À brûle pour point, j’ai dit à mon chum : « Je veux qu’on brunche le dimanche. » Quand je lui fais ce genre d’annonce solennelle, complètement hors contexte et sans autres explications, il se contente de me répondre : « Euh. Ok. » puis attend que je lui en dise plus long.
« Je veux qu’on brunche chaque dimanche, parce que chez moi, on brunchait le dimanche, après la messe ou chez ma grand-mère, mais on brunchait toujours le dimanche. Je n’ai pas besoin qu’on invite des gens, on peut rester entre nous, mais je veux qu’on brunche. Pas juste un petit dîner avec des restants de la veille. Un vrai repas, avec des œufs et du pain, et des muffins, et des fruits. Et du bacon. Je veux qu’on brunche, tous les dimanche. »
J’avais presqu’envie de pleurer en lui disant ça. C’est que j’ai trouvé, enfin, une réponse à ce petit vide que je ressens depuis quelque temps.
Je me questionne beaucoup ces jours-ci sur les rituels, sur les coutumes, sur la tradition. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de véhicule pour les valeurs que je cherche à transmettre à mes enfants. Pas même certaine que je pourrais nommer ces valeurs comme ça, spontanément, si on me questionnait. Et cela faire naître en moi un sentiment d’angoisse.
En réponse à cette angoisse, j’ai longtemps dit à mon homme que je voulais qu’on emmène les enfants à la messe du dimanche. J’y allais, enfant. Même que je chantais dans la chorale. Ce sont de très bons souvenirs : ceux d’une vie communautaire significative, ceux de réflexions volées ici et là au gré des discours du curé, ceux d’ennui aussi, de musique et de fous rires avec mes sœurs. Cela n’avait rien de l’austérité contre laquelle toute une génération s’est soulevée.
On pourrait croire que ce désir d’emmener mes enfants à l’église le dimanche n’est ni plus ni moins que de la notalgie, mais ce n’est pas ça. C’est bien plus profond. J’ai besoin de marquer le temps avec des rituels qui ont du sens, qui sont ancrés dans quelque chose de réel. Besoin de m’enraciner et d’aider mes enfants à s’enraciner.
(Je deviens plus conservatrice avec l’âge. Et c’est tant mieux. Mes enfants pourront donc avoir quelque chose contre lequel se soulever. Pour redevenir à leur tour plus conservateurs avec l’âge, pour le grand bien de leurs enfants.)
Recommencer à aller à la messe du dimanche, pour moi qui n’y suis pas allée depuis des années, et alors que personne autour de moi n’y va, et alors que mon conjoint y est plutôt réticent, c’est toute une marche à monter. D’autant plus que je ne suis plus vraiment croyante. Aller à la messe du dimanche, ce n’est plus un acte social, communautaire, rassembleur, mais rien n’est venu la remplacer. Je n’ai d’autres choix que de plonger en moi et de chercher quelque chose qui fait sens pour répondre à ce besoin réel que j’ai.
C’est ainsi que j’en suis venue au brunch du dimanche, ce repas qui suivait la messe. Des œufs, du pain plein de beurre et du bacon. Le repas préparé avec cérémonie par mon père. C’était la fête.
C’est un peu plus accessible.
Tous les dimanches, donc, après le hockey des garçons, nous bruncherons. Je ne cherche pas à prétendre que cela règle tout, mais c’est un point de départ. Un peu mince, d’accord, mais un départ tout de même, qui débouchera peut-être sur autre chose.
******
Dans mes recherches sur le net pour trouver des idées de brunchs, je suis tombée sur cette page. C’est une page anglophone apparemment traduite par informatique. Je ne sais pas si c’est à cause de mon métier de traductrice, mais je trouve cela hilarant.
Annie répond:
Tout a commencé avec mon chum.
Depuis 7 ans maintenant, je travaille le dimanche matin. Bien, c'est-à-dire, quand je ne suis pas en congé de maternité. Je ne passe donc pas les petits matins dominicaux avec les miens.
Je ne pourrais pas dire quand exactement, mais au fil du temps, mon chum avait pris l'habitude de me préparer un bon café au lait (noir pour lui) pour quand je rentrais à la maison, vers 10h20. On le sirotait ensemble, en lisant journaux et magazines. Parfois, je me faisais aussi une toast. Ou deux. D'autres fois, mon chum faisait griller son pain à côté du mien.
Je ne pourrais pas dire quand exactement, mais un jour, voyant du bacon dans le frigo, mon chum m'a téléphoné au travail pour me demander:
- Veux-tu que je te fasse un bon déjeuner?
