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jeudi 31 mars 2011

De l'air frais

Fait froid encore.
Mais on le sait que ça achève.

Parce que la lumière.

Et moi, j'ai envie de frais.
Du frais avec pas de viande.

Alors on s'invente des tables de soleil.
Même si on est pas en saison.
Des artichauts avec de la hollandaise.
Et des bruschettas pleins de tomates.


Les bruschettas, c'est trop simple.

On coupe des tomates de toutes les couleurs en cubes.
On les dépose dans un bol.
On verse de l'huile d'olive
et on soupoudre de basilic frais haché,
de sel, de poivre.

Ensuite, le meilleur pain italien
doré au poêlon
dans une bonne huile d'olive.
Beaucoup d'huile d'olive.

Puis on frotte sur chaque tranche
une gousse d'ail coupée en deux.

On verse un belle louchée de tomates sur nos pains.

Et ça se mange tout seul.

vendredi 4 février 2011

Beau body

Regarde moi cette miche.
Pas mal hein?

Moi aussi j'avais arrêté de faire du pain. Faut dire que l'été, on en mange beaucoup moins. Alors j'en ai beaucoup perdu. Et cet automne, on en a pas tant mangé que ça non plus. À vrai dire, je m'étais tannée de ma recette. Je la réussissais moins bien on dirait.

Mais là, c'est l'hiver et l'hiver, ça prend du pain. En plus, j'adore cuisiner l'hiver.

Une recette avec du lait, du beurre et du pétrissage. Oui, oui du pétrissage. Je sais pas pourquoi le pétrissage semble tellement faire peur aux boulangers du dimanche... C'est pas vraiment plus long au fond. Je sens mes bras qui travaillent. Je pétris jusqu'à ce que ça brûle. Je médite. Sur ma pâte. Ma miche. L'hiver.
Et sur les beaux bras fermes que je vais avoir au printemps.

C'est bien sûr sur Le Pétrin que je trouvé ma nouvelle recette.

mercredi 26 janvier 2011

Tequila Sunrise

Ces temps-ci, je porte du vernis à ongles et je bois des Tequila Sunrise.
As-tu déjà bu ça Madeleine, un Tequila Sunrise?

C’est que j’écoute en rafale la série américaine Mad Men. Ça se déroule dans les années 1960. La série raconte les histoires professionnelles et personnelles des publicitaires de Madison Avenue, à New York. À travers ces histoires, se déploient les changements sociaux et moraux qui ont lieu à cette époque aux Etats-Unis.

Ce qui saute aux yeux, c’est la vie des femmes, évidemment. Petite épouse confinée au foyer à éduquer les enfants ou secrétaire célibataire qui se fait peloter les seins, impossible de ne pas voir tout ce dont elles sont privées.

Sauf qu’au moment où on est censé réaliser tout ce qu’on a gagné, de mon côté je vois quand même un peu tout ce qu’on a perdu…

Je sais, elles vont hurler...

T’es-tu déjà mise belle pour accueillir ton chum qui revient du boulot avec un bon repas? As-tu déjà choisi la taille de ton décolleté en fonction de qui tu allais rencontrer au bureau?

As-tu ça, une nuisette, Madeleine?

Aujourd’hui, qu’est-ce que c’est être une femme?

En laissant tomber certains codes, certains rôles définis entre les sexes, n’a-t-on pas aussi laissé tomber un certain art de vivre?

Je ne sais pas.

C’est peut-être le printemps imaginé qui me donne soif de féminité. L’envie d’avoir un peu moins de chaos poussiéreux et plus de souper aux chandelles en talons hauts.

Ché pas.

Sais-tu, je vais y penser en lavant la vaisselle. Avec mes nouveaux gants en latex, la vaisselle.

Faut bien protéger son vernis à ongles.


La série Mad Men est diffusée en français à Télé Québec. Sur le site de CTV, on peut aussi regarder tous les anciens épisodes, en anglais.

jeudi 28 janvier 2010

Luminothérapie

L'hiver, comme 3 à 8% de la population adulte nordique, je souffre de dépression saisonnière. Ce trouble, je l'ai hérité de mon père, reconnu pour sa condamnation de l'hiver québécois et pour cette phrase célèbre qu'il prononce tous les 21 juin: "C'était la journée la plus longue de l'année, ma fille, à compter d'aujourd'hui, on sombre vers l'hiver."

Cela fait au moins une dizaine d'années que j'ai compris que je souffrais de trouble affectif saisonnier. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour le comprendre. Chaque hiver, je deviens une marmotte. Je dormirais 12 heures par nuit. Je suis plus maussade, moins énergique le jour. Heureusement, avec le temps, j'ai découvert plein de trucs qui m'aident à passer au travers: prendre l'air le plus souvent possible, faire des sports d'hiver ou même du sport tout court, célébrer chaque rayon de soleil (même si une journée ensoleillée signifie habituellement une journée bien froide) et continuer d'espérer, d'avoir confiance, qu'un jour, l'hiver sera derrière moi.

Je me suis acheté dernièrement une lampe à large spectre. Ça m'aide. Mais la lumière que je préfère l'hiver, est celle qui pénètre dans ma cuisine.

La providence a voulu que la propriétaire précédente installe une immense porte-patio dans ma cuisine. Entre décembre et mars, en 11h et 13h, les rayons du soleil sont dans l'angle parfait pour frapper ma porte-patio et inonder ma cuisine de délicieuse lumière. Beaucoup de lumière. Presque trop de lumière. Tellement de lumière que, la plupart du temps, mes enfants me demande de fermer un peu les rideaux pendant qu'ils mangent. Tellement qu'ils me demandent également de manger avec leurs lunettes fumées.



Pour ma part, c'est la fête. À chaque rayon de soleil qui touche mon visage, j'ai l'impression d'être réénergisée.

En attendant le printemps, et à défaut de partir dans le sud, chaque jour qu'il fait beau (et tous les autres aussi), je me paie un petit séjour dans le soleil de ma cuisine bleue.