mardi 15 février 2011
Mangeurs de viande
Parfois, c'est dit avec tellement d'avidité qu'on croirait entendre des petits Australopithèques. C'est que nos premiers ancêtres mangeaient de la viande. En fait, selon la préhistorienne Marylène Patou-Mathis, ils étaient des "omnivores opportunistes".
J'adore.
Ces premiers Hominidés consommaient surtout des plantes et des invertébrés, mais ils étaient assez organisés pour réussir à voler à des carnivores des morceaux de proies encore riches en viande.
"Encore de la viande maman!" Mes enfants ont tout à fait le profil du carnivore opportuniste. Ils mangent de tout ouais et le plus souvent sans rechigner, mais quand je fais de la viande, la canine prend tout son sens.
Je parle des Australopithèques, mais je pourrais tout aussi bien parler des Sapiens - les sages. Oui parce que certains chercheurs croient que l'acquisition de capacités cognitives typiquement humaines, il y a 2 millions d'années, résultent d'un changement dans le mode d'alimentation, notamment d'une consommation accrue de viande.
D'autres travaux ont montré que la consommation de viande est à l'origine de la socialisation de l'homme. Dans le sens où la chasse et ses rituels très hierarchisés, qui n'étaient pas aussi forts dans la cueillette, ont favorisé l'émergence de l'homme sociétal.
L'hiver, je suis très femme sociétale en tout cas. Et mes enfants sont très full cognitifs aussi. "Encore de la viande" Alors que veux-tu, je participe au Grand Massacre des Animaux d'Élevage. Avec tout mon amour, je la mijote, je la braise, je laisse longtemps au four et en plus du coeur, ça réchauffe toute la maison.
Rrrrrrr, de la viande ce que c'est bon.
Ça ne m'empêche pas d'acheter du tofu chaque semaine et de cuisiner des gâteaux sans oeufs. Bien sûr que non. Pourquoi ça le ferait? Après tout chez nous, on est 100% végétariens. Quand on ne mange pas de viande.
vendredi 4 février 2011
Beau body
Pas mal hein?
mardi 1 février 2011
Bébé muffins ou la transmission du savoir
Oui madame, en silicone. Amélie sera fière de moi.
Tu les remplis, tu les enfournes comme d'habitude en prenant soin de bien les tenir parce qu'ils sont mous. Quand c'est prêt, tu n'as qu'à secouer ton moule et tu as une pluie de mini muffins.
Dimanche, j'ai donc fait des mini muffins. Plein de mini muffins. 60 pour être exacte. J'ai enfourné quatre fois parce que, ben, ils sont mini et fallait en faire beaucoup pour passer tout mon mélange.
Des bébés muffins! se sont exclamés les enfants devant l'amoncellement de muffins sur la table.
Même recette
+
Nouveau mini moule
=
Bébé muffins
=
Enthousiasme délirant
Je les comprends. Moi aussi j'aime ça les petites choses. C'est cute. J'aime les grandes choses aussi, mais tout ce qui est petit, quand même, ça attendrit.
Comme les bébés, tiens. J'adore les bébés. J'en suis folle. Quand je vois un bébé, je suis comme les enfants devant les mini muffins.
Un bébé. Ce serait bien. Ça chasserait mon blues d'hiver. Ça ou un voyage dans le Sud. Ou un voyage à Paris? Ah oui! C'est ça! Un voyage à Paris pour voir mon bébé nièce Juliette qui plus mignonne que tout!
Voyage
+
Paris
=
Bébé Juliette
=
Fin du blues d'hiver
Je vais soumettre le projet à l'homme.
Si je remplis le congélo de mini muffins, il auront de quoi tenir quelques jours, non?
Je vais demander au boss de décider, tiens.
lundi 24 janvier 2011
Dead of winter
Tellement froid, en fait, que, depuis deux jours, Hydro demande aux citoyens de réduire la consommation d'électricité aux heures de pointe, soit entre 6h et 9h, et 16h et 20h.
Alors, j'attends.
Ça ne me dérange pas d'attendre. Moi, habituellement si impatiente, j'aime bien l'hiver pour le repos qu'il m'autorise. Je pourrais hiberner comme ça encore longtemps. Pourvu qu'on me laisse dormir.
Et ne pas faire de lavage.
vendredi 21 janvier 2011
Les crèmes



mardi 18 janvier 2011
Le petit garçon et le Ziploc
Chez nous l'hiver, on adore les beignes de Noël. Surtout Albi.
