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dimanche 6 mars 2011

Je peux faire la vaiselle maman?

Ai-je vaguement entendu pendant que je perdais mon temps sur le Web.

"Oui" ai-je vaguement dit. Enfin, je crois.




Et maintenant, non seulement mon bol mauve est propre, mais le sont aussi une partie du comptoir et du plancher, deux portes d'armoire et un Popold.

mardi 18 janvier 2011

Le petit garçon et le Ziploc

Avant Noël, comme toujours, j'ai fait des beignes avec ma mère. Des dizaines et des dizaines de beignes que l'on a ensuite séparés équitablement. Placés dans d'innombrables sacs Ziploc, ils ont été congelés amoureusement en prévision des vacances et des grands froids.

Chez nous l'hiver, on adore les beignes de Noël. Surtout Albi.

Ce 3e fils, Albert, est né une semaine avant la date prévue. Moi qui avait pondu d'énormes bébés, je le trouvais si fragile avec son minuscule 9 livres et 2 onces et si petit avec ses 54cm. Pendant les premières semaines de sa vie, on l'appelait d'ailleurs avec tendresse: notre petit prématuré.
Notre petit prématuré en mai 2006, le jour de sa naissance

Je n'ai jamais eu conscience de le nourrir plus que les autres mais reste qu'Albert a très vite montré de belles rondeurs. Alors on s'est mis à l'appeler amoureusement: notre petit dodu.

Depuis qu'Albert mange de la nourriture solide, il grignote. Toujours. Comme Alceste dans le Petit Nicolas, il a constamment de la nourriture dans les mains. C'est comme ça que je retrouve des pelures de clémentines dans les fentes du sofa, des coeurs de pommes dans son lit, des boîtes vides de biscuits plein mes armoires.

Ou bien des sacs Ziplocs dans le sous-sol.

À presque 5 ans, ses petites mains sont toutes rondes et l'on perçoit encore son bedon de bébé. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on le surnomme avec affection: Chubby Bert.
Chubby Bert jouant sur la plage de l'Ile Verte, en 2009

Cet automne, Albi a été malade. Une grippe, puis une gastro. Je le trouvais chétif. À la garderie, jour après jour son éducatrice me confiait avec inquiétude: "Au dîner, il n'a demandé que deux portions!" Bon sang. Aussi bien dire qu'il n'avait rien mangé, pauvre petit chou! Il avait maigri, ça se voyait.

J'étais heureuse pendant les Fêtes de constater qu'il profitait bien, sans doute aidé par mon abondante et savoureuse cuisine maison.

Samedi, les gars sont allés patiner. En attendant leur retour, je me suis dit que de les accueillir avec un chocolat chaud et des beignes de Noël, cela maintiendrait mon image de mère aimante.

Prépare le chocolat chaud.
Allume le four pour réchauffer les beignes.
Descends au sous-sol chercher un sac de beignes.

Sauf qu'il n'y avait plus un seul beigne dans le congélo. Juste un sac Ziploc. Vide.

Confuse et horrifiée, je me suis alors souvenue de ce Ziploc trouvé sur le sofa. Puis de cet autre sac aperçu dans la poubelle de la toilette. Et de celui-là dans ma salle de lavage...

Chubby Bert aura été le seul à manger des beignes de Noël cet année. Paraît que pour les petits prématurés, c'est très fortifiant.

samedi 15 janvier 2011

Recette de pâte d'amande

En septembre, Victor m'a demandé de faire de la pâte d'amande. Il est revenu tout excité de chez son ami Zachari avec une recette. "C'est hyper simple!" m'a-t-il. Des amandes moulues, du sucre en poudre, des oeufs, de l'extrait d'amande. J'avais même tout ce qu'il fallait dans mes armoires. "Est-ce qu'on peut en faire, s'te plaît, s'te plaît, s'te plaît!" "Ce weekend, promis, juré." aie-je répondu.

Puis octobre a passé.

Novembre aussi.

Décembre.

Chaque mois, Victor reformulait sa demande. Chaque fois poliment. Chaque fois la mine plus basse.

"Ce weekend, promis!" lui répondais-je.

