dimanche 6 septembre 2009

La table du fêté

La veille des anniversaires, avant d'aller au lit, c'est ma mission.

Dresser une table spéciale pour le fêté.

Ça été comme ça pour moi. Chaque matin de fête que j'ai eu dans ma vie, je me suis levée avec cette table, spécialement mise en mon honneur par quelqu'un qui m'aime. Aussitôt, savoir que la journée va être toute spéciale, juste pour moi. Même sentiment de bonheur à 10 ans qu'à 30 ans.

Plus que le gâteau, dans ma famille, la table du matin symbolise les anniversaires.

Puis, s'ajoutent d'autres rituels.

Comme celui, des semaines d'avance, de demander au fêté ce qu'il souhaite manger pour son souper d'anniversaire (pizza) et de le laisser choisir son gâteau (vanille de l'espace).



Une fête en famille, avec la nourriture que l'on aime, ça aide à grandir.

mercredi 2 septembre 2009

Mon dîner avec Victor

Quand j'étais petite, je dînais à la maison, tous les jours.

À la cloche, c'était presque toute l'école qui se vidait dans la cour. Nous quittions en horde, traversions les rues insouciants avec l'aide d'une brigadière, courrions affamés jusqu'à la maison pour y dévorer notre repas.

Souvenirs délicieux des bons sandwichs de ma mère, des marches avec les copains dans les rues du quartier, des quelques mauvais coups.

Quand je suis devenue mère, j'ai rêvé de cela pour mes enfants. Rêve vite confronté à la réalité. Signe des temps, nous n'avons pas inscrit notre petit chérubin à l'école du quartier, mais dans une école un peu mieux, un peu plus loin, un peu trop loin. Malgré mon boulot à la maison, Victor dînait à l'école, avec sa boîte à lunch. Lui, de toutes façons, ne s'en préoccupait pas. N'était-il pas, depuis des années, habitué à passer toute la journée loin de ses parents, à la garderie?

Vint un quatrième bébé qui força le déménagement du clan. C'est à sept minutes à pied de l'établissement scolaire en question que nous avons élu domicile. Et mon Victor, devenu grand, peut maintenant dîner à la maison.

À la cloche, ils sortent, huit ou neuf, pour entrer chez eux. Victor marche avec son ami Zach. Ils traversent la rue seuls, prudemment, puis se saluent, l'un partant à gauche, l'autre, tout droit. Les deux mains dans les poches mon Victor déambule seul dans le quartier, le nez en l'air, rêvassant et prenant son temps.

Chez lui, il y a parfois les bons sandwichs de sa mère. Bien souvent, c'est n'importe quoi. Comme des restants de la veille ou des oeufs cuits vite fait dans la poêle. Parfois, luxe suprême, il peut se faire des toasts au beurre.

Temps volé à ma journée de travailleuse. Temps précieux et irremplaçable qui vaut bien mieux que tous les dîners entre collègues.

lundi 31 août 2009

Le coucous de Nadja

Il y a de ces plats qui entrent dans nos vies pour ne plus en sortir.

À une lointaine époque, que Madeleine qualifierait de ALE (Avant Les Enfants), celui qui n'était alors que mon amoureux et moi faisions de la radio étudiante avec une bande de joyeux gourmands.

Philippe nous recevait souvent chez lui. On passait l'après-midi à cuisiner pour une dizaine de personnes. On mangeait ensuite tous ensemble en rêvant au monde des médias à l'aide de quelques bouteilles payées à même notre budget d'universitaires créchants sur le Plateau.

Temps lointain

où les grands 6 et demi s'y trouvaient encore

en bas de 600$.

Le couscous royal était l'un des plats que Philippe nous proposait. Convial, goûteux et nourrissant.

Par la suite, je n'osais pas en faire seule. Un couscous royal pour deux, ça finissait par marcher tout seul dans frigo. J'avais cependant cette adresse de resto berbère où le proprio le faisait si bon qu'il nourissait mes complexes de cuisinière.

Puis j'ai connu Nadja.

Intelligente, raffinée, affirmée, rieuse

ET

cuisinière absolument hors pair.

Allemande, elle a passé une partie de sa jeunesse en Algérie et a étudié en France où elle a eu cette drôle d'idée de tomber amoureuse d'un Québécois

......avec qui nous avions fait de la radio étudiante!

