votre père mon amoureux. Bon.

En tout cas. Lui là-bas, c'est D., le contremaître. C'est le premier sur le chantier, à 6h. Encore la tête dans l'oreiller, je l'entends stationner son immense pick-up beige en face de chez nous et sortir toutes ses affaires d'outils. Il prépare le terrain pour ses hommes.

Sur le chantier, quand il ne siffle pas, D. chante du Claude Dubois («fadel-twit-tedil-do-twit...») ou du Gerry Boulet («je suis celui qui frappe dedans la vie...»). Il est l'archétype du gars de construction: cigarette au bec, tatouages, cheveux en brosse, basané. Il appelle mon chum par son prénom, mais à moi, il sert du "Madame" gros comme ses biceps. Bon vivant, il a toujours le temps pour une jasette et possède un humour pour le moins douteux.
- Pu de toilettes? Câlisse y'a rien là tabarnak! Quand on construit des maisons neuves, on pisse din' boîtes à gyproc! Wouhahahaaa!
Je jurerais que B. a un peu de mal avec l'exubérance salace de D., mais moi je rigole et en plus, ça me fait plaisir de voir B. mal à l'aise.


Celui avec la salopette de travail, c'est G. L'ouvrier d'expérience. Tête grise, il est grand, mince et timide. Dans une autre vie, je l'imagine bibliothécaire. Dans un monastère au Moyen Age, genre. C'est un artiste, en tout cas il nous le dit souvent.
- Je vais vous arranger ça, vous allez voir ça va être beau. Je suis un artiste!
Toujours discret, on dirait qu'il marche continuellement sur la pointe des pieds. G. est vraiment trop gentil.
- Oh, dérangez-vous pas madame, dit-il de sa voix douce en entrant dans la maison avec sa chaisaw, je viens juste enlever la fenêtre de votre cuisine...

Puis finalement ici, c'est L., l'ouvrier le plus jeune. Lui et G. sont les premiers qui sont arrivés sur le chantier, en août. Cette journée là, L. nous avait dit en souriant:
- Vous pis moi, on va se voir pas mal souvent!
Avec sa casquette toujours vissée sur la tête, mes gars l'ont adopté. Il est très doux et a toujours du temps pour eux.
- Je parlais avec L, dit fièrement Albert, on discutait de la maternelle.
Notre maison est le plus gros projet de rénovation sur lequel L. a travaillé. Souvent, il nous accroche pour qu'on vienne voir à quel point ça avance:
- Ça va être ben beau han!
Lui-même n'est pas déplaisant à regarder. Il a toujours le sourire. Même avec la scie ronde, concentré à faire des angles impossibles. De toute l'équipe, c'est le seul qui nous appelle tous les deux par notre prénom. Ce qui plaît à mon social butterfly de chum:
- Tu trouves pas que L. est vraiment sympathique? me dit-il alors qu'on était tranquilles dans le lit. C'est un bel homme aussi, non?

- COU'DONC, es-tu amoureux de L.?!?

-
(voix de l'autre côté du mur) NON, C'EST TOI L'AMOUREUSE DE PAPA!

Tsé quand on dit que les rénos sont difficiles sur la vie d'un couple... Bin c'est ça.

jeudi 29 septembre 2011

Viens voir les comédiens

Le jour où ça c'est décidé - Scène 1

[Rideaux s'ouvrent. Salle à manger d'une maison du 514. Fin d'après-midi de septembre. Coups de marteaux, drill et chain saw en arrière plan. Soleil inonde la pièce. Elle et lui sont assis à table. Ils se font face, mais regardent dans le vide.]

Lui: Combien de temps déjà il a dit qu'on n'aurait pas de cuisine?

Elle: Une semaine. L'entrepreneur a dit que viendrait un moment où on n'aurait pas de cuisine pendant "au moins une bonne semaine".

[Silence]

Lui: Va falloir penser à quelque chose. On pourra pas rester ici.

Elle: Ouan. On pourra pas. Mais on va où? Y'a jamais assez de place chez mes parents, oublie ça. En plus le trafic...

[Silence]

L: On pourrait... séparer la famille.

E: SÉPARER LA FAMILLE, ES-TU FOU?!?

L: Capote pas. Regarde. Admettons. Toi pis Blanche, vous allez chez tes parents. Moi pis les gars, on va... euh... on va chez Madeleine.

