vendredi 30 avril 2010

Ailes de pingouins à la sauce Halak

Chez nous, il y a des amateurs de hockey : il y a le grand, le moyen, la petite, le petit et le bébé.

Et dans le temps des séries, il y a aussi la mama.

Ah! la mama, elle se contente d’apprécier ça de loin! Elle regarde avec curiosité son homme, normalement plutôt placide, se transformer en partisan. Elle rigole quand elle entend ses voisins hurler après un but. Elle s’amuse d’écouter ses enfants parler de Camallieri, et Plekanec, et Halak, pis euh… les autres là? Kosti… Les deux frères russes?

Anyway.

Chez nous, la vie est hockey. Printemps, été, automne, hiver. Mais pendant les séries, c’est encore plus fort. Les superstitions se multiplient : les enfants dorment avec leurs chandails, ma fille dessine des signes du CH, mon homme porte sa casquette, il y a même deux fanions qui décorent le salon. Si le Canadien se rend en finale, mon homme dit qu’il va en mettre un sur sa voiture.

Et moi, ben, je leur prépare des ailes de poulet, comme à la Cage aux sports. La dernière fois que j'en ai fait, l'équipe a compté cinq buts. Cette fois-ci, pour aider nos Glorieux, j'ai fait des Ailes de Pingouins à la sauce Halak. " Mangez vos ailes de Pingouin, les enfants. Faut aider nos Canadiens." S’il était improbable que les Canadiens vainquent les Capitals, ça va bien prendre plus qu’un miracle du gardien de but pour qu’il survive à Crosby et sa gang (ouuuuuu… Crosby à la sauce barbecue…)

J’ai pris ma recette ici (sauf pour le "quelques heures au réfrigérateur").

Et ça a donné ceci.



Go Habs go!

À la grâce de Dieu!

Ou comme dit mon amie J. dans son statut Facebook: IncHALAK

jeudi 29 avril 2010

La radio

J'aime ça.
Non seulement elle me fait vivre, mais comme une bonne amie, elle m'aide à vivre.

Tu te rappelles de Noël Madeleine?

Hé bien je ne t'avais pas dit que j'avais été entendue. J'ai maintenant une radio dans ma cuisine

et pis r-é-v-o-l-u-t-i-o-n.

Avant, le seul appareil se trouvait au salon. Du coup, quand je cuisinais, je devais monter le son. Et j'avoue que pour les enfants, ça devenait plutôt assourdissant. Déjà que dans sans radio, le bruit dans la maison, bien tu sais ce que c'est...

Maintenant, trônant au-dessus du frigo, la radio est au coeur même de mon royaume et accompagne tous mes gestes.

Évidemment le plus souvent .

Mais parfois je triche.
Comme le matin des fois.

Et les soirs de matchs.
Quand même.

Parfois aussi, on met de la musique.
Très fort.
Et on danse.

Eux.

Comme moi.
Et c'est étrange hein. On dirait que ça ne nous prend que ça
pour être vraiment très heureux.

mercredi 28 avril 2010

Un petit Coup de Pouce

pour Maman j'ai faim!
Le magazine nous a en effet listé parmis leur 25 blogues de filles à découvrir.

On est contente.

Et pis bienvenue chez nous, si vous êtes en train de nous découvrir. Passez à table, c'est à la bonne franquette :))

samedi 24 avril 2010

Le festin


Je n'avais rien au menu pour ce soir.
Je pensais faire un poulet grillé, mais je ne l'avais pas encore acheté.

Puis, ce message:
Salut Annie,
J'ai 6 belles boulettes de morue mise de côté pour toi et ta tribu. Seras-tu au bureau aujourd'hui?
Martin
Martin, c'est l'amoureux de Lady R. On se connaît depuis, oh longtemps. À cause du travail qui nous a souvent mené aux mêmes endroits. Et à cause de Lady R. aussi, bien sûr.

