Mon père n'a pas été étonné lorsque je lui ai dit que j'avais pris 10 livres au cours des 6 derniers mois. Ma sœur non plus. S'ils n'ont pas été étonnés, ce n'est pas parce que j'ai de mauvaises habitudes alimentaires ni parce que cela paraît beaucoup, mais bien parce qu'ils savent que je suis une bonne mangeuse. C'est parce qu'ils sont comme moi. Ou, en d'autres mots, c'est de famille. Ils ont eu, comme moi, à constater des prises de poids soudaines et à remettre à question leurs habitudes pour éviter que ça empire.
C'est bien ce qui m'arrive. Je mange bien, mais je mange trop. Apparemment, en tout cas, puisque j'ai pris 10 livres. Comme presque toute les femmes, je me préoccupe de ma ligne, mais je ne suis pas, il me semble, obsédée par mon poids. Cependant, 10 livres, c'est vraiment un trop gros bond. C'est signe qu'il faut agir.
Qu'est-ce qui a changé depuis 6 mois? Trois choses fondamentales: je n'allaite mon bébé que deux toutes petites fois par jour (ce qui est une dépense énergétique insignifiante comparé à un allaitement exclusif); j'ai recommencé le boulot et je bouge beaucoup moins que lorsque je me déplaçais de parc en parc avec les enfants en poussant ma grosse poussette double (aaaah... doux souvenirs!); et puis, j'ai obtenu mon permis de conduire alors je prends souvent la voiture au lieu de marcher ou de prendre mon vélo comme je le faisais avant.
Je dépense moins d'énergie, mais je mange autant qu'avant, donc je prends du poids. C'est mathématiques.
J'ai donc deux choix: manger moins ou bouger plus. Je pourrais bien tenter de bouger un peu plus dans mon quotidien, mais comme je m'entraîne déjà 3 à 4 heures par semaine à la course à pied, il est irréaliste de penser que je pourrais intégrer plus d'activités physiques dans ma semaine. Je dois donc manger moins.
Je refuse toutefois de compter mes calories. Cela m'ennuie et en plus, je crains de montrer cet exemple à ma fille. Ne dit-on pas que les jeunes filles sont de plus en plus obsédée par la minceur. Contradictoire n'est-ce pas dans une société ou l'
obésité infantile fait des ravages?
Le problème est peut-être dans l'absence de plaisir réel, réfléchi, senti, goûté, vu. Une espèce de déconnexion corps/esprit. Serait-ce donc la clé? De prendre le temps? De savourer? Quand je mange un morceau de chocolat noir 85%, un morceau me suffit tant le goût est riche et satisfaisant. Et si je prenais le temps de goûter ainsi tout ce qui passe dans mon assiette? De célébrer le plaisir de manger? D'être reconnaissant de ce que j'ai devant moi au lieu de penser à ce qui vient? Je mangerais peut-être moins, non? Je veux bien tenter le coup.
En attendant, mon homme est loin de se plaindre. Il trouve au contraire que je remplis plutôt bien mes jeans, ce qui n'est pas pour lui déplaire.
Je vous laisse sur ce
billet d'une populaire blogueuse américaine qui parle du plaisir de la vie, en général et de manger, en particulier.