Ce 3e fils, Albert, est né une semaine avant la date prévue. Moi qui avait pondu d'énormes bébés, je le trouvais si fragile avec son minuscule 9 livres et 2 onces et si petit avec ses 54cm. Pendant les premières semaines de sa vie, on l'appelait d'ailleurs avec tendresse: notre petit prématuré.

Je n'ai jamais eu conscience de le nourrir plus que les autres mais reste qu'Albert a très vite montré de belles rondeurs. Alors on s'est mis à l'appeler amoureusement: notre petit dodu.
Depuis qu'Albert mange de la nourriture solide, il grignote. Toujours. Comme Alceste dans le Petit Nicolas, il a constamment de la nourriture dans les mains. C'est comme ça que je retrouve des pelures de clémentines dans les fentes du sofa, des coeurs de pommes dans son lit, des boîtes vides de biscuits plein mes armoires.
Ou bien des sacs Ziplocs dans le sous-sol.
À presque 5 ans, ses petites mains sont toutes rondes et l'on perçoit encore son bedon de bébé. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on le surnomme avec affection: Chubby Bert.
Cet automne, Albi a été malade. Une grippe, puis une gastro. Je le trouvais chétif. À la garderie, jour après jour son éducatrice me confiait avec inquiétude: "Au dîner, il n'a demandé que deux portions!" Bon sang. Aussi bien dire qu'il n'avait rien mangé, pauvre petit chou! Il avait maigri, ça se voyait.
J'étais heureuse pendant les Fêtes de constater qu'il profitait bien, sans doute aidé par mon abondante et savoureuse cuisine maison.
Prépare le chocolat chaud.
Allume le four pour réchauffer les beignes.
Descends au sous-sol chercher un sac de beignes.
Sauf qu'il n'y avait plus un seul beigne dans le congélo. Juste un sac Ziploc. Vide.
Confuse et horrifiée, je me suis alors souvenue de ce Ziploc trouvé sur le sofa. Puis de cet autre sac aperçu dans la poubelle de la toilette. Et de celui-là dans ma salle de lavage...
lundi 6 décembre 2010
en ce moment, il neige.
Avec mes deux poussins à mes côtés, j'attends mes gars qui doivent entrer de l'école d'une seconde à l'autre.
Je suis en congé.
Et ce matin, je suis allée faire le plein de vrac chez Tootsie. Ça faisait un an que je n'y étais pas allée. Ça me manquait tellement que... j'ai eu un rabais sur la quantité. En plus vendredi, je cuisine mes gâteaux aux fruits.
1kg de fruits dans chaque gâteau, ça c'est du vrai bon stock madame. Aussi bien profiter du rabais.
Alors en regardant la neige qui floconne, je range mes provisions un peu partout dans mes armoires de cuisine trop petites. Je me sens riche.
Je pense que je vais me faire un thé.
vendredi 3 décembre 2010
mardi 30 novembre 2010
TGIF
Pendant que les enfants mangeaient des restants de la semaine et que j'attendais mon homme, je me suis préparée. Quand il est entré, vers 19h, on s'est tapé dans la main et je suis partie.
Dans l'auto, j'ai écouté le Sportnographe. C'était agréable d'être seule et de rouler dans le noir.
Premier arrêt. Il n'y avait pas grand monde, mais la musique était amusante. Des oldies des années 80. Il y a eu Girls just wanna have fun de Cindy Lauper, entre autres. Ça m'a rappelé le lipsinc que j'avais fait au centre des loisirs du quartier en 1984 environ. J'ai aussi entendu un remix de Like a virgin. Madonna, Cindy Lauper. C'était pas facile de prendre partie. J'aimais secrètement Madonna même si je préférais affirmé que j'aimais seulement Cindy. J'aurais voulu avoir ses cheveux.
Après avoir fait tout ce que j'avais à y faire, j'ai quitté cet endroit pour un autre.
Cette fois-ci, c'était bondé. C'est ici qu'on veille, me suis-je dit. Mais pour l'ambiance, c'était zéro. Une lumière blastée, un décor trop jaune, un look entrepôt. Pour la musique, je ne m'en souviens plus. J'étais trop occupée à me faire un passage entre les gens. Il faut dire qu'ils avaient complètement reconfigurer l'espace. Je ne me retrouvais plus. Et puis, j'ai commencé à me sentir fatiguée. J'ai décidé de rentrer.