Et puis, finalement, éclair de génie, j'ai compris que mon fils de neuf ans était bien capable de s'en occupé tout seul du projet de pâte d'amande. En janvier, donc, enfin, je lui ai proposé:

" Tu sais quoi? Tu vas la faire tout seul ta pâte d'amande, ok? Tiens, les amandes moulues, le sucre en poudre. On n'a pas d'extrait d'amande, mais de la vanille ça va faire l'affaire. Voici une tasse à mesurer, un bol, une cuiller de bois. Il te faut 2t. d'amandes, 1t. de sucre, quelques gouttes de vanille et un blanc d'oeuf. Je te le prépare. Ah, pis un deuxième blanc. Brasse. Brasse bien là! Plus fort. Super. Mets-le au frigo. Et dans une heure, tu t'amuseras à faire des formes avec tes frères et ta soeur."




Victor a fait un transformer, Rosanna, un personnage de Ben-10. Achille, je sais pas trop, un hockey peut-être?

L'assiette de Flash McQueen, c'est celle de Léopold. Elle est vide. Y'a pas de forme. Y'en a jamais eu. Popol a tout mangé sa pâte d'amande avant de faire des formes.

Ça me fait penser que, quand il était nouveau-né, on le surnommait "petite pâte d'amande". C'est mon voisin Éric qui avait commencé à l'appeler comme ça. Parce que Léopold, à plus de dix livres à la naissance, était bien dodu. Sa petite peau blanche, ses bras bien gras, on ne se lassait jamais de les pétrir.

"Ma petite pâte d'amande!" s'exclamait Éric quand il le voyait. Et lui qui n'a pas eu de fils me disait: "Est-ce que ça te va si, pour moi, c'est un petit peu mon garçon?" Bien sûr Éric, j'en ai trop d'enfants de toutes façons. Et je le lui tendais mon bébé, il le nichait au creux de ses bras d'homme, bécotait le front de sa petite pâte d'amande pendant que j'en profitais pour discuter avec sa femme.

Pour cette pâte d'amande là, toutefois, je n'ai pas de recette. Un camion d'amour? Dix longs mois de gestation (sans blague)? Beaucoup de lait maternel? Et une pincée de mystère?

Faudrait expérimenter.

Enfin, vous, j'veux dire, pas moi.

samedi 26 juin 2010

Un samedi en camping



Comme il fait moche, et parce qu'ils n'en peuvent plus d'attendre que les parents soient en vacances pour partir en camping, Achille et Rosanna ont monté leur camp dans le sous-sol, cet après-midi.

Ils étaient bien installés, avec chacun leur tente,
et des oreillers, et des couvertures.
La beauté du camping, c'est qu'il n'y a pas grand chose à faire.
Sauf dormir et manger.
Ce qu'ils ont fait.

C'est Rosanna qui a fait le souper: du poulet.
Je vais lui demander sa recette
parce que je ne sais jamais vraiment quoi faire
à manger quand on est en camping.
Du poulet. C'est une bonne idée, ça...

Après le repas, Achille s'est levé le premier
pour faire la vaiselle.

Ils ont terminé ça par une petite veillée sur le bord du feu.




- Est-ce que c'est demain qu'on part en camp-de-ping? me demande Rosanna.
- Ah non, ma puce. Il faudra encore attendre un peu.
Après ton camp de natation.
Et encore après ça.
- C'est long! dit Achille.
- Je sais bien mon trésor.
C'est long, toujours trop long.

Y'a que les vacances qui ne le sont jamais assez.

lundi 21 juin 2010

L'autonomie

Chez nous,
on aime que nos enfants se débrouillent eux-mêmes pour la bouffe.

La plupart du temps... Enfin. Quand ça n'implique pas Chinette et le beurre d'ar.

lundi 15 février 2010

Le feu

Nous l'avons échappé belle en fin de semaine.
Si j'arrive à écrire, c'est que c'est un miracle.

Samedi matin, alors que tout le monde était occupé à autre chose, seul dans la cuisine mon fils de trois ans a pris le petit escabeau de bois jaune construit par son père, l'a placé devant le frigo, a grimpé jusqu'au congé, a ouvert la porte, a pris les framboises congelées, est redescendu, s'est trouvé une soucoupe, a mis les framboises congelées dans la soucoupe puis les a mis au micro-ondes.