E: Ah ouan, han? Chez Madeleine. Y vont aimer ça.

[Silence]

E: Pourquoi pas louer deux chambres au Motel Ideal sur Lajeunesse? Y doit avoir des cuisinettes! Pis on va être juste entre l'école pis le CPE...

L: AU MOTEL IDEAL, ES-TU FOLLE?!?

[Silence
*marteaux, drill, chain saw*
Silence]


E: L'entrepreneur là... si tu te souviens, il a bien dit qu'on n'aurait plus ...

E + L: ... de cuisine, ouan.

E: ... y'a pas dit qu'on n'aurait plus de... maison. Y'a ben dit, plus de...

L: ... cuisine... Ouais! Tu veux dire que...

E: ... que au fond, une cuisine... s'tu si *grave* si on n'a pas pendant une semaine? Tsé, on a nos lits, la toilette de la cave...

L: Ouin, vrai. Le resto pendant une semaine, c'est clair que c'est moins compliqué que de déménager tout le monde...

E: Pis moins cher que le Motel! À part ça le resto, pfft... Pas besoin d'y aller trois fois par jour non plus. On a juste besoin d'une glacière pour les déjeuners ou des repas froids! Qu'est-ce t'en penses?

L: Au fond... Ouan. Ok.

E: Ok. Au fond. Tsé.

[Les deux se lèvent. Retournent à leurs affaires. Fondu au noir. Rideaux.]

jeudi 25 août 2011

Je veux pas te relancer Annie...

... mais nous aussi on est capables d'en avoir des grosses machines.



Ce sont celles de la ville.
Bon, elles sont dans la rue, pas dans notre cour, mais ça nous coûte rien, nous.
Pis c'est quand même le fun.


"Viens manger Popold!"

"Non! Je veux regarder le tratteur."

"Ok. Ça suffit Popold. Viens déjeuner!"

"Noooooooon! Je veux attendre que le tratteur s'en aille!"

Heureusement, il est parti...

Et chez toi?

mardi 16 août 2011

Le barbecue est un sport dangereux

Il y a deux ans, notre petit barbecue au charbon de bois, passé de propriétaire à propriétaire depuis plusieurs années, est décédé. Ça nous faisait pas grand chose, à vrai dire, puisque, mon homme et moi, on n'était pas tellement barbecue.

Mais l'année dernière, tout a changé. Parce que l'année dernière, on a décidé de s'en racheter un. Comme on n'aime pas les affaires cheap, on s'est fixé un budget raisonnable: 250$ soit assez pour s'acheter quelque chose qui dure.

Arrivés chez Canadian Tire comme deux naïfs, l'idée ne nous a jamais effleurés que rendu à la mi-juillet c'était déjà la fin de la saison. Sur le plancher de CT plein de beaux fours barbecue... à moitié prix. Pour 50$ de plus que notre budget initial, on a donc pu se payer un beau gros barbecue Cuisinart en stainless avec un rond au gaz sur le côté, des belles grilles en fonte et un thermostat sur le dessus. Du genre qui cuit 22 hamburgers, tout égal, en même temps.

Notre barbecue, y torche. Tu l'allumes et 5 minutes plus tard, il a déjà atteint 500 degrés F. Il est beau. Il brille. On l'aime.

*******

"Tu vas voir!" m'avait promis ma soeur." C'est génial le barbecue. C'est ton homme qui va cuisiner!"

Sauf que pas chez nous. Mon homme, son barbecue, il le nettoie au printemps minutieusement, il l'abrille chaque soir consciencieusement, il le sort du garage en mai et le place au niveau sur des dalles, il va faire remplir les bonbonnes, s'assure après chaque usage que tout est bien fermé, et le range pour l'hiver, mais il ne cuisine pas dessus.

C'est moi le maître barbecue. Pas que j'y tienne particulièrement. C'est juste comme ça.

***********

L'autre soir, on a reçu Annie et sa gang pour souper. J'avais vraiment hâte de montrer mon beau barbecue à son homme. J'aime ça rendre les autres jaloux, parfois. Sauf qu'il l'a à peine regarder, le mauzus, trop occupé à parler politique avec le mien d'homme. Trop occupé aussi à aller se perdre en ville à la recherche d'une SAQ ouvert à 18h. Alors, encore une fois, mon beau barbecue a dû se contenter de deux femmes pour le titiller. Sérieux! Pour une fois que je pouvais faire ma fraîche!