Petit monde où tout finit mieux que dans les films d'Hollywood.

À l'époque où ils habitaient Rimouski, j'ai souvenir de ce couscous partagé à la bonne franquette dans une cuisine bleue comme le Bas-Saint-Laurent.

Assûrément le meileur à l'ouest d'Agadir!

Nadja, sans même le savoir,

m'a redonné le goût de mitonner le couscous.

Plat parfait de fin d'été qui ensoleillait si bien ce weekend frisquet et pluvieux.

Surtout que je le sers toujours dans cette immense assiette achetée à rabais dans un souk de Rabat alors que fils numéro 2 nichait dans mon bedon.

Le couscous, c'est à jamais Philippe et Nadja.

Bien plus que les plats, il y a de ces gens qui entrent dans nos vies pour ne plus en sortir.

samedi 29 août 2009

On se sent vraiment grano...

... quand on fait son propre granola!

Cette recette est à la demande ma soeur et mon beau-frère qui, venus en visite chez moi, ont apprécié mon granola au point de me dire: "Hey. Tu devrais mettre la recette sur ton blog!".


Granola maison

8 t. de flocons d'avoine
1/2 t. d'amandes effilées (ou d'autres noix)
1/2 t. de graines de citrouille (ou d'autres graines)
1/2 t. de cassonade (ou de miel ou de sirop d'érable)
1/2 t. d'huile de canola (ou du tahini ou du beurre d'amande)
un peu d'extrait de vanille
1/2 t. de raisins secs (ou canneberges, ou abricots coupés petits, etc.)

Mélanger tous les ingrédients secs ensemble. Ajouter les ingrédients mouillés. Si on utilise du miel, il peut être utile de le réchauffer au micro-onde quelques secondes. Étaler le mélanger sur une plaque ou un plat allant au four (il peut être assez profond, comme un plat à lasagne, par exemple.) Cuire à 350F pendant 30 à 40 minutes en brassant toutes les 10 minutes au moins. Laisser refroidir et ajouter les fruits. Se conserve 2 semaines au frigo, dans un sac ou un contenant en plastique.

Habituellement, on utilise des flocons d'avoine à cuisson rapide. Cependant, j'ai par erreur acheté un sac de 5kg de flocons roulé à l'ancienne (plus gros) et j'ai dû les passer. C'est plus long à mâcher (mon homme trouve que ça fait moulée à vache) mais j'aime bien. Avec mes flocons à l'ancienne, j'ajoute une demi tasse d'eau au mélange.

Enfin, un petit déjeuner qui vient à bout de mon appétit d'ogresse le matin!

vendredi 28 août 2009

Je manquais d'inspiration

Puis, je suis allée au marché...

Madeleine, 18$ pour 50 livres de tomates italiennes.






















L'impression d'être riche et vivants.
Mille et un plats à ma portée.
Mille et une plantes qui donnent pour ma famille.






Aller visitez vos producteurs locaux.






C'est à leur tour de se laisser parler
d'amour...




L'abondance de la terre de chez nous.































Les couleurs de la plus belle des saisons.

mercredi 26 août 2009

Désordre et créativité


Ce livre et cet hilarant documentaire défendent à peu près la même thèse: que le désordre n'est pas aussi contre-productif qu'on pourrait le croire. Maintenir l'ordre à tout prix demande beaucoup de temps, sans nécessairement augmenter l'efficacité, et chaque désordre peut être un système d'organisation personnel en soi.

Bien plus, le désordre serait source de créativité. C'est plutôt rassurant. Et cela explique peut-être le secret de ma créativité culinaire. Car voici quelques-uns des ilots créatifs dans la cuisine:



Un petit bout de comptoir de cuisine sur lequel on peut voir: tous les effets scolaires des enfants, deux chapeaux de cowboys, une recharge à batterie, Chick Hicks, un téléphone (si, si, là-bas, au fond), un bouquet de fleur en papier donné à la dernière Saint-Valentin, un linge à vaiselle rouge contenant la collection de roches de Victor et une paire de gants pour le jardinage.



L'armoire à Tupperware, la préférée de Léopold. Il la réorganise souvent. Je ne saurais faire meilleur travail.




Finalement, l'armoire en coin qui contient mes casseroles, AKA, l'armoire qui fait soupirer mon homme. Admirez l'équilibre précaire de l'empilade dans le fond. Je l'ai fait toute seule. Sans l'aide de Popold.