Quatorze (14) minutes qu'il les a mis au micro-ondes les framboises.
Quand ça a flambé, il a quand même eu peur, nous ont ensuite dit ses frères. Après que nous les ayons presque torturés pour qu'ils parlent! Parce que quand l'un d'entre eux gaffe, c'est l'omerta. Ils se protègent, bien sûr. Regardent par-terre, se regardent l'un l'autre, pincent les lèvres. Sauf qu'un feu, ça méritait quand même qu'on sache un peu ce qui s'était passé. D'où la presque torture pour prendre connaissance du fil des événements.

Toute la journée ensuite, mon fils de trois ans m'a parlé du feu dans le micro-ondes. Et toute la journée ensuite, ils ont joué aux pompiers.
On a bien voulu mais on n'a pas pu chicaner Albert d'avoir mis le feu à six petites framboises congelées dans le micro-ondes.

Peut-être qu'on devrait retenir de cette histoire le seul fait qu'un enfant de trois ans ait mis le feu dans un micro-ondes. Moi, je n'y arrive pas. Ce que je ne peux m'enlever de l'esprit, c'est qu'un petit garçon a eu tellement envie de framboises qu'il s'est servi lui-même et les a, lui même, fait réchauffer dans le micro-ondes.

Au fond, je retiens que mon petit garçon de trois ans grandit. Et que ça m'attendrit comme c'est pas permis.

mardi 5 janvier 2010

Je ne suis pas drosophile.

Connaissez-vous les drosophiles? Vous savez, ces minuscules mouches noires, agaçantes, qui se régalent des fruits et légumes laissés à murir sur le comptoir?

Lorsque nous sommes revenus de notre tournée des fêtes, nous en avons trouvé des tonnes dans la maison. DES TONNES. Si je me suis habituée à les supporter tant bien que mal en été, j'étais pour le moins déboussolée d'en retrouver en plein hiver.

Je me suis d'abord accusée: pendant notre absence, j'avais laissé sur le comptoir des fruits bien mûrs. Les petits drosophiles s'en régalaient. Pourtant, même après avoir éliminé toutes sources de nourriture, je continuais à en trouver tout plein qui voletaient dans la maison. Et même, me semblait-il, de plus en plus!

Mais d'ou venaient-ils donc?

J'ai enfin compris: en lançant dans la grosse poubelle de la salle de lavage le contenu du filtre de la sécheuse, j'ai vu des dizaines de drosophiles s'envoler.

FLASHBACK

En octobre, nous sommes allés aux pommes. J'ai mis notre réserve de pommes dans le frigo du sous-sol. Les enfants s'y servaient. Je les trouvais fort mignons à se balader dans la maison en croquant des pommes que je n'avais même pas eu à leur servir. "L'autonomie, me disais-je, on aime ça." J'ai bien retrouvé à l'occasion des moitiés de pommes grugées abandonnées, mais pas plus que ça. Et je ne me suis jamais vraiment demandé ce qui était advenu des autres. J'imagine que ça faisait mon affaire de ne pas vraiment me poser la question...

Eh bien, là, j'ai tout compris. Mais enfants bien élevés avaient jeté leurs restants de pommes dans la poubelle de la salle de lavage. Et cette poubelle, je la change rarement puisqu'en principe, elle ne contient que le contenu du filtre à sécheuse.

Mon homme a également trouvé un paradis à drosophiles dans la poubelle de son établi. Ils sont bien élevés, mes enfants, je vous le dis!

Après avoir agité leurs nids douillets, nous avons laissé nos petits amis retourner dans leur quartier. Puis, avec soin et délicatesse, nous avons refermé les sacs et envoyer les drosophiles rencontrer l'hiver québécois.

Allez! Droso, à cet été!

Heureusement

que les bébés,
ont des parents vifs et alertes, prompts à leur sauver la vie de temps à autre.
L'espace où l'on mange est, après tout, source de dangers quotidiens dont il faut préserver nos petits!

jeudi 8 octobre 2009

Laisser entrer l'automne

J'aime Brooke McLay.
Elle aussi mère de quatre enfants, son blogue me fait le même effet qui si je regardais le film Amélie Poulain.

Quand j'ai vu la recette de son gâteau citrouille et épices, je me suis dit que c'était une bien belle façon de terminer mon dernier pot de citrouille de l'an passé. La citrouille de cette année sera bien vite acheté, aussi bien "clearer" le vieux stock, non?