Dans ma déception, peut-être, j'ai été inattentive et je me suis brûlée sur le couvercle. Ah pas grand chose. À peine deux centimètres sur mon délicat poignet. Mais quand même, bien comme il faut. Ça a fait une grosse cloche qui a éclaté et puis après je suis restée avec une plaie ouverte. Pas besoin d'un diplôme de médecin pour comprendre qu'il s'agissait d'une brûlure au 2e degré.

Mais ça fait pas vraiment si mal que ça une brûlure. Surtout quand on a bu 3 ou 4 verres de vin. Avant de me coucher, j'ai quand même eu la présence d'esprit de mettre du polysporin et un gros pansement.

"Tu vois, ai-je dit à mon homme, agitant mon poignet comme une pièce à conviction, si c'était toi qui cuisinait sur le barbecue, ça serait jamais arrivé!"

*************

Deux jours plus tard, la brûlure était toujours bien présente. J'avais beau changer mes pansements consciencieusement, fallait bien que je constate que ça s'améliorait pas ben, ben mon affaire: de la rougeur et de la douleur tout autour, ça faisait même mal quand je bougeais la main. "C'est un peu enflé aussi" a ajouté mon Homme alias Dr Pouf après examen de la région.

"Je vais aller à la clinique du coin voir s'ils peuvent me prendre vite-vite." ai-je lancé sans grande conviction. Je suis sortie de chez moi, fait quelques pas, suis reviré de bord pour aller chercher mon portefeuille, et en sortant la deuxième fois je suis tombée sur G., une voisine infirmière.

"Je peux te consulter G.?" ai-je lancé à ma souriante voisine qui a regardé ma blessure, s'est exclamé ouain c'est pas ben beau ça mais c'est rouge juste autour y'a pas l'air d'avoir d'infection polysporin pansement hermétique garder humide et stérile pourquoi tu irais pas montrer ça au pharmacien avant d'aller à la clinique pis comment tu t'es fait ça?

"Sur le barbecue."

"Quoi? Comment ça c'est pas ton Homme qui cuisine sur le barbecue?"

"C'est bien ce que je lui ai dit!"

"Je savais bien que ça finirait pas être de ma faute!" s'est exclamé celui qui avait tout entendu par la fenêtre ouverte.

************

Le pharmacien, Annie. Pourquoi j'y pense jamais? Dans notre système de santé un peu mal foutu, c'est le professionnel le plus facilement accessible. Lui et ma voisine infirmière.

La pharmacienne s'est penché sur le poignet que je lui ai tendu par l'ouverture qui sert pour les consultations. Elle m'a dit la même chose que G. En ajoutant que si ça ne s'améliorait pas, je devrais consulter un médecin le lendemain. Et puis elle a demandé.

"Comment vous vous êtes fait ça?"

"Sur le barbecue."

Elle a rien dit, pas un mot, restée de glace. Mais je pense que j'ai vu dans son regard passé un ben voyons comment ça c'est pas votre homme qui cuisine sur le barbecue, mais sans plus.

Une vraie professionnelle Annie.



mercredi 6 avril 2011

Mesdames, à nos fourneaux...


Chères lectrices,

Bien que le printemps tarde à s'installer, il y a des signes qui ne mentent pas: les jours qui s'allongent, les crocus qui percent la terre encore gelée, les érables qui coulent, et Canadien qui fait les séries.


Vous vous souvenez de ceci, ceci, ceci et ceci?

Je crois bien qui va falloir s'y remettre encore une fois pour faire notre part pour encourager nos valeureux Canadiens.

Citoyennes, à vos fourneaux!

jeudi 10 mars 2011

Le lapin du jeudi -- Ajout

Ce soir, on mange du lapin à la moutarde. Un jeudi.

Ce n'était pas prévu. Mon lapin, je l'avais acheté pour le weekend.