Et bien sûr, c'est mon ami FB.

Je pense qu'en plus d'aimer Lady R., Martin aime aussi follement la Gaspésie. En tout cas, chaque fois que je l'entends en parler, je le sens vivre. Et je salive. Tiens, prenez cette semaine. Il y était et sur FB, ses statuts gaspésiens m'ont donné de l'urticaire!

Martin: Petites courses du samedi après-midi à Gaspé: Au Marché des saveurs: gaufres, quelques fromages et une pizza au saumon fumé. À la poissonnerie: sac de bourgots dans l'eau salée, poignée de crevettes fraîches et boulettes de morue. Boulangerie: croissants, fougasse au feta et pavot, le tout encore chaud!

Martin: S'en va manger du crâbe!

Martin: Déjeuner: Boules de morues!

Martin: Au menu ce soir: du crâbe frais, très frais, fraîchement rapporté de Gaspé!

Alors tsé, je lui ai dit que:
Annie: Heille Martin! Je suis à veuille de te masquer avec tes maudits statuts qui donnent faim!
Je pense que son message de boulettes de morue, il me l'a envoyé parce qu'il ne supportait pas que je le masque. Fin finaud. Il est bel et bien venu au travail me porter un sac avec 6 boulettes de morue importées directo de Gaspésie.

Alors cet avant-midi, je suis partie du travail une baguette sous un bras et un sac de boulettes dans une main. Vers 17h00, mon chum est allé acheter des olives, du feta et du blanc bien frais.

Le souper était prêt en un rien de temps.



Faire la salade, griller les boulettes dans un peu d'huile, déboucher le vin. Puis réunir mes cocos autour de ma table. Il faisait encore soleil et c'était un festin. On a parlé de la mer, de ce bout de pays qu'on appelle la Gaspésie et du bonheur d'avoir des copains qui nous font offrande de nourriture par une belle journée de printemps.

Le poulet grillé finalement, ce sera pour une autre fois.

jeudi 22 avril 2010

Mon boeuf

Facebook, c'est une drôle de patente quand même.
Je connais Lady R. depuis, oh, longtemps. L'université, genre. Ensuite on s'est croisées et recroisées ici et là. À cause du travail, d'amitiés communes, de la vie quoi.

Lady R. est mon amie FB. L'autre jour, son statut:

Lady R.: Cherche sept personnes sérieuses et carnivores pour partager un boeuf 100% naturel élevé par Alison et Robert, notre super couple d'agriculteurs du projet PIB.

Le projet PIB est une initiative de l'Office national du film du Canada. Il vise à témoigner des effets à long terme de la crise sur la vie des gens d'ici. Ainsi depuis plusieurs mois et pendant un an, 8 réalisateurs et 8 photographes postés un peu partout au pays documentent ce qu'ils appellent "l'indice humain de la crise". Ils oeuvrent dans une quarantaine d'endroits différents. Parmi ces endroits, la ferme d'Alison et de Robert.

Ce n'est pas facile pour les fermiers de mon boeuf. De les voir vendre un taureau 2400$ alors que l'an dernier la même bête partait pour 4100$, c'est déprimant. Pour eux. Pour nous. Pour la terre d'ici.

Est-ce que ça pourrait être autrement? Est-ce que je suis ridicule de croire que les fermes familiales sont une richesse collective?


Quand j'ai lu le statut de Lady R., je n'ai pas eu à réfléchir très longtemps. Les réseaux sociaux à la défense du terroir. En plus, j'ai fini mon porc et mon agneau tire à sa fin.

On devrait recevoir une quarantaine de livres. À temps pour la saison du BBQ parce que mon boeuf va être tué en mai.

Comme a écrit Lady R. sur son facebook: "Que le sang coule!".
À la santé d'Alison et Robert.