Alors, au fil du temps, ne prenant plus la peine de me téléphoner, à mon café au lait et mes une ou deux toasts se sont ajoutés oeufs et bacon. Et au fil du temps, sans savoir exactement de quelle façon, nos petits oiseaux sont venus piailler autour de la table réclamant leur part du butin. Aujourd'hui ce ne sont plus trois oeufs que mon amoureux craque les dimanches avant-midi (un pour moi, deux pour lui) mais bien six.
Alors chez nous, je ne sais plus trop depuis quand, le dimanche, on brunche.
Rituel à ce point installé qui si d'aventure on dine à l'extérieur ce jour là, on se le fait rappeler par trois grands becs:
- Mais papa! Le brunch!
Doux revirement de situation, eux qui, au début de nos "bons déjeuners" du dimanche, ne comprenaient pas pourquoi, le souper venu, ils n'avaient pas dîné!
Quand j'ai lu tes mots, je me suis dit qu'il n'y avait pas de hasard. Je voulais justement faire une entrée sur nos "bons déjeuners" du dimanche. Raconter comment je quitte cette maison pleine du sommeil des miens à 5h30 en buvant un lait de soya. Te décrire la petite tranche de pain que je me fais griller au travail, mangée au coin d'une table de studio et potinant avec les collègues. Te dire que parfois, en remontant à la maison, j'arrête à la boulangerie faire le plein de croissants, de chocolatines, de fromage et d'abricotines en imaginant les frimousses des garçons. Manquer de mot pour te faire comprendre ce que me fait l'odeur des oeufs et du café qui m'enlacent dès que j'entrouvre la porte de ma maison. T'expliquer l'amour que je ressens en voyant cet homme là, encore en robe de chambre, faire chauffer mon lait pour mon café. Te raconter le bonheur des enfants qui perçoivent le bonheur des parents de voir le matin s'étirer à notre table.
Juste te dire, au fond, que ce n'est rien, mais que c'est important. Sacré.
À cette époque où il est devenu presque un lieu commun de dire qu'elle manque de repères, le rituel décidé et établi prend tout son sens. En même temps, les repères sont peut-être simplement moins voyants qu'Avant et ces rituels qui se forment sans même en être d'abord conscient, au gré du temps, à partir des circonstances de nos vies, nous aident tout autant à vivre.
Des rituels de mon enfance ne sont plus, d'autres sont restés. Au fond, ma grand-mère flamande, arrivée ici ne parlant pas français, a bien du elle aussi à un moment, être en quête de sens dans cette société étrangère et tissée serrée des années 20.
La famille comme institution a certainement de cette conception inuit du temps. Elle est faite de cercles qui se croisent et s'entrelacent dans le temps et dans l'espace. Mais la famille comme entité est aussi la somme des individus qui la compose, formée par les expériences qui la traversent, toujours ouverte à être modelée par le sens que nous voulons bien lui donner.
mardi 29 septembre 2009
samedi 26 septembre 2009
jeudi 24 septembre 2009
Ménage vert 101
Mme Pas-Blancheville a bien le droit de s'amuser un peu.
En janvier 2008, je prenais la résolution de tendre vers le zéro toxique. C'est ainsi que peu à peu, j'ai remplacé produits nettoyants, corporels et ménagers, par une alternative biodégradable et plus naturelle.
Pour les produits ménagers, mon argent est d'abord allée vers BioVert, Altitude et autres Lemieux.
Aujourd'hui, I know better.
Je fais mes propres produits d'entretien ménager.
Mieux, je partage ce plaisir sur Maman j'ai faim!
Nettoyant à salle de bain
Ce qu'on cherche d'un nettoyant à salle de bain, c'est sa capacité à dissoudre les dépôts minéraux laissés par l'eau. Il y arrive grâce à sa composition acide (pH inférieur à 7) et sans javellisant qui contribue à la soupe chimique de notre environnement sans bénéfices réels. Voici donc la recette toute simple.
Ça prend un vaporisateur - un vieux contenant de produit toxique recyclé ou encore un contenant payé 1$ au Dollorama
Ensuite...
Nettoyant tout-usage
Il devra pour sa part être plus alcalin de façon à bien s'attaquer à la graisse (pH supérieur à 7).
Très simple, toujours dans un vaporisateur.
Ta-dam!
Efficaces et zéro toxique!
Ces deux recettes (et des tas d'autres trucs de ménage vert) sont tirées du livre Ménage Vert de Marc Geet Ethier, devenu ma véritable bible de l'entretien ménager.
En janvier 2008, je prenais la résolution de tendre vers le zéro toxique. C'est ainsi que peu à peu, j'ai remplacé produits nettoyants, corporels et ménagers, par une alternative biodégradable et plus naturelle.