« Regarde le beau lapin que j'ai rapporté! », ai-je dit à mon homme. Puis, je l'ai religieusement enduit de moutarde avant de le réserver au frigo. C'est après que ma fille m'a rappelé que je lui avais promis de faire un souper chinois pour qu'elle puisse faire valoir ses talents en matière de baguettes chinoises. « Pas grave, me suis-je dit, on le mangera dimanche soir. Il va mariner plus longtemps et ce sera meilleur. » Et c'est à ce moment que mon fils Achille m'a rappelé que j'avais promis des burgers pour souper dimanche.

Ces enfants et leurs opinions culinaires. Où s'en va le monde?

Comme mon lapin était déjà enmoutardé, il fallait bien le cuire, ce que j'ai fait dimanche, pendant ma corvée de bouffe hebdomadaire. Et c'est pourquoi on mange du lapin ce soir.

******************

Mon homme n'était pas trop chaud, à l'idée du lapin.

« C'était quoi l'histoire déjà? »

« Ah non. Tu veux pas raconté cette histoire sur ton blogue? C'est pas un peu de mauvais goût? »

Quand il était petit, mon homme vivait sur une ferme. Ses parents avaient une élevage de porcs. Ils gardaient aussi d'autres animaux pour leur consommation personnelle, des boeufs, entre autres, mais aussi des animaux domestiques: plusieurs chiens, chats et lapins. À la fin des années soixante-dix, ils ont vendu la terre ainsi que tous les bâtiments, mais ils ont gardé la maison. Comme les animaux domestiques vivaient dans les bâtiments, et comme sa mère, on la comprend, ne voulait pas garder tous ses animaux dans la maison, il a bien fallu que quelques-uns vivent dehors.

Ce fut le cas des lapins.

Le petit garçon qu'était alors mon homme leur avait préparé un petit enclos avec des couvertures et de la paille. Tous les jours, il allait les voir pour leur donner à manger et à boire. Tous les jours, jusqu'à ce qu'il se mette à y aller un jour sur deux, puis encore moins souvent. L'hiver avait été rude. Et un jour, ben oui, quand il est allé voir son enclos, tous les lapins étaient morts gelés.

« Pauvre 'ti lapin, me dit mon homme en regardant le lapin que je m'apprêtais à enduire de moutarde. On dirait presque qu'il va se lever et commencer à courir. Pauvre 'ti lapin. »

« C'est quand même moins pire que ce qui est arrivé à tes lapins. »

« Mais je les aimais mes lapins. »

« On va aimer celui-là aussi, je t'assure. Ça sera délicieux! »

****************

Mes enfants, je les appelle souvent mes petits lapins. Peut-être que ce soir, ils vont saisir ce mot d'amour autrement?

Dans le genre: Arrête de faire le zouave sinon je te trempe dans la moutarde et je te passe à la marmitte. Ou encore:- Si tu ne ramasses pas toutes tes cochonneries qui traînent dans le salon, je t'envoie vivre dehors, mon petit lapin.

Excellent. Un peu de terreur camouflée dans un mot doux.

J'aime.



Annie ajoute:

Veux-tu bien m'expliquer c'est quoi l'affaire avec les cristies de lapins?

Quand il était petit, mon chum s'était amoureusement occupé de petits lapins que sa mère avait achetés. Ce qu'elle avait omis de dire toutefois, c'est que c'était dans le but de les manger qu'elle les avait pris les lapins.

"Le jour où j'ai mangé Bouboule, c'est un peu le jour où je suis devenu un homme", avoue mon chum, chaque fois avec l'oeil humide.

Pauvre lui hein. Au fond, c'est tellement mignon un petit lapin...

Surtout avec des pruneaux et de la moutarde, tant qu'à moi.


jeudi 3 mars 2011

Le coloc

Pendant la semaine de relâche, nous avons hérité d'un coloc.

Madeleine, je te présente Boule de poil. Boule de poil, Madeleine.
C'est un chinchilla.

Tout ça grâce à mon fils, le deuxième. C'est que Boule de poil crèche dans sa classe. Quelques jours avant la relâche, on reçoit ce message

Bonjour!
Nous voulons savoir si une famille serait gentille de prendre le chinchilla pendant la semaine de relâche.
Merci!
Signé: les élèves de Josée
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Oui: __
Non: __
Famille de: _________________

Ulysse voulait vraiment beaucoup que l'on soit cette famille gentille. Après tout, ça nous ressemble tellement. En plus, j'ai comme été attendrie par ses grands yeux doux. De mon fils les yeux, pas du chinchilla come on. On s'en sacre des yeux du chinchilla! Alors en mère affirmée que je suis, j'ai décidé d'une voie autoritaire:

"Tu en parleras à ton père."

