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dimanche 2 janvier 2011

Jean-Guy Rochette

Un héros obscur.
Le 31 décembre au soir, on se faisait une fondue et je la voulais avec des pommes de terre au four. Ouan, les patates au four, ça fait quelque chose à patienter pour l'appétit des enfants pendant que leurs viandes cuisent.

Alors je les place au four les patates, dresse la table, prépare les sauces, dispose les viandes dans des assiettes et juste avant d'inviter la smala à se mettre à table, je viens pour sortir mes pommes de terre et saint-sicroche que je me dis, j'ai oublié d'allumer le four!

Merde, c'est que je les veux vraiment ces patates. Alors replace les tubercules, reprogramme le four et attends.

Sauf que rien. Parce que bon sang, le four ne marche plus!

Catastrophe.

Mon chum me dit de ne pas m'inquiéter, qu'il va le réparer lorsqu'il aura cuvé son mousseux. Je sais pas pourquoi mais ça m'a encore plus foutu les boules.

Ce matin, il téléphone à son frère, électronicien en avionique. Discussion interminable à quatre pattes devant le four puis abdication. Ça l'air que les avions, c'est moins complexe en circuits électriques que les cuisinières, genre.

Va falloir appeler quelqu'un, soupire mon intellectuel de chum.

Ben oui toi, essaye de trouver un technicien GE dispo un 2 janvier. Putain d'année qui commence mal.

J'étais prête à sauter de mon balcon lorsque mon chum, se servant avec dextérité de mon nouveau iPad, hurle qu'il a trouvé quelqu'un.

Au point où j'en suis, on n'a rien à perdre.

L'homme finit par se pointer avec une camionnette bringuebalante. Il doit bien mesurer trois pieds et il est rond comme une boule de quille. Sérieux, je suis certaine que c'est un gnome. Il entre avec un coffre à outils plus grand qu'Albi qu'il déploie tel une serviette sur du sable doré. Le coffre qu'il déploie, pas Albi, qui s'est plutôt enfui à la vue du farfadet.

Mon chum a des yeux grands comme ça et moi je commence à me dire que ça ferait un chouette billet de blogue mais je dois aller couper le braker au sous-sol.

Le souffle court, Jean-Guy Rochette observe ma cuisinière. Derrières ses lunettes, ses yeux sont piquants et vifs. Ses doigts ronds et agiles dévissent un tas de vis à la fois et met rapidement la machine à nue. Cristie que mon four est sale, la honte. Heureusement, Jean-Guy Rochette est un professionnel et il restera coi à ce sujet.

Les grandes manoeuvrent n'empêcheront pas Blanchette de continuer à jouer avec sa petite ferme. Préserver les enfants des grands drames des adultes, voilà une de mes qualités de parenting.

Finalement, c'est l'élément. Jean-Guy Rochette en a des tas dans sa camionnette, je n'en ai jamais vu autant.

Mais
il n'a pas celui conçu spécialement pour mon modèle de cuisinière.
Sauf
qu'il PEUT patenter quelque chose qu'il nous dit.

Patente mon homme, patente. J'ai des fèves au lard à faire demain moi là.

Tout en s'activant, Jean-Guy Rochette s'en prend aux fabricants de cuisinières qui s'arrangent pour faire de l'obsolescence programmée. Bon, ce ne sont pas tout à fait ses mots, mais c'est bien ce qu'il voulait dire: créer des objets en planifiant d'avance leur date de désuétude. Ma cuisinière n'a pas 3 ans, pourquoi est-ce que l'élément lâcherait comme ça?

L'expression n'est pas nouvelle, elle apparaît aux États-Unis dans les années 1930. Elle prend aujourd'hui différentes formes. Jean-Guy Rochette déplore qu'avant, les fabricants utilisaient des pièces universelles, des pièces qui allaient sur n'importe quel modèle. Aujourd'hui chaque fabricant a ses spécifications ce qui fait que le consommateur devient otage du service du fabricant.

Avoir voulu la pièce exacte, il aurait fallu la commander puis attendre ou alors contacter et attendre un technicien GE. Je sais c'est écoeurant, l'obsolescence programmée est la fondation de la société de consommation.

Jean-Guy Rochette lui, est un artisan. Il connaît son métier et il sais patenter. Et il est dispo un 2 janvier. Ça en prend plus comme lui ou alors ils existent déjà et on ne leur rend pas assez justice

125$, four réparé.

Jean-Guy Rochette, résolument en lice pour la personnalité de l'année 2011.
Mais comme Julian Assange, il est beaucoup trop subversif aux yeux du système dominant pour espérer faire la une du Time.

vendredi 15 octobre 2010

The Hot Plate

Internet pour la cuisine, c'est pas mal quand même.
On a déjà parlé de Feed me Bubbe et de PostPunkKitchen. On a aussi Bob le chef dans nos favoris.

Autrement dit, oubliez Ricardo ou Di Stasio, le peuple prend de front les shows de cuisine.

Il y a quelques années sur le campus de l'université McGill, Amanda habite en résidence et cuisine pour ses amis. Rapidement, elle devient une référence. Les amis de ses amis l'appellent pour des conseils et sa table devient de plus en plus populaire.

C'est comme ça qu'elle rencontre April qui va la convaincre de se laisser filmer en cuisinant. L'idée fait son petit bonhomme de chemin et The Hot Plate voit le jour.

Le concept: la cuisine pour étudiants. Des repas simples, frais, goûteux et économiques.


J'adore. Je veux que mes enfants grandissent comme ça!