Pour les produits ménagers, mon argent est d'abord allée vers BioVert, Altitude et autres Lemieux.
Aujourd'hui, I know better.
Je fais mes propres produits d'entretien ménager.
Mieux, je partage ce plaisir sur Maman j'ai faim!
Nettoyant à salle de bain
Ce qu'on cherche d'un nettoyant à salle de bain, c'est sa capacité à dissoudre les dépôts minéraux laissés par l'eau. Il y arrive grâce à sa composition acide (pH inférieur à 7) et sans javellisant qui contribue à la soupe chimique de notre environnement sans bénéfices réels. Voici donc la recette toute simple.
Ça prend un vaporisateur - un vieux contenant de produit toxique recyclé ou encore un contenant payé 1$ au Dollorama
Ensuite...
Pour 2 tasses d'eau tiède,
il faut 4c à soupe de peroxyde (3%)
et 4 c. à soupe de vinaigre blanc.
Agiter.
Ajouter ensuite 1/2 c. à thé de nettoyant à vaisselle
et compléter avec au plus une douzaine de gouttes d'huile essentielle
(menthe poivrée pour moi).
Agiter avant utilisation.
il faut 4c à soupe de peroxyde (3%)
et 4 c. à soupe de vinaigre blanc.
Agiter.
Ajouter ensuite 1/2 c. à thé de nettoyant à vaisselle
et compléter avec au plus une douzaine de gouttes d'huile essentielle
(menthe poivrée pour moi).
Agiter avant utilisation.
Nettoyant tout-usage
Il devra pour sa part être plus alcalin de façon à bien s'attaquer à la graisse (pH supérieur à 7).
Très simple, toujours dans un vaporisateur.
Pour 2 tasses d'eau tiède,
mélanger d'abord 1/2 c à thé de cristaux de soude
à 2 c à thé de bicarbonate de soude
dans un fond d'eau chaude, pour les dissoudre.
Ajoutez ensuite 4 c. à soupe de peroxyde (3%)
Agitez
et compléter avec 1/2 c. à thé de nettoyant à vaisselle
et au plus une douzaine de gouttes d'huile essentielle
(citron pour moi).
Agitez avant d'appliquer.
* les cristaux de soude ou carbonate de soude ne sont pas du bicarbonate de soude ni du borax, même s'ils sont tous dans la même famille. Avec un pH de 11, ils sont plus alcalins que le borax et que le bicarbonate. Ils ne dégagent aucunes émanations toxiques mais peuvent assécher la peau. Ils dissolvent le gras, la graisse, l'huile, la cire, le rouge à lèvres. En vente dans les produits d'aliments naturels.
mélanger d'abord 1/2 c à thé de cristaux de soude
à 2 c à thé de bicarbonate de soude
dans un fond d'eau chaude, pour les dissoudre.
Ajoutez ensuite 4 c. à soupe de peroxyde (3%)
Agitez
et compléter avec 1/2 c. à thé de nettoyant à vaisselle
et au plus une douzaine de gouttes d'huile essentielle
(citron pour moi).
Agitez avant d'appliquer.
* les cristaux de soude ou carbonate de soude ne sont pas du bicarbonate de soude ni du borax, même s'ils sont tous dans la même famille. Avec un pH de 11, ils sont plus alcalins que le borax et que le bicarbonate. Ils ne dégagent aucunes émanations toxiques mais peuvent assécher la peau. Ils dissolvent le gras, la graisse, l'huile, la cire, le rouge à lèvres. En vente dans les produits d'aliments naturels.
Ta-dam!
Efficaces et zéro toxique!
Ces deux recettes (et des tas d'autres trucs de ménage vert) sont tirées du livre Ménage Vert de Marc Geet Ethier, devenu ma véritable bible de l'entretien ménager.
mardi 22 septembre 2009
R.I.P.
Mon lave-vaisselle vient de rendre l'âme. Enfin, tout n'est peut-être pas perdu, si mon chum trouve comment le réparer. Sinon, il faudra s'en passer pour quelque temps puisque cette dépense n'est pas prévue au budget.
Je ne peux pas dire que ça m'enchante. Déjà, quand nous étions deux, je détestais faire la vaisselle et les assiettes traînaient jusqu'à ce que l'un des deux se tannent. Et quand nous avons eu un lave-vaisselle, après la naissance du deuxième enfant, je peux dire qu'au moins 50% des disputes sur les tâches ménagères se sont réglées. Mais bon. Faudra s'y faire.