J'ai longtemps combattu mon petit côté bordélique. À compter d'aujourd'hui, j'annonce que je lâche prise. Je pourrais même aller jusqu'à vous montrer d'autres coins de la maison, mais je ne voudrais surtout pas vous intimider avec l'immense potentiel créatif de ma famille.

Bien sûr, ça prend un peu d'ordre pour faire fonctionner une famille de six. Mais peut-être faut-il se rappeler, encore et encore, que ça ne sert à rien de virer fou. Un peu de désordre, c'est bon pour la santé.

mardi 25 août 2009

J'ai fait du seitan! -- AJOUT

AJOUT PHOTO

Sauté au teryaki et sans-viande


4,56$

C'est le prix que demande mon épicier pour un paquet de "sans-viande" découpée en languettes. Pour nourrir la smala, ça en prend 2 de ces paquets.

Euh, ça revient cher le sauté. À ce prix là, on va se faire le filet mignon direct!

À moins!
...de faire soi-même le sans-viande...
héhé!

Surtout que pendant les vacances, j'ai étudié un des livres de la reine canadienne du végétalisme, Sarah Kramer. Et qu'elle y donne moult recettes de sans-viande qui me semblaient ridiculement simples.

Il ne m'en fallait pas plus pour plonger.

Vraiment, j'ai été agréablement surprise par le côté simple et économique de la patente. Et pis c'était franchement bon. Mon chum lui-même a été confondu. Les enfants? Ils ont mangé comme ces petites bêtes dociles et naïves qu'ils savent parfois être. Sous mon regard carnassier de *héhé-sont-ils-vraiment-en-train-de-se-délecter-de-sans-viande-fait-maison*?

Pour se partir du sans-viande, ça prend de la farine de gluten, en vente dans les magasins d'aliments naturels. Environ 1t. 1/2 m'a coûté 1,60$.

Pour faire une bonne quantité de sans viande, j'ai pris 1t de gluten que j'ai mêlée à 1t d'eau. Aussitôt et avec un peu de pétrissage, la pâte se transforme en une boule très élastique à laquelle on peut donner différentes formes. On peut ajouter un peu d'eau au besoin. En pétrissant, je lui ai donné la forme d'un long cigare plutôt plat. J'ai ensuite découpé le cigare en tranches avec un bon couteau (parce que ça colle assez) puis j'ai finalement coupé mes tranches en deux pour arriver à des semblant de belles petites languettes de viande.

Ensuite, pour un sans-viande style boeuf ça prend:

4t. de bouillon de légumes
1/2t de tamari

4c. à soupe de sauce Worcestershire
2 c. à soupe de poudre d'ail ou d'oignon
1c. à thé de poivre de Cayenne

1/2 c à thé de sauge

Dans une casserole, amener tous les ingrédients du bouillon à ébullition pour ensuite y déposer délicatement les tranches de gluten. Réduite le feu, couvrir et laisser mijoter doucement de 50 à 60 minutes en brassant aux 10 minutes environ. Ne pas s'en faire si le gluten vous semble gonfler beaucoup, ça se résorbe en brassant.

Au bout d'heure, il ne restera pratiquement plus de bouillon. Le sans-viande est prêt à être utilisé. Par contre, si comme moi on aime une texture un peu plus consistante, il est conseillé de placer les tranches de seitan sur une plaque légèrement huilée et d'enfourner environ 30 minutes à 350.

Le seitan se conserve 6 jours au frigo et jusqu'à 6 mois au congélo. C'est un aliment très riche en protéines, peu calorique et qui contient très peu de graisses.

Le livre de Sarah Kramer s'appelle La Dolce Vegan. Compilations de recettes et trucs végétaliens simples.

C'est le troisième d'une trilogie sur la cuisine végétalienne. Il me tarde de trouver les deux autres à la bibliothèque puisque bien que bien fait, La Dolce Vegan n'a pas répondu à toutes mes interrogations. N'empêche ça m'a montré qu'il existait une vie en-dehors du oeufs-lait-fromage de la cuisine végétarienne...

Sarah Kramer est aussi la fondatrice du site GoVegan.net

Quant à moi, ben ciboulot, me voilà à faire mon seitan!

Fiouf.

Je demande bien ce que cela va me prendre pour que j'assume enfin totalement mon côté granol.