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lundi 25 juillet 2011

mardi 12 juillet 2011

Plus ça change...

"Ce qui est inquiétant, c'est qu'on ne sait jamais quels produits toxiques et inutiles se retrouvent dans ce qu'on mange, à moins bien sûr, de savoir avec précision si ceux qui vous procurent les aliments sont des gens de confiance."
- ménagère interviewée en 1914

mardi 28 juin 2011

De retour après la pause

Saucisses de foie, Miracle Whip et radis.




Satisfaire la femme d'aujourd'hui




Les Super-Patties, les pétaks nouvelle manière

samedi 25 juin 2011

La Crise de 29

Dans les années 1930, tout comme le reste de l'Occident, le Canada connaît une grave crise économique. De fait, le pays se place au 2e rang de ceux qui seront le plus touchés. Ainsi, entre 1929 et 1933, 1,5 million de Canadiens vivent des allocations du secours direct. Ça représente 15% de la population.

Montréal, centre économique du pays à cette époque, est frappée de plein fouet: 28% de sa population vit des allocations de l'État.





Les familles qui vivent des secours directs ne reçoivent même pas la moitié de la somme nécessaire pour assurer leur subsistance. Par exemple en 1933, on estime que seulement 55% des adultes et 47% des enfants qui vivent de l'assistance publique s'alimentent suffisamment. Après 5 ans d'assistance, le pourcentage des gens qui présentent des carences alimentaires s'élève à 49%.

Ça me fait penser aux Inuits tiens.

Dans son livre Ménagères au temps de la crise, l'historienne Denyse Baillargeon retrace ce que les femmes cuisinaient: des plats mijotés, des ragoûts, des fricassées, des bouillis. Les plats en sauce, à base d'eau et de farine, représentaient aussi une solution économique parce qu'ils ne contenaient pas de viande.

Comme les familles étaient souvent nombreuses et les revenus plus que limités, il était difficile de couper dans les quantités. C'est la qualité qui écopait.


"Je faisais de la sauce blanche avec des patates, de la sauce blanche avec des oeufs, de la sauce blanche avec des petites fèves, de la sauce blanche avec du saumon. On a mangé pas mal de colle!"

Impossible pour les femmes d'acheter en grosse quantité, ce qui leur aurait permi de faire des conserves par exemple.

"J'ai jamais canné rien; d'abord j'avais pas d'argent pour mettre là-dessus, acheter les pots et acheter tout ce qu'il fallait, j'avais pas d'argent pour ça"; "On avait pas d'argent pour acheter rien. Comment voulez-vous qu'on achète tout pour faire du ketchup, puis des affaires comme ça! On avait une ration de sucre; pour faire des confitures, ça prend bien du sucre; on en faisait pas."
Même si elles étaient ingénieuses, plusieurs femmes interrogées par l'historienne racontent avoir dû se priver de nourriture pour la laisser à leurs enfants. Les jours où il ne restait presque rien à manger, un père de famille s'éclipsait vers l'heure du dîner sous prétexte de trouver du travail afin que sa femme et ses enfants se partagent la nourriture disponible.

"On a souvent mangé des beurrées de moutarde avant que l'autre chèque arrive. Quand on arrivait sur les derniers miles là, on avait un petit pot de moutarde, puis quelques morceaux de pain puis on se disait, on se contenter de ça, qu'est-ce que tu veux, on en a pas plus. Ma belle-mère venait chercher ma petite. Moi, du moment que ma petite mangeait, le reste, je savais qu'on pourrait s'arranger."
La vie était dure, c'était difficile de garder espoir.

"Des fois, je pleurais. Il disait: "Laisse donc faire la poune, on mange notre pain noir; on va manger notre pain blanc plus tard, tu vas voir."

Denyse Baillargeon; Ménagères au temps de la crise

vendredi 20 mai 2011

Les bonbons du vendredi

Le vendredi, mes garçons arrivent en autobus. Ils viennent tout juste de rentrer là. Et le vendredi, je les attends avec des bonbons. De toutes les couleurs et de toutes les textures. À l'épicerie, je choisis mes bonbons et j'imagine la tête qu'ils vont faire. Ça me rend heureuse.

Les bonbons du vendredi.





Quand j'étais enfant, ma grand-mère gardait ses bonbons dans une immense jarre. Dans mon souvenir, la jarre avait la forme d'un ourson. Brune. Très lourde. Elle la rangeait dans le garde-manger. Juste au milieu, sur la tablette la plus haute.

Le dimanche lorsqu'elle sortait la jarre, tous ses petits-enfants tournoyaient autour d'elle. Elle nous la tendait et on y plongeait notre main à la recherche de la plus grande quantité possible de bonbons.

Ça semble mignon comme ça, mais c'était la guerre. Parce que j'étais parmi les plus jeunes. J'avais les plus petites mains. Et j'étais la seule fille.

Mes cousins les plus vieux n'avaient aucun scrupule à écraser les petits et encore moins les filles. Avec leurs grandes mains, ils raflaient les meilleures prises. À moins qu'une tante n'intervienne, nous les petits, on était pris avec les clannedacks.

La jarre de bonbons de ma grand-mère, ce que j'en ai rêvé. J'ouvrais le garde-manger à son insu, je gravissais les tablettes et je plongeais ma main dans cette jarre. Seule. Tous les bonbons du monde dans cet ourson.

Aujourd'hui je pense plutôt à ma grand-mère. J'aurais aimé la voir acheter les bonbons à l'épicerie. Si ça la rendait heureuse: "Ah tiens, des suçons. Et des rockets, ça fait longtemps! Est-ce qu'il me reste de clannedacks pour les petits?".

J'aurais voulu l'observer ensuite pendant qu'elle les plaçait dans sa jarre. Je me demande si elle le faisait en pensant à nous, ses petits-enfants. À moi, sa petite-fille aux petites mains.

Parce que moi, quand je sers les bonbons du vendredi, c'est immanquable: je pense à elle.

mardi 19 avril 2011

Comment faire la vaisselle

Entre les deux grandes guerres, les architectes de nos maisons imposent l'image de la cuisine laboratoire: les mets préparés d'une manière scientifique.


C'est comme ça qu'ils dissèquent les moindres geste de la ménagère pour dessiner des cuisines performantes.


Voici comment, dans les années 1930, l'architecte Jean Delhaye décompose le processus du lavage de la vaisselle:



  1. Amenée de la vaisselle - La vaisselle à laver est sortie de l’armoire et déposée sur la tablette de l’évier dans un ordre de préférence : certains objets devant être lavés avant d’autres.

  2. Immersion - Une partie de la vaisselle est alors immergée dans de l’eau chaude contenue dans la cuvette de l’évier (nous ne parlons plus de la bassine à vaisselle, devenue désuète).

  3. Lavage – Par la main gauche, la ménagère retire successivement chaque objet qui sera lavé par l’intermédiaire de la main droite.

  4. Rinçage – L’objet, toujours tenu par la main gauche, est plongé dans la cuvette de rinçage, retiré et

  5. Egouttage – est déposé sur l’égouttoir. Ces trois dernières opérations sont répétées autant de fois qu’il y a d’objets à nettoyer.

  6. Séchage – La ménagère, reprenant les différents objets placés sur l’égouttoir, les essuie et les dépose sur la table desserte, laquelle sera ensuite dirigée vers les armoires et meubles destinés à recevoir la vaisselle propre.

Six étapes faciles. Une de plus que ma tourtière tiens.