Son père m'a regardé avec ses yeux pas doux du tout. Je lui ai dit que de toute façon c'était un tirage au sort. Que Josée, elle pigerait au sort parmi toutes les familles gentilles afin de choisir celle qui hériterait de Boule de poil pendant la relâche.

"Y'a beaucoup d'enfants qui veulent s'en occuper?" a demandé mon chum.

"Oh oui! À peu près toute la classe!" a répondu notre fils.

J'aurais bien voulu savoir le nom des méchantes familles qui ne voulaient pas prendre le chinchilla, mais j'ai été interrompue par les cris de joie d'Ulysse qui venait d'entendre son père lui dire que, puisqu'il n'avait pas tant de chance de gagner que ça finalement, c'était ok, on allait remplir le coupon.

Ben c'est fou, mais ça l'air qu'on en avait des chances.

Alors c'est ça, un coloc. Boule de poil. C'est vrai que depuis l'histoire de Sissi, on est un peu échaudés. À vrai dire, on se demande sans cesse s'il va nous crever entre les mains Boule de poil.

Ça m'a l'air bien parti en tout cas. Pas qu'il crève là. Qu'on s'en occupe bien je veux dire. Enfin que lui s'en occupe bien. Tiens, la preuve.


Faque c'est ça. C'est tout.

Oui, oui, c'est tout.

... Tu ne croyais toujours pas que j'allais finir ce billet avec une blague du genre: "Après les écureuils au vin blanc, tu crois que ça se peut des osso bucco de chinchilla?"

Le manger! Pffft. Quand même. L'animal de la classe de mon fils? Tu n'y penses pas!

Non, non. Pas le manger. Mais au cas où ça se passerait mal cette semaine, j'ai d'autres projets pour lui.

mardi 1 février 2011

Bébé muffins ou la transmission du savoir

Mangez votre collation les filles! a dit Laurence à ses filles après le club de course. Et donnez donc un muffin à Rosanna.

Han! C'est exclamé ma fille. Un mini muffin!

Tu fais des mini muffins à tes filles? aie-je demandé à mon amie dont j'estime au plus au point la compétence maternelle.

Ouais. Un gros muffin, je trouve que c'est trop pour les collations. Mais un mini muffin, c'est juste parfait. En plus, mes filles adorent. C'est l'idée du boss, d'ailleurs.

Évidemment. Qui d'autre. Le boss, c'est Amélie. C'est celle dans mon petit cercle d'amies qui a toujours la bonne idée pratique. On aime bien la laisser décider de nos vies, d'ailleurs. Ça évite d'avoir à prendre des décisions importantes ou moins importantes.

Samedi, en faisant l'épicerie, j'ai donc mis des moules à mini muffins comme ceux-ci dans mon panier.

Oui madame, en silicone. Amélie sera fière de moi.

Tu les remplis, tu les enfournes comme d'habitude en prenant soin de bien les tenir parce qu'ils sont mous. Quand c'est prêt, tu n'as qu'à secouer ton moule et tu as une pluie de mini muffins.

Dimanche, j'ai donc fait des mini muffins. Plein de mini muffins. 60 pour être exacte. J'ai enfourné quatre fois parce que, ben, ils sont mini et fallait en faire beaucoup pour passer tout mon mélange.

Des bébés muffins! se sont exclamés les enfants devant l'amoncellement de muffins sur la table.

Même recette

+

Nouveau mini moule

=

Bébé muffins

=

Enthousiasme délirant


Je les comprends. Moi aussi j'aime ça les petites choses. C'est cute. J'aime les grandes choses aussi, mais tout ce qui est petit, quand même, ça attendrit.

Comme les bébés, tiens. J'adore les bébés. J'en suis folle. Quand je vois un bébé, je suis comme les enfants devant les mini muffins.

Un bébé. Ce serait bien. Ça chasserait mon blues d'hiver. Ça ou un voyage dans le Sud. Ou un voyage à Paris? Ah oui! C'est ça! Un voyage à Paris pour voir mon bébé nièce Juliette qui plus mignonne que tout!