Dans l'auto, la fin du Sportnographe. J'ai ri en écoutant des clips audio de commentateurs qui se mêlent dans leur passé simple. Les rues étaient tranquilles, enfin, pour ma ville. Elles étaient mouillées, aussi. Je ne le savais pas encore mais, le lendemain, elles seraient couvertes de neige.
À la maison, mon homme m'attendait. Il a ouvert la porte avant même que j'aie le temps de glisser ma clé dans la serrure.
Il a tendu les bras vers moi.
Je lui ai tendu les sacs d'épicerie.
********
Comme il y avait du hockey, et comme la soirée était encore jeune, j'ai décidé de repartir, à pied cette fois.
J'avais un dernier endroit à visiter. Une soirée privée. Fallait sonner cette fois.
Mon amie Amélie m'a ouvert la porte dans son leggings et son gros chandail. On s'est assises au comptoir déjeuner qui nous servait de bar. Elle m'a versé un verre de Lanlande Pomerol. On a jasé. J'ai fouillé un peu dans sa garde-robe à la recherche d'une tenue pour mon party de Noël. Entre deux périodes, son homme est venu nous versé un autre verre de vin. Puis on a parlé encore. On a ri aussi, bien sûr.
Vers 22h40, on a toutes les deux baillé. En bas, son homme ronflait devant les nouvelles.
Alors, j'ai avalé ma dernière gorgée, j'ai mis mon manteau et je suis partie.
Dehors, il faisait frais, c'était un peu glissant. Je ne savais pas encore que le lendemain j'aurais à mettre mes bottes d'hiver.
Mon homme, cette fois, ne m'a pas accueillie. Il ronflait lui aussi devant la télé.
J'ai tamisé les lumières du salon, j'ai mis mon pyjama et je me suis glissé dans notre lit.
Dieu merci, les vendredis.
mercredi 3 février 2010
Mode survie
Dans ton frigo, il n'y a presque plus de fruits, presque plus de légumes, surtout pas de fromage, et certaines denrées essentielles commencent à manquer et pourtant, tu t'obstines à ne pas faire l'épicerie. Ça t'arrive?
C'est mon cas depuis... le mois de décembre.
Rassures-toi, je n'affame personne. Je vais bien de temps en temps À l'épicerie, mais je ne FAIS PAS l'épicerie. À l'occasion, j'achète des fruits et des légumes frais. Quand certaines denrées essentielles s'épuisent (des oeufs, de l'huile, du sucre) je note sur un carnet et j'attends d'avoir une petite liste, puis j'y vais. Mais sinon, c'est le statut quo.
J'attends. J'hiberne. Je décongèle.
Parfois, on me demande des comptes. "Y'a rien à manger, maman!" et je me montre évasive "Oui, je sais. Il faut que je fasse l'épicerie bientôt." Pour éviter les vives protestations, je fais diversion: je cuisine des gâteaux blancs, des biscuits à rien, je sors des compotes de pommes du congélo. Sinon, je vis d'inventivité, de répétitions, de simplicité. Et puis, je vide. N'aie-je pas fait des réserves cet automne justement pour pouvoir paresser cet hiver?
Ce n'est pas que je n'ai pas envie de cuisiner, au contraire, je ne veux simplement pas me rendre à l'épicerie: les produits sont moches, trop chers, viennent de trop loin. Je n'y suis pas attachée. Ça ne me dit rien.
J'aimerais beaucoup que ma famille se satisfasse de rien. "Qu'est-ce qu'il y a pour souper m'man?" "Des graines de tournesol, et des amandes, de la compote de pommes, et des patates." Je ne sais trop pourquoi, ils protestent.
Malgré tout, je continue de procrastiner. Encore du temps, un peu de temps, je vais bien finir par me ressaisir.
Il le faut d'ailleurs. Dans le congelo, plus de viande. Si, dimanche, je ne sers pas à mon homme sa seule et unique (et insuffisante) ration hebdomadaire de viande rouge, j'ai bien peur qu'il se trouve une autre famille. Et puis, je veux pas. Je préfère qu'il reste. Je le trouve plutôt chouette.
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Évidemment, mon mode de survie n'a rien à voir avec le leur.
L'aide alimentaire vient de débuter à Haïti. On donne les aliments aux femmes en priorité. Parce qu'elles sont plus calmes, dit-on dans l'article. Peut-être aussi parce qu'on est plus certain que la nourriture qu'elles iront chercher ira à leurs enfants. En donnant à une mère, ne nourrit-on pas une famille? Et en nourrissant des familles, ne nourrit-on pas une communauté?
C'est comme ça que, petit à petit, se rebâtit un pays.











