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lundi 7 novembre 2011

Le dauphin et les philosophes

Dans son blogue, Marie-Claude Lortie se demande pourquoi cette nouvelle ne fait pas la une de son journal et de tous les autres d'ailleurs.
“Trois hauts dirigeants de Cooke Aquaculture, plus grand éleveur de saumon du pays, font face à des accusations pénales. Ils sont soupçonnés d’avoir déversé un pesticide illégal dans les eaux du Nouveau-Brunswick pour lutter contre un parasite du saumon.”
À l'automne 2009, des centaines de homards étaient retrouvés morts dans la baie de Fundy, entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Ces morts étranges soulèvent bien des questions. On finit pourtant par remonter la piste. Les pêcheurs de homards obtiennent pour la première fois des preuves de la présence d'un pesticide, la cyperméthrine, dans la baie. On soupçonne que ce pesticide, illégal au Canada, vient des élevages de saumons. Les industriels s'en servent parce qu'ils ont beaucoup de mal à lutter contre le pou de mer, un parasite qui s'attaque au saumon d'élevage.

De plus en plus de voix s'élèvent pour affirmer que l'aquaculture est une plaie et qu'il faudrait mieux réglementer les élevages de saumon. Je joins ma voix à la leur et j'ai pris la décision de ne plus acheter de saumon d'élevage.

***

Chaque dimanche, j'ai la chance de croiser deux philosophes et hier, ils se sont mis à discuter d'éthique animale. Ils m'ont appris par exemple que le dauphin est une personne non-humaine. Eh oui.

Bon, personnellement, j'ai toujours cru qu'il y avait nous, puis les animaux. Mais bon, qu'est-ce que j'en sais au fond, hein?

Selon l'un de mes deux philosophes, dans 500 ans, parce que nous mangeons de la viande, les hommes du futur porteront sur nous le même regard de dégoût que nous portons sur les hommes du 18e siècle qui avaient des esclaves.

On se disait qu'il n'avait peut-être pas tort. Pourtant, aucun d'entre nous n'étions végétariens, ni même n'avions le désir de le devenir. Il nous semblait malgré tout inévitable que, même s'il n'y a jamais eu autan d'être humains à nourrir, l'éthique animale finira par prendre de plus en plus de place.

Par exemple, pour revenir à la nouvelle de Marie-Claude Lortie, notre société ne trouve plus tolérable de tuer toute biodiversité marine simplement pour produire en grand nombre et à faible coût un saumon aux qualités de plus en plus douteuses.

Dans un même ordre d'idée, la façon dont certains porcs ou certains poulets sont élevés devraient nous en détourner pour toujours. Ce genre de choses, on s'en doute, mais on préfère ne pas les voir.

Comme l'esclavage, notre modèle alimentaire actuel repose sur l'élevage industriel des animaux. Bien sûr, de nombreuses personnes mangent une viande la plus éthique possible ou arrivent à s'en passer totalement et ne s'en portent pas plus mal. Reste qu'elles vivent en marge du système agro-alimentaire dominant. C'est un engagement qui prend de l'énergie, du temps et des connaissances.

Cet automne par exemple, on essaie de rendre possible une livraison de poules avec une amie qui en élève, mais avec l'espace, les rénos et la distance, ce n'est pas simple. J'ai aussi fait une commande pour un porc bio, mais je n'ai pas de nouvelles.

Comme je le faisais remarquer à mes amis philosophes, parfois les arguments éthiques résistent mal au fait qu'il est drôlement pratique d'avoir une épicerie au coin de la rue. Acheter du boeuf haché un soir de semaine reste une avenue simple, économique, goûteuse et culturelle de nourrir une famille de six.

Rejeter le modèle alimentaire actuel n'est pas un objectif vers lequel je tends dans l'absolu. Par contre, y être infidèle de plus en plus continue de me séduire.

dimanche 2 octobre 2011

Présentations

Les gars du chantier, je ne les ai pas encore présenté. Depuis le 15 août, ils sont tellement là à s'incruster dans notre intimité, qu'on fini par... Comment dire... Bin de les voir jours après jour dans nos affaires, je vais te dire, ça créer une ambiance particulière dans la chaumière.


Voici B., l'entrepreneur. Décisions, factures, problèmes: tout passe par lui. C'est le premier qu'on a rencontré, en janvier dernier. Son calme et sa précision nous avaient plu. Dans un gros projet comme ça, on a besoin de quelqu'un qui sait garder son sang froid.