J'aime.

mardi 20 avril 2010

Cher comité du projet « Une boîte à lunch sans déchets »,

J’ai pris connaissance de la lettre que vous avez glissée dans le cartable de mon aîné. Dans cette dernière, vous demandez à mon fils de s’engager à apporter une boîte à lunch sans déchet à l’école. Je suis également au courant que vous avez organisé des ateliers avec les enfants sur le même thème. Je sais aussi que cela fait partie d’un vaste projet qui vise à obtenir le statut d’école verte Brundtland. Mais, pour une raison que je m’explique mal, cette lettre, je l’ai pris personnel, comme on dit par chez nous.

Vous n’êtes pas sans ignorer que ce n’est pas mon fils qui prépare ses lunchs, mais bien sa mère. Ainsi, en demandant à mon fils d’apporter un lunch sans déchet, c’est indirectement à moi que vous vous adressez. Pour le dire autrement, vous utilisez mon fils pour m’atteindre.

La stratégie n’est pas nouvelle. On peut penser à un grand nombre d’organisations plus ou moins recommandables qui ont fait usage de cette même méthode. Mais est-ce parce que la cause est noble qu’il faille fermer les yeux devant les moyens employés pour la faire avancer?

Ah! Vous trouvez que j’exagère? Je comprends. Je sais que votre objectif est respectable. En fait, ce n’est pas tellement vous qui m’irritez. Disons que c’est une accumulation. Mon exaspération grandie depuis des mois, voire des années. Bien sûr, je n’ai rien contre le fait qu’on parle d’écologie avec les enfants, on ne peut pas être contre la vertu, j’en ai contre la façon dont on s’y prend. Non seulement suis-je agacée qu’on cherche à m’éduquer à travers mes enfants, mais j’en ai contre le ton général utilisé pour conscientiser: un ton alarmiste, moralisateur, culpabilisant, qui cherche à effrayer plutôt qu’à informer. Un discours dans lequel les enjeux sont trop simplifiés.

L’année dernière, par exemple, au spectacle de fin d’année, j’ai soupiré en entendant tous les enfants chanter L'hymne à la beauté du monde sur un ton larmoyant et à un auditoire rempli à craquer de parents bienveillants. Je n’en peux plus de ces affiches qui garnissent les murs de votre établissement créées par des enfants m’intimant de ne pas laisser ma voiture rouler inutilement ou de ne pas jeter mes déchets sur le trottoir. Cela m’exaspère lorsque j’entends ma fille répéter des propos sans nuances qui ne viennent clairement pas d’elle. J’en ai marre qu’on utilise la naïveté des enfants pour toucher.

Il serait pourtant possible, cher comité, de faire autrement. D’aborder le problème avec rationalité et nuances en se basant sur les faits. D’utiliser l’humour aussi, pourquoi pas. D’initier un dialogue plutôt que de dicter une conduite. De réfléchir plutôt que de faire peur. Les gestes qui viennent du plus profond de la conscience, qui sont l’aboutissement d’une réflexion, durent.

Mais bon, il faut croire qu’il est difficile de se dégager du discours ambiant puisque vous n’êtes pas les seuls à le tenir.

Sachez que j’ai expliqué à mon fils qu’il n’était pas possible pour moi de m’engager à produire une boîte à lunch absolument sans déchets. Bien sûr, lui ai-je dit, je vais continuer à fabriquer mon yogourt et à le mettre dans des contenants réutilisables. Je vais continuer à remplir la boîte à lunch de fruits frais et de muffins made from scratch, comme disent les américains. Mais les sandwichs faits avec du pain maison, je continuerai, oui, à les envelopper dans une pellicule de plastique non recyclable.

Le pire, cher comité du projet « Une boîte à lunch sans déchet », j’avais justement l’intention d’acheter des contenants réutilisables pour les y mettre. Mais là, ça me le dit plus.

Je suis comme ça, moi. Quand on me fait la morale, je refuse de coopérer. C’est mon petit côté enfantin.

Cordialement,

La Mama de Victor