Aujourd'hui, Amanda et April ne sont plus à McGill mais The Hot Plate vit toujours. Un livre de recettes sortira bientôt et elles rêvent d'une ligne de produits culinaires.

dimanche 7 mars 2010

Manger québécois

Le faites-vous?
Selon un grand dossier publié dans l'Actualité du 1er avril, les deux tiers de ce que l'on mange viennent d'ailleurs. C'est à déplorer. Surtout que, semble-t-il, les consommateurs se préoccupent de plus en plus de la provenance des aliments qu'ils achètent. Voilà qui est réjouissant.

Réjouissant aussi de voir que de 2004 à 2009, les aliments clairement désignés comme provenant du Québec ont vu leur parts de marché croître de 2,8%, c'est qui est énorme.

Mais la grande illusion, c'est que malgré des campagnes de marketing, l'Actualité constate qu'en six ans, l'offre de produits québécois n'a pas évolué. Pour les petits producteurs, faire sa place dans les épiceries, c'est un véritable parcours du combattant.

D'abord, il faut convaincre kes grandes chaînes d'inscrire son produit sur
la liste officielle des aliments autorisés à y être vendus. Ensuite,
il faut convaincre chaque détaillant de la chaîne d'offrir le produit. Enfin, il
faut veiller à occuper une place avantageuse sur les étagères. Pas trop haut,
pas trop bas, idéalement à la hauteur des yeux. Tout cela coûte de l'argent.
Beaucoup d'argent.


Y-a-t'il moyen de faire autrement? Devons-nous accepter que cette façon de faire soit la seule?

Pour la majorité de nos concitoyens, l'épicerie est un arrêt obligé du parcours alimentaire. L'éviter demande pratiquement de changer son mode de vie. En ce sens, nous sommes plutôt dépendants de ses décisions de gestion. De plus en ville, ça semble plus difficile d'avoir accès aux producteurs locaux.

Pourtant, il doit bien avoir moyen de parfois s'organiser autrement, non?

Je ne souhaite pas retourner à l'époque de ma grand-mère qui recevait des oranges à Noël. J'aime la diversité du monde dans mon assiette, mais je ne comprends pas pourquoi mes patates viendraient des États-Unis. En ce sens, oui il m'arrive de me passer d'un aliment parce qu'il ne vient pas d'ici.

Mangez-vous québécois?

L'épicerie près de chez vous offre-t-elle des produits du Québec?

Quels contacts avons-nous avec les producteurs d'ici?

Comment est-ce qu'on pourrait en faire plus?
L'Actualité publie aussi un intéressant calendrier: quand est-ce qu'on mange québécois?

dimanche 3 janvier 2010

Mon yogourt

Te souviens-tu Madeleine?
C'était l'hiver dernier, chez toi. On s'était organisée un petit lunch. Ou alors on travaillait sur notre livre? Peu importe. Nous étions dans ta cuisine lorsque tu aperçois mes yeux qui s'interrogent à la vue d'un bol sur ton comptoir. Tu rougis puis tu avoues, parce que tu ne peux plus reculer. Je t'ai pris la main dans le sac.
- Ben oui, je fais mon yogourt...
Fous rires.
Bien sûr. Parce qu'on s'était déjà moquée de ces femmes qui faisaient leur yogourt (en pleine nuit, avec leur écharpe, tout en allaitant en tandem leurs trois enfants). Ça dépanne pour les collations, te défendais-tu. Mais j'étais très curieuse! Et impressionnée, quand même.

Cette même semaine, en allant chez mes parents, que vois-je sur le comptoir? Une yaourtière! Puis ce souvenir refoulé toutes ces années de mes parents qui ont fait leur yogourt! Je me rappelle vaguement ce pot au four et le petit goût surette de ce yaourt maison. Il n'en fallait pas plus pour que je vois dans ces événement Un Signe, que je reparte avec la yaourtière de ma mère et que je me mette à tester le yogourt maison à mon tour.

Aujourd'hui, j'annonce fierpètement que dans quelques semaines, ça fera un an que je fais mon yogourt et qu'on n'en achète plus du commerce. Avec deux de mes garçons qui lunchent à l'école et deux petits qui en sont friands, faire mon yogourt est économique, pratique et satisfaisant.
Voici ma yaourtière.
Elle comporte un gros contenant de 2 litres
pratique pour notre gang.

Je fais du yogourt chaque semaine et demi environ.
Avec deux litres de lait 3,5%.
Bio quand on a un peu plus d'argent et que ça me tente.
Sans sucre parce que je me sers souvent de mon yogourt
pour faire des vinaigrettes et des trempettes.
Par contre, les puristes hurleront peut-être,
j'y ajoute plus ou moins 1/4 de tasse de lait en poudre.
Ça le rend plus épais.
Si d'aventure mon yogourt est plus liquide,
je le filtre tout simplement à l'étamine pendant 30 minutes.
Les enfants aiment le yogourt avec de la confiture, simplement.
Parfois, je sucre avec du sirop d'érable,
j'ajoute des petits fruits surgelés et du granola.
Ils adorent.

J'ai aussi ma recette des grands jours.
Un secret que je te livre parce que le yogourt, c'est un peu à cause de toi.
Dans ma recette des grands jours,
ça prend un ingrédient vedette.
Oui, tu as bien vu.
Tout un carton de crème 15%
qui remplace une partie du 3,5%.
Avec ça, oublie le lait en poudre,
ton yogourt va se tenir tellement tout seul,
qu'il sera prêt à marcher.
Ensuite, tu filtres à l'étamine pour le rendre encore plus crémeux.
Tu ajoutes le jus d'une ou deux oranges,
de la vanille
et du miel, au goût.
Puis tu garnis avec des amandes grillées,
et te voilà plus près de la Grâce.

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Passeport santé a une page complète sur le yogourt,
L'épicerie a testé ceux du commerce
et j'aime bien cette page sur le yogourt maison.