C'est un homme poli, sérieux, assez grand, à l'humour disons... discret. C'est le boss, mais il n'hésite pas à mettre les mains dans la bouette si nécessaire, ce qui lui vaut le respect de son équipe. Quand il parle, ça compte, alors t'as intérêt à lui apporter les bonnes réponses. Le problème, c'est que le 3/4 du temps, je n'ai aucune espèce de réponse à lui donner.
- Quand l'architecte est venu, quelles mesures il vous avait donné pour la hauteur entre la corniche et la solive de l'existant?

- Duh, blah, plllffft, flehhh...
C'est simple, chaque fois que B. me parle, j'ai l'air idiote. Et tu connais mes formidables capacités intellectuelles Madeleine, passer pour une cruche, j'ai jamais vraiment joué dans ce film là. Alors s'applique cette variante de la loi de Murphy: plus tu souhaites ne pas avoir l'air de quelque chose, plus tu en as l'air. Ce qui a fait dire à mon idiot de fils aîné:
- Cou'donc maman, es-tu amoureuse de B?

- ...

- Quand tu lui parles, t'as l'air gênée,
a ajouté son 2 watts de frère. T'es-amoureuse-de-B-euh!

- NON C'EST PAPA L'AMOUREUX DE MAMAN,
a hurlé Albert.

- Ouan. C'est votre père mon amoureux. Bon.

En tout cas. Lui là-bas, c'est D., le contremaître. C'est le premier sur le chantier, à 6h. Encore la tête dans l'oreiller, je l'entends stationner son immense pick-up beige en face de chez nous et sortir toutes ses affaires d'outils. Il prépare le terrain pour ses hommes.

Sur le chantier, quand il ne siffle pas, D. chante du Claude Dubois («fadel-twit-tedil-do-twit...») ou du Gerry Boulet («je suis celui qui frappe dedans la vie...»). Il est l'archétype du gars de construction: cigarette au bec, tatouages, cheveux en brosse, basané. Il appelle mon chum par son prénom, mais à moi, il sert du "Madame" gros comme ses biceps. Bon vivant, il a toujours le temps pour une jasette et possède un humour pour le moins douteux.
- Pu de toilettes? Câlisse y'a rien là tabarnak! Quand on construit des maisons neuves, on pisse din' boîtes à gyproc! Wouhahahaaa!
Je jurerais que B. a un peu de mal avec l'exubérance salace de D., mais moi je rigole et en plus, ça me fait plaisir de voir B. mal à l'aise.


Celui avec la salopette de travail, c'est G. L'ouvrier d'expérience. Tête grise, il est grand, mince et timide. Dans une autre vie, je l'imagine bibliothécaire. Dans un monastère au Moyen Age, genre. C'est un artiste, en tout cas il nous le dit souvent.
- Je vais vous arranger ça, vous allez voir ça va être beau. Je suis un artiste!
Toujours discret, on dirait qu'il marche continuellement sur la pointe des pieds. G. est vraiment trop gentil.
- Oh, dérangez-vous pas madame, dit-il de sa voix douce en entrant dans la maison avec sa chaisaw, je viens juste enlever la fenêtre de votre cuisine...

Puis finalement ici, c'est L., l'ouvrier le plus jeune. Lui et G. sont les premiers qui sont arrivés sur le chantier, en août. Cette journée là, L. nous avait dit en souriant:
- Vous pis moi, on va se voir pas mal souvent!
Avec sa casquette toujours vissée sur la tête, mes gars l'ont adopté. Il est très doux et a toujours du temps pour eux.
- Je parlais avec L, dit fièrement Albert, on discutait de la maternelle.
Notre maison est le plus gros projet de rénovation sur lequel L. a travaillé. Souvent, il nous accroche pour qu'on vienne voir à quel point ça avance:
- Ça va être ben beau han!
Lui-même n'est pas déplaisant à regarder. Il a toujours le sourire. Même avec la scie ronde, concentré à faire des angles impossibles. De toute l'équipe, c'est le seul qui nous appelle tous les deux par notre prénom. Ce qui plaît à mon social butterfly de chum:
- Tu trouves pas que L. est vraiment sympathique? me dit-il alors qu'on était tranquilles dans le lit. C'est un bel homme aussi, non?