Voyage

+

Paris

=

Bébé Juliette

=


Fin du blues d'hiver

Je vais soumettre le projet à l'homme.

Si je remplis le congélo de mini muffins, il auront de quoi tenir quelques jours, non?

Je vais demander au boss de décider, tiens.

vendredi 12 novembre 2010

Libre. Je suis liiiiiiiibre!

Annie, ça y est, j'ai réglé le problème des lunchs.

Il a fallu que je touche le fond pour remonter en force. Grâce à l'aide précieux de mes girls et leurs conseils inestimables, j'ai enfin trouvé une formule qui fonctionne bien.

Le dimanche, tel qu'indiqué sur mon fichier Excel, je cuisine plusieurs grignotines: des biscuits à l'avoine, des barres tendres, des muffins. De plus, je prépare une grosse salade de pâtes: au thon, au poulet, au jambon, ça se décline à l'infini. Je fais un peu de surplus que je congèle. De cette façon, je pourrai bientôt sauter un dimanche sur deux. Avec tout ça, plus des thermos pour des restants de la veille, plus un wrap de temps en temps, mes lunchs se font tout seuls.

Mieux encore, j'ai eu l'idée de génie de me discipliner pour les faire le soir. Ouais, ouais. Tu peux applaudir. Je mets également la table du déjeuner. Si bien que le matin, tout ce que j'ai à faire, c'est sortir les boîtes à lunchs, verser du lait et mettre du mascara.

Les lunchs se font d'autant plus tout seuls que depuis mon retour au travail, après mon arrêt d'une semaine, je demande aux enfants de les faire. Eux. Mêmes.

Mais non, Annie, le standing ovation c'est pas la peine. C'est trop. Tu me gênes là.

Tu sais le plus beau dans toute cette histoire? Ce ne sont pas les lunchs que je n'ai plus à faire, ce n'est pas de responsabiliser mes enfants, non, c'est que les boîtes à lunchs, elles reviennent vides!

Tu parlais de l'appétit l'autre jour? Je crois que c'est ça. Mes enfants avaient faim pour dîner, maintenant, ils ont de l'appétit. Ils savent ce qui les attendent. Ils ont choisi ce qu'il voulait. Ils peuvent y penser toute la matinée.

Il faut dire que c'est véritablement eux qui choisissent. M'en mêle plus.

"Maman, est-ce que je peux mettre deux..."

"C'est comme tu veux. C'est ton lunch. Fais ce que tu veux." Tsé, comme ils grandissent dans une famille ou il y a des muffins au blé entier et des biscuits à l'avoine, m'en fous pas mal de ce qu'ils peuvent mettre dans leur lunchs. Quand bien même ils faisaient un petit excès de clémentines, je ne crois pas que ce soit dramatique.

Ah et puis, plus de culpabilité, plus d'oubli, plus de responsabilité.

"Maman, j'avais pas de fourchette!"

"Ben, la prochaine fois, tu y penseras à en mettre une."

Libre Annie, je suis liiiiiiibre!

Enfin, presque, parce que, ben, si tu veux tout savoir, il reste que je fais encore celui de mon homme. Mais ne lui dis pas que je t'ai dit ça. Ne le dis surtout pas à mes enfants.

vendredi 10 septembre 2010

Sissi - AJOUT

On a un nouveau membre dans la famille.

Un poisson.

Oui Madeleine, tu as bien lu. Un os*** de poisson. En fait, je devrais plutôt dire un Combattant de Siam. Ou un Betta splendens, si tu veux.

Anyway, je te présente Sissi.

Ouan.

C'était la fête d'Ulysse et un petit ami est arrivé avec le poisson. Comme cadeau. Dans un genre de sac de lait tu sais.

Chic!

J'aurais aimé prendre en photo la gueule que j'avais quand j'ai vu le poisson. Pour documenter tout ça sur le blogue, tsé. J'imagine que c'est la joie qui m'envahissait qui m'a troublée l'esprit parce que pendant quelques instants, j'ai plus trop su où j'étais tu vois. Alors c'était un peu difficile pour moi de me tirer le portrait.