Dans un bol
----------------- Dans un autre bol
3 oeufs ----------------------------------3 oeufs
1 t. purée de citrouille---------------------1 1/2 t. de cassonade
1 t. de sucre----------------------------1/4 t. de mélasse
1/2 t. d'huile----------------------------1/2 t. d'huile
1 c. à table de canelle-----------------------------1 c. à table de gingembre
1/2 c. à thé de poudre à pâte--------------------1/2 c. à thé de p. à pâte
1/2 t. de lait----------------------------------1/2 t. de lait
2 t. de farine-------------------------------1 3/4 t. de farine
1/2 c. à thé de sel----------------------------------1/2 c. à thé de sel
1 c. à thé de vanille-------------------------1 c. à thé d'extrait d'érable

Chauffer le four à 350.
Battre tous les ingrédients puis plier délicatement la pâte à la citrouille dans celle à la mélasse
sans trop mélanger!
Verser aussitôt dans un mol à charnière bien graissé.
Cuire de 40 à 50 minutes selon le four et le moule.

Glaçage
Un paquet de fromage à la crème.
1 livre de sucre en poudre
Un peu de lait
Battre tous les ingrédients et glacer le gâteau à peine refroidi.
Goûter et se dire que Dieu est grand.

Les photos de ce gâteau prises par Brooke sont nettement mieux que les miennes.
Par contre,
malgré tout son charme et son talent,
elle n'a pas de petite fille de 11 mois qui a réussi,
en grimpant sur le comptoir,
à mettre la main sur le bol de pâte
alors que sa mère répondait au téléphone.

C'est donc celle-là que je laisserai ici :)

mercredi 2 septembre 2009

Mon dîner avec Victor

Quand j'étais petite, je dînais à la maison, tous les jours.

À la cloche, c'était presque toute l'école qui se vidait dans la cour. Nous quittions en horde, traversions les rues insouciants avec l'aide d'une brigadière, courrions affamés jusqu'à la maison pour y dévorer notre repas.

Souvenirs délicieux des bons sandwichs de ma mère, des marches avec les copains dans les rues du quartier, des quelques mauvais coups.

Quand je suis devenue mère, j'ai rêvé de cela pour mes enfants. Rêve vite confronté à la réalité. Signe des temps, nous n'avons pas inscrit notre petit chérubin à l'école du quartier, mais dans une école un peu mieux, un peu plus loin, un peu trop loin. Malgré mon boulot à la maison, Victor dînait à l'école, avec sa boîte à lunch. Lui, de toutes façons, ne s'en préoccupait pas. N'était-il pas, depuis des années, habitué à passer toute la journée loin de ses parents, à la garderie?

Vint un quatrième bébé qui força le déménagement du clan. C'est à sept minutes à pied de l'établissement scolaire en question que nous avons élu domicile. Et mon Victor, devenu grand, peut maintenant dîner à la maison.

À la cloche, ils sortent, huit ou neuf, pour entrer chez eux. Victor marche avec son ami Zach. Ils traversent la rue seuls, prudemment, puis se saluent, l'un partant à gauche, l'autre, tout droit. Les deux mains dans les poches mon Victor déambule seul dans le quartier, le nez en l'air, rêvassant et prenant son temps.

Chez lui, il y a parfois les bons sandwichs de sa mère. Bien souvent, c'est n'importe quoi. Comme des restants de la veille ou des oeufs cuits vite fait dans la poêle. Parfois, luxe suprême, il peut se faire des toasts au beurre.

Temps volé à ma journée de travailleuse. Temps précieux et irremplaçable qui vaut bien mieux que tous les dîners entre collègues.

dimanche 23 août 2009

Oui, oui.

Ceci n'est pas un montage Photoshop.

Lorsque tôt le matin, encore en pyj, je m'aperçois qu'il n'y a plus de lait. Je fais habiller mes chaperons rouges de fils et les envoie en chercher au dépanneur.

s-a-n-s-a-d-u-l-t-e

Je les envoie tous les trois parce que je me dis que le grand méchant loup préfère sûrement les chaperons rouges uniques qui vont tirer la chevillette. Avec mon trio de fils, quand même, ça lui ferait un méchant contrat au sale loup. M'imaginer sa gueule et je rigole!

Anyway, qu'il se pointe le lupus. La Mama n'est jamais bien loin qui rôde à surveiller de son balcon.



Je sais, mes pantoufles auraient avantage à être renouvelées.