- COU'DONC, es-tu amoureux de L.?!?

-
(voix de l'autre côté du mur) NON, C'EST TOI L'AMOUREUSE DE PAPA!

Tsé quand on dit que les rénos sont difficiles sur la vie d'un couple... Bin c'est ça.

mardi 12 juillet 2011

Plus ça change...

"Ce qui est inquiétant, c'est qu'on ne sait jamais quels produits toxiques et inutiles se retrouvent dans ce qu'on mange, à moins bien sûr, de savoir avec précision si ceux qui vous procurent les aliments sont des gens de confiance."
- ménagère interviewée en 1914

mardi 5 juillet 2011

L'abominable déclin du repas familial

Seulement 28% des Américains soupent en famille sept jours sur sept. En Grande-Bretagne, ils sont 38% à le faire. Selon la même enquête (Gallup 2004), 40% des Canadiens affirment souper ensemble de 4 à 6 fois par semaine.

C'est le déclin du repas familial Madeleine. Et c'est grave.
Des études faites dans les universités Columbia et Harvard montrent que la désintégration du souper en famille est un facteur qui contribue au stress familial, à l'obésité infantile et à la consommation de drogue et d'alcool par les adolescents.

C'est grave, oui. Parce que c'est un mythe.

Un mythe que le souper familial soit en déclin. Un mythe aussi que ça soit grave qu'il le soit.

On nous présente une image du repas familial qui est en réalité très romantique et ancrée culturellement dans un système de valeurs bien défini.

À lire certains magazines ou articles de journaux, le repas familial serait un rituel structuré qui n’aurait que des avantages pour la famille et, par extension, pour la société dans son ensemble.

Le fait que les familles mangent ensemble serait un indice de l’harmonie et de l’équilibre familial, où chacun peut s’épanouir. Un portrait idyllique menacé par la modernité et les maux qui l’accompagnent.

Quelles sont les causes identifiées de cette désintégration du repas familial?

L’entrée des femmes sur le marché du travail, diantre! Parfois, c'est quand même dit de façon plus polie: "le fait que les deux conjoints travaillent". Ensuite, ce serait la course folle qu’impose le travail, les activités sociales ou parascolaires des enfants et la distance entre le lieu de travail et la maison.

Autrement dit, le modèle social qui permet au repas familial tel qu'on l'entend de prévaloir, est celui d'une société où les femmes sont à la maison avec leurs enfants.

L'affaire, c'est que l'être humain n'a pas de tout temps mangé en famille. Au contraire même.

La structure du repas familial est née dans l’aristocratie et la bourgeoisie françaises du 18ième siècle. Ensuite, le fait de se conformer au modèle du repas bourgeois symbolisait à la fois la cohésion d’une famille et sa réussite sociale.

Évidemment, au début du 20e siècle, une minorité de gens parvenaient à mettre en pratique ce modèle. Dans les familles ouvrières ou paysannes par exemple, il arrivait souvent que tous ne mangent ni à la même heure, ni les mêmes plats. C'est seulement après la deuxième guerre mondiale, alors que les conditions de vie des familles s'améliorent que le repas idéalisé devint une réalité pour la classe moyenne en croissance.

On n'a jamais autant mangé en famille qu'au début des années 1950.

Tout ça pour dire que le repas familial traditionnel, celui que plusieurs vante, ben il renvoie à une norme arbitraire.

Si l'on tient compte de l'histoire, de la classe sociale à laquelle appartiennent les mangeurs, de leur sexe et leur âge et des multiples modèles de familles qu'a connu l'humanité, le repas familial traditionnel n'est qu'une idée, une représentation quoi.

Cette idée peut être valorisée bien sûr. Elle peut aussi être manipulée et instrumentalisée même. Faut juste être conscient qu'elle ne reste qu'une idée.

Une idée que l'on doit parfois relativiser.

samedi 21 août 2010

Sacré Betty

Même si je sais faire de multiples gâteaux,
(et je te rappellerai ici mon gâteau au fromage Madeleine)
une fois de temps en temps, je cède aux demandes des enfants qui succombent à l'épicerie aux charmes de cette bonne vieille Betty.
Ouan, avec le glaçage pis toute même.

Pendant que j'enfile mon tablier et sort ma mixette, laisse-moi te raconter l'anecdote sur la mise en marché des mélanges à gâteaux Betty Crocker. Je l'adore, tu la connais peut-être...