Tous (sur différents tons): Un poisson!
Chum (rire convivial): On n'a même pas d'aquarium, ah, ah, ah!
Mère de l'ami (enthousiaste): Oh! C'est vraiment pas compliqué un Betta, vous pouvez même le mettre dans un petit verre en attendant.
Ulysse: C'EST LE PLUS BEAU CADEAU DE TOUTE MA VIE!
Moi à chum (chuchotement dents serrées): Un pois-son? Chéri?
Ulysse: Je vais l'appeler Sissi!
Chum (montrant sa culture): Ouais fils, en l'honneur de la reine d'Autriche, ah, ah, ah!
Moi (espérant): Tu sais Ulysse, peut-être que l'ost..., euh peut-être que Sissi ne s'habituera pas à la maison, il me semble un peu piteux là.

Piteux, yeah right. In your frigging dreams!

Ainsi, depuis une semaine quand je fais la vaisselle (ie: très souvent ces temps-ci), le fringuant Sissi m'accompagne. Parce que vois tu, c'est sur le comptoir de la cuisine que l'aquarium du Combattant de Siam a élu domicile.

Un poisson.

Sissi.

Oublie les poules en ville ou les écureuils au vin blanc veux-tu. Tu crois que quelqu'un aurait une bonne recette de darnes de Betta?

*****
Madeleine ajoute:


Ah ben! Toi aussi un poisson?

Nous aussi. Même qu'on en a deux. Ça fait plus d'un an qu'on les a.

Deux o**** de poissons. Sauf qu'ils ne sont pas dans la cuisine, ils ont élu domicile dans le salon. Un vrai aquarium, avec un filtre et tout.

Au début, tu sais, les enfants étaient super contents. On en avait trois: Noir-noir, le poisson noire, Satipo, le poisson rouge, et Marguerite, le poisson rose. Et puis, évidemment, l'indifférence s'est installée.

Indifférence ou pas, on est toujours bien obligés de laver le p***** d'aquarium. Je dis "on", mais je devrais "lui" parce que c'est mon homme qui s'en charge, de moins en moins assidument d'ailleurs. Même que ça fait bien 3 ou 4 mois que l'aquarium n'a pas été changé.

Euh... la SPCA, elle se préoccupe des poissons négligés tu crois?

Ma relation envers les poissons s'est abruptement métamorphosée (d'indifférence à haine) l'année dernière, à la veille de partir en vacances. Parce que les poissons, tu vois, fallait bien qu'ils mangent pendant notre absence de 2 semaines! Demandez à un voisin? Tu aurais vu sa gueule: "Éric, ça te dérangerait pas de venir nourrir nos poissons deux fois par jour pendant deux semaines?" "On n'a pas le choix, avait dit Victor, il faut annuler les vacances!"

Euh... Nenon mon homme. Moi, je pars. Et les poissons, cristy, qu'ils se débrouillent.

Finalement, il existe des distributeurs automatiques pour bouffe. Alors depuis ce temps, même plus besoin de les nourrir.

C'est vachement agressif des poissons, tu sais. Non contents de leur petite nourriture quotidienne, nos poissons se mangent les uns les autres. En fait, le gros Satipo mangeait le petit Noirnoir. Ouain, vraiment dégueu. Si bien qu'un jour, Noirnoir n'avait plus de queue et ne pouvait plus s'orienter. Il fonçait dans la vitre, luttait pour atteindre sa bouffe. Ça faisait pitié.

"Faut que tu fasses quelque chose" ai-je dit à mon homme.

Puis un matin, plus de Noirnoir.

"Tu l'as flushé?" que je demande au valeureux chevalier.

"Euh, non".

"Alors quoi?"

"Tu veux pas le savoir" qu'il me répond. Puis je me suis rappelé que la veille, alors que j'étais déjà couchée, je l'avais entendu bardasser dans la cuisine qui est attenante à la chambre. "Est-ce que tu sais ou est le bidule qui aiguise les couteaux?" m'avait-il demandé tenant en main notre couteau de boucher.

Alors, c'est ça. Noirnoir a été guillotiné dans notre cuisine, sur une planche à couper.

"Il n'a pas souffert" a dit mon homme aux enfants.

Là, ben, c'est ça. Il en reste deux. Ils sont rendus gros. Ils nagent dans leur eau sale. Le petshop nous a proposé de les reprendre une fois engraissés. Ils les donneront à manger à d'autres poissons plus gros. La belle affaire.