J'essaierai d'y trouver un plaisir nostalgique. Cela me rappellera quand nous faisions la vaisselle après souper quand j'étais petite. Habituellement, on mettait de la musique bien forte et c'était presque plaisant. Ce sera l'occasion idéale d'initier les plus vieux aux tâches ménagères.
En tout cas, encore une chance que, par hasard, j'ai acheté du palmolive.
Je ne peux pas dire que ça m'enchante. Déjà, quand nous étions deux, je détestais faire la vaisselle et les assiettes traînaient jusqu'à ce que l'un des deux se tannent. Et quand nous avons eu un lave-vaisselle, après la naissance du deuxième enfant, je peux dire qu'au moins 50% des disputes sur les tâches ménagères se sont réglées. Mais bon. Faudra s'y faire.
J'essaierai d'y trouver un plaisir nostalgique. Cela me rappellera quand nous faisions la vaisselle après souper quand j'étais petite. Habituellement, on mettait de la musique bien forte et c'était presque plaisant. Ce sera l'occasion idéale d'initier les plus vieux aux tâches ménagères.
En tout cas, encore une chance que, par hasard, j'ai acheté du palmolive.
lundi 21 septembre 2009
Le riz qui rit
Ce ne sont pas des alexandrins Madeleine, mais je me lance:


Te souviens-tu chéri
lorsque nous étions deux?
1/2 tasse de riz
pour les amoureux.
Puis avec un enfant
et même avec deux
1 tasse suffisait amplement
à nos ventres creux.
À Ulysse et Éloi s'est ajouté Albert
et nous étions cuits.
Pour ces trois petits frères
c'était 1 tasse 1/2, pleine de basmati
Nouvelle étape en ce dimanche
et encore cher amant,
deux tasses, à cause de Blanche,
ils ne sont même pas adolescents.
Nous reviendrons bien un jour à la demi tasse
envahis par la nostalgie
de tout ce temps qui passe
de tout ce riz qui rit.
lorsque nous étions deux?
1/2 tasse de riz
pour les amoureux.
Puis avec un enfant
et même avec deux
1 tasse suffisait amplement
à nos ventres creux.
À Ulysse et Éloi s'est ajouté Albert
et nous étions cuits.
Pour ces trois petits frères
c'était 1 tasse 1/2, pleine de basmati
Nouvelle étape en ce dimanche
et encore cher amant,
deux tasses, à cause de Blanche,
ils ne sont même pas adolescents.
Nous reviendrons bien un jour à la demi tasse
envahis par la nostalgie
de tout ce temps qui passe
de tout ce riz qui rit.
vendredi 18 septembre 2009
mercredi 16 septembre 2009
Jardins urbains
Mais je suis plus riche. Et parfois, la richesse peut racheter le temps perdu. Par exemple, faire l'épicerie me prend du temps. Surtout que je visite plusieurs endroits pour la faire: boucherie, fruiterie, SAQ, marché public, épicerie... Ça me prend un demi jeudi, où je suis sensée être en congé.
Alors quand j'ai moins de temps et plus d'argent, quand la tête me tourne à l'idée de faire mon marché pendant 1/2 journée de congé, eh bien je le fais en ligne aux Jardins Urbains.
Et c'est un luxe merveilleux!
Les Jardins Urbains sont situés à 20 minutes de Montréal, à St-Sulpice dans la région de Lanaudière. C'est six acres de terrain où l'on retrouve 15 serres et 3 acres de terre cultivable. C'est aussi la première épicerie de produits biologiques et naturels en ligne.
Des biens obtenus, ma foi, à fort bon prix! Particulièrement pour les fruits et légumes de saison et la viande, d'une qualité incroyable.
Tout ça, livré à ma porte pendant que moi, je parle dans le poste.
À se demander comment ils y arrivent.
Hier matin, en allaitant ma fille et sirotant mon café, j'ai planifié mes repas, surfé leur site et choisi mes produits. Et ce soir, je suis rentrée à la maison en sachant que mon chum avait jasé avec le livreur dans le pas de la porte, qu'il lui avait peut-être même offert le café. Puis je l'imaginais ranger soigneusement toutes les denrées livrées dans un gros bac appartenant au livreur, pendant que les garçons dansaient autour découvrant ce qu'il s'y cachait.
Une fois dans la cuisine, j'ai ouvert le frigo et j'ai vu le bacon "Porc Meilleur" dans son papier kraft entre mon Vivaneau entier et un kilo de dinde bio. 80$ de viandes, fruits et légumes.
Pour le reste, je complèterai bien avec une visite éclair au supermarché. Autrement, demain je suis en weekend.
Et je n'ai pas besoin de faire l'épicerie!
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