Dès 1931, General Mills s'intéresse aux mélanges avec entre autre le Bisquick, un mélange à biscuits à base de farine, de sel, de shortening et de poudre à pâte qui connaîtra un immense succès.

En 1948, Pillsbury est le premier à mettre en marché un mélange à gâteau, au chocolat. Duncan Hins suit en 1951 avec le "Three Stars Surprise Mix" qui en trois semaines seulement, occupera 48% du marché des gâteaux en poudre.

Betty Crocker arrive en 1952 avec le gâteau doré, puis le gâteau blanc. Viennent ensuite ceux aux épices (1953), des anges (1953), marbré (1954) et Chocolat Malt (1955).
Le marketing de ces mélanges s'appuient évidemment sur la facilité et la simplicité d'avoir un gâteau frais, fait maison. Cependant, les ventes ne décollent pas comme on avait pensé qu'elles le feraient.

Les spécialistes en marketing ne comprennent pas. Ils créent alors de nouveau messages qui insistent sur l'aspect pratique du mélange à gâteau. Une merveille de la science moderne! Vous n'avez qu'à mettre dans un bol, ajouter de l'eau, brasser et voilà!

Rien n'y fait.

General Mills se tourne alors vers deux psychologues des affaires, les docteurs Burleigh Gardner et Ernet Dichter afin de les aider à comprendre ces ventes stagnantes.

Le problème selon les deux experts, ce sont les oeufs.

Dichter en particulier croit que les oeufs en poudre utilisés dans les mélanges à gâteaux doivent être mis de côté afin que la ménagère puisse elle même ajouter un oeuf frais à son mélange, lui donnant ainsi l'impression de contribuer directement à la fabrication du gâteau. Peu importe si cela complique le processus.

Pour la ménagère, affirme Dichter, faire un gâteau est un acte d'amour envers sa famille et lui demander de n'ajouter que de l'eau à son mélange rend cet amour moins riche.

C'est ainsi que Betty Crocker devient la première marque à laisser tomber les oeufs déshydratés dans leurs mélanges à gâteau.

Le fait que l'ajout d'oeufs frais rendent meilleur ou moins bon le gâteau n'est pas important. Il s'agit d'une décision purement marketing. General Mills dans sa publicité insiste alors sur le fait que la marque n'utilise sous aucune façon de poudre d'oeuf dans ses mélanges. On célèbre l'authenticité du gâteau fait maison.

Bingo. Cette sacré Betty distance tous ses concurrents.
Morale de cette histoire, il est si simple de se faire aimer de nos enfants. Peu importe ce que l'on fait, on n'a qu'à ajouter un oeuf.

Source: Finding Betty Crocker, The Secret Life of America's First Lady of Food, de Suzan Marks

vendredi 23 juillet 2010

La nageuse

Puisque tu parles de course à pied.
Je nage depuis toujours. J'aime être dans l'eau. Vraiment. Beaucoup. Ouais, autant que ça et même plus.

Moi lors d'une p'tite saucette

Cependant depuis quelques semaines, bin je cours.

Je ne voulais pas courir. Je n'ai jamais voulu courir. À propos de la course à pied, je partage plutôt l'avis de Neil Armstrong. Tout ça m'inquiète même un peu. Beaucoup. Sans compter qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver pendant un jogging et que mon chum pourrait le prendre personnel.

Mais voilà.

Avec les beaux jours, les enfants en vacances et mon horaire de travail différent, c'est moins facile d'aller s'enfermer quatre heures par semaine dans une piscine intérieure. Alors un bon matin, j'ai pris mon Ipod et mes runnings et au lieu d'aller marcher, je me suis mise à courir.

Au fond, peut-être que je ne cours pas vraiment non plus. Avec mes 10 km par semaine, on se moquerait de moi dans ton club de course.

Autant je peux enfiler avec aisance les heures à nager à pleine puissance, autant mes quelques milliers de mètres de course me tuent. Un combat constant contre moi-même.

Un marathonien d'expérience me disait qu'il courait avec plaisir une heure. Le reste n'étant que souffrance. Je ne sais trop s'il pensait m'encourager. Décidemment, quelque chose m'échappe et je ne suis pas certaine de vouloir comprendre.

Reste que je cours quand même. Juste pour voir jusqu'où je peux aller. Et en combien de temps.