Je suis d'accord avec toi Annie. Oublions les poules et les écureuils, on se lance dans la pisciculture.

lundi 2 août 2010

Pourquoi rêver aux poules

quand on a déjà les écureuils?
Si tu crois Madeleine qu'à Montréal on s'énerve le poil pour quelques plumes, attends de voir ce qui se passe à Londres.

Là-bas, un super marché du nord de la ville a décidé de vendre de la viande d'écureuil. Il paraît que l'animal était couramment dégusté en Angleterre à une certaine époque mais que c'est aujourd'hui passé mode.

Évidemment, quelques mannequins et autres vedettes du droit des animaux sont rapidement montées au front question de tuer la diversité alimentaire. "Un massacre de la vie sauvage!" ont-elles hurlé.

Come on. On parle d'un écureuil là, pas du tigre blanc royal. Tsé, les rats avec une queue touffue qui se rassemblent en horde pour te pourchasser quand tu traverses un parc avec une poussette et un pique-nique?

Ouan. E-xac-te-ment ceux là.

Y paraît que ça goûte le lapin. Tout fin et tendre avec un petit goût de noisette.

Une poule, je veux bien mais ça demande une certaine logistique quand même... Un minimum d'investissement. De l'entretient quoi! Pis toi et moi au fond, on a déjà 4 enfants.

Alors qu'un écureuil...

Surtout que, on a beau parler de la mode en Angleterre, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir cette recette à la page 248 de mon Encyclopédie de la cuisine Jehane Benoît!
L'agriculture urbaine, peut-être.
Je propose cependant le révolutionnaire concept de trappage citadin. Paraît en plus que c'est l'animal le plus facile à trapper qui soit.

Dès mon retour, je planche sur une proposition à présenter à mon conseil d'arrondissement. Si Rosemont aura ses oeufs, je ne vois pas pourquoi Ahuntsic serait en reste.

Civet à volonté!

Dès mon retour parce que, hou-ais, je sacre mon camp. Je ne sais pas pour vous, mais nous ce sera la maison sur le bord de l'océan. Loin. Pendant des tas de jours. Dans un autre pays même.
Bonnes vacances!

mercredi 19 mai 2010

Vers la coupe avec les Rondelles de Calmarlleri



Bon, d'accord lecteurs et lectrices. J'avoue qu'avec les deux cuisantes défaites que nous venons de vivre, il est normal de remettre en cause la pertinence de notre programme Vers la coupe avec ©. Cependant, on s'amuse non? Vous qui, comme moi, faites la cuisine jour après jour après jour après jour après... ne trouvez vous pas qu'on se bidonne? Cuisiner pour le Canadien, ça reste inspirant!

Ainsi, je vous présente une nouvelle blogueuse qui s'est jointe à notre effort de guerre. Il s'agit de Tartine, mère de deux enfants, et grande anti-fan du Canadien.



Moi, en train de créer une recette à l’honneur du Canadien… j’en connais de mes amis qui vont tomber un bas de leur chaise! C’est que voyez-vous, je suis loin d’être fan. Je ne déteste pas le Canadien, disons plutôt que le sentiment que le hockey provoque habituellement chez moi est un mélange d’indifférence et d’agacement, c’est complètement différent!


Pourtant, Annie, Tartine est une femme de devoir et ne peut résister à notre appel.

Cela dit, comment résister à l’enthousiasme délirant des filles de Maman, j'ai faim? Même moi, j’en attrape la fièvre et je réponds « présente » à leur appel de créer une recette pour honorer et encourager notre glorieux club de hockey.



Elle nous propose donc une recette de Rondelles de Calmarlleri. Le plus important dans cette recette est la séance de visualisation qui la précède! À lire absolument!
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Pour le reste, sans vouloir être rabat-joie, je crois qu'il faudra bientôt, Annie, commencez à élaborer un plan Survivre à l'élimination avec © comportant des tonnes de comfort food.

L'heure est grave. Selon mon homme, c'est tout l'avenir du hockey, et celui de ses futurs hockeyeurs, qui est en jeu si les robustes Flyers gagnent. Faudra donc également élaborer le plan Vers la LNH avec les protéines© pour permettre à nos petits gaillards de prendre un peu de muscles en vue de leur carrière future...

Mais ce n'est pas encore fini, citoyennes! À vos fourneaux!