Sauf que depuis que je cours, j'ai pris 3 kilos! Alors du coup, ça ne va plus. Je n'ai pas envie de prendre quelques kilos. Pas envie du tout. Je ne fais pas d'exercise pour perdre du poids, de toute façon, ça ne marche pas comme ça. Mais quand même!

Je tombe dans le piège de la faim. J'ai bien essayé de courir le matin. Ou avant mes repas. Ou tout de suite après. Ou en milieu d'après-midi.

J'ai faim, que veux-tu.

Fait chier.

Reste que je cours quand même.
Jusqu'à ce que les gars retournent à l'école, que je reprenne mon horaire habituel, qu'il se mette à faire un peu moins beau et que se dégagent quatre belles heures où l'appel de l'eau sera
plus
fort
que
tout
.

samedi 12 juin 2010

Les déchetariens

Ce n'est pas si étrange,

de se nourrir dans les poubelles!

Dans La Presse de ce matin sous la plume de Stéphanie Bérubé, un article sur le gaspillage alimentaire. Un sujet tabou où les entreprises ne veulent pas révéler la quantité de nourriture qui se retrouve à la poubelle.

De leur côté, les déchetariens mangent sans débourser un sous. Et ça ne semble pas si mal si on se fie à la bande-annonce du film Dive du cinéaste états-unien Jeremy Seifert!

samedi 17 avril 2010

Ça mijote!

Hors sujet mais,
pour les prochaines semaines, nous serons pas mal occupées avec notre livre qui sort.
Quoiqu'il en soit, ma clé USB est pleines de photos en attentes de mots à coller ici. Reste plus qu'à trouver le temps pour le faire...

Je trouverai. Après tout, on en est pas à une conciliation près, han Madeleine?

vendredi 2 avril 2010

#ff @BobTheExVegan

À cause du travail,
je suis sur le Twitter (@NieDesrochers), comme le disent mes collègues du @sportnographe.

Par un fil ténu qui entrelace différents réseaux pour n'en faire qu'un seul, je suis tombée sur @BobTheExVegan, que je me suis empressée de suivre.

C'est exactement ce que Bob est: un ex-végétalien. C'est exactement ce qui le rend si charmant.
RT @BobTheExVegan : The best thing about being a long-term #vegan is giving veganism up and rediscovering the joy of meat, cheese, and eggs

RT @BobTheExVegan : Just picked up a lamb roast at the butcher. Will cook it for supper :)
En réalité, peut-être que Bob n'existe pas et qu'il est payé par l'Internationale des producteurs de viande... #theorieducomplot

N'empêche qu'il est pour le moins jouissif de lire le plaisir de la viande chez quelqu'un qui s'en est si longtemps privé.
#petitcotevoyeur
RT @BobTheExVegan : My turn to cook supper. Going to roast a chicken with nice crispy skin.
Et il n'est pas seul! Beaucoup de défroqués prennent la parole. Il existe sur internet toute une communauté d'ex-végétaliens, s'abreuvant aux paroles de Lierre Keith, auteure du livre The Vegetarian Myth et entartée tout récemment par 3 militants végétaliens alors qu'elle donnait une conférence.
#lemondeestdontbenbitch

Quoiqu'il en soit, c'est le weekend de Pâques et une petite recette de gigot d'agneau de sept heures en l'honneur de @BobTheExVegan pourra peut-être en inspirer d'autres. Il en existe des milliers de variations, mais en voici une toute simple.
#surtoutnemeremerciezpas

Agneau de sept heures
1 gigot ou épaule avec os (tellement plus meilleur quand il y a l'os)
un peu d'huile d'olive
2 gros oignons
quelques gousses d'ail en chemise
fleur de sel
1 branche de romarin
1 branche de thym
un verre de vin blanc ou un fond de bouillon de poulet

Couper les oignons.

Frotter le gigot avec la fleur de sel.

Dans une cocotte en fonte,
faire chauffer l'huile d'olive à feu vif
et saisir l'agneau sur toutes les faces.

Ajouter l'oignon
et laisser suer 5 minutes.

Mouiller avec le vin blanc et ajouter l'ail (avec la pelure) et les fines herbes.

Enfourner à chaud à 250.
Cuire pendant sept heures en arrosant de temps à autre.
Profiter de l'arôme qui décore la maison.

Laisser reposer la viande une demi heure avant de servir.

Trouver que Dieu est Grand
et que Maman j'ai faim! est franchement un chouette blogue.

#recettesisimplemaisvachementdelirante

dimanche 7 février 2010

L'éléphant et la protéine

Regardez bien cet animal.
Avec ses 4 mètres et ses 7,7 tonnes, l'éléphant d'Afrique est le plus gros mammifère terrestre. Il croit avec une diète uniquement végétarienne en dévorant en effet jusqu'à 200 kg de plantes par jour.

Cet éléphant ne vous semble pas dubitatif? Ouais. C'est parce que lorsque le photographe l'a croqué, il était en train de se demander:
- Avec ce que j'ai mangé aujourd'hui, aie-je une protéine complète?
Non. Bien sûr que ce n'est pas ce à quoi il pense. Plus futé que nous, le pachyderme sait bien que cette histoire de protéine complète est en fait un mythe qui, bien que n'ayant aucune base scientifique, perdure.

Depuis que nous en sommes à quatre repas végétariens par semaine, cette question de protéine complète commençait à me tarabuster. Vingt ans de métier ne sont pas sans laisser de traces, il fallait que je remonte aux sources.

Dans son livre La Grande cuisine végétarienne, Vicky Chelf Hudon nous informe de la complémentarité des protéines.
Tous les aliments classés dans le groupe viande et produits laitiers constituent une source de protéines complètes, c'est-à-dire qu'ils contiennent les huit acides aminés essentiels. Les aliments des autres groupes contiennent des protéines incomplètes, donc déficientes en ce qui regarde certains acides aminés. Pour obtenir des protéines complètes, on doit donc combiner dans le même repas des aliments appartenant à deux groupes différents.
Ce principe de la complémentarité des protéines est d'abord exposé par Frances Moore Lappé, dans un bestseller publié en 1971, Diet for a Small Planet. Or, Frances Moore Lappé n'était ni nutritionniste, ni médecin. Ses observations se basaient plutôt sur des recherches du XIXe siècle. Malgré tout, le National Research Council et l'American Dietetic Association endossent son point de vue en affirmant à leur tour que les protéines végétales seraient inférieurs et auraient besoin d'être combinées.

L'American Dietetic Association entreprend des recherches et fini par rapidement abandonner la prise de position initiale.
Vernon Young and Peter Pellet published their paper that became the definitive contemporary guide to protein metabolism in humans. And it also confirmed that complementing proteins at meals was totally unecessary.
- Susan Havala Hobbs, Ph.D, R.D, American Dietetic Association
De son côté, en 1981, dans une réédition de son livre, Moore Lappé admet son erreur avec grâce en écrivant:
En voulant défaire un mythe (celui de l'impossibilité d'éliminer la faim dans le monde), j'en ai créé un autre - celui de la complémentarité des protéines.
Plusieurs autres suivent la voie:
It was once thought that various plant foods had to be eaten together to get their full protein value, otherwise known as protein combining or protein complementing. Intentional combining is not necessary to obtain all of the essential amino acids.

Malgré tout, près de 30 ans plus tard, le mythe tient bon!

  • L'American Heart Association continue d'avancer que les protéines végétales sont incomplètes (ou moment où la consommation de viande est liée à une augmentation des maladies coronariennes);
  • Le prestigieux Harvard School of Public Health affirme que les fruits et légumes sont plus propices à contenir des protéines incomplètes;
Certains mythes ont la vie dure, très dure. Même si le chercheur sur lequel l'American Heart Association s'appuie pour défendre sa position affirme:
Contrary to general opinion, the distinction between dietary protein sources in terms of the nutritional superiority of animal over plant proteins is much more difficult to demonstrate and less relevant in human nutrition.
- Millward DJ
Rien n'y fait, l'Association persiste et signe: les protéines végétales sont incomplètes.

Là bas dans la savane, l'éléphant n'en a rien à foutre de ces débats d'experts. Il sait bien lui qu'il atteint ses 7 tonnes et demi seulement en se nourrissant jour après jour des mêmes plantes. D'ailleurs, si vous le croisez, il pourrait fort bien vous citer ce qu'il a lu dans Veganomicon.
Next time people ask you the million-dollar question, "But where do you get your protein?" ask them wich essential amino acid they are the most concerned about.
Comme on dit, ça ne trompe pas.