jeudi 7 octobre 2010

La pause

Aujourd'hui, on fait pause.
Il est 10h40 et avec mes oursons, nous sommes encore en pyjama.

J'ai un fils qui ne file pas et j'ai décrété que c'était repos forcé pour tous. Tous trop fatigués de toute façon. Il y a moins de lumière, il fait plus frais
et j'ai besoin de les avoir autour de moi.

Alors ce matin, je n'ai pas mis le cadran. Mon chum est parti gagner notre vie sous la pluie et on ne l'a pas envié.

Nous, on s'est fait des crêpes aux pommes. J'ai mis un bouillon de poulet à dégeler pour une grosse soupe aux légumes.

Ensuite, on va faire la sieste.

C'est à peu près ça le plan.
Et ça me semble en masse.


Crêpes végés aux pommes
(pour 4)

1 tasse de farine blanche
1 tasse de farine de blé entier
2 c. à thé de poudre à pâte
1 c. à thé de bicarbonate de soude
1. c. à thé de cannelle
un peu de sel
2 c. à table d'huile végétale
1 tasse de compote de pommes
2 tasses de lait

Mettre les ingrédients secs dans un bol.
Dans une grosse tasse à mesurer combiner le lait, la compote et l'huile.
Ajouter aux ingrédients secs et bien mélanger.
Cuire dans un poêlon à crêpes bien chaud et huilé.

mardi 5 octobre 2010

Les créatifs

Voici une pub autralienne.
On peut lire que cette publicité vise directement "les parents qui continuent à nourir leurs enfants avec du fast-food tout en sachant les effets néfastes qu'il provoque".

Moi je dis: stop, ça suffit.

Encore une patente pour culpabiliser les mères. Comme si l'industrie agro-alimentaire n'avait rien à voir dans tout ça. Comme si les choix de société faits en notre nom n'étaient pas les principaux responsables de ce qui se trouve dans nos assiettes. Comme si les seules coupables du pourcentage de gras dans le corps des enfants étaient les mauvaises mères qui n'arrivent pas à les nourrir comme du monde.

Je ne sais pas pour toi Madeleine, mais les gros que je connais ne passent pas leur temps à manger du junk.

C'est ça mon champion. On va régler le problème de l'obésité en ne mangeant plus de burgers. Ma foi, c'est aussi con que de croire que les rations de l'UNICEF vont régler la faim dans le monde.

De toute façon, j'en ai marre qu'on me dise ce que mes enfants peuvent ou ne peuvent pas manger. Marre qu'on pointe d'un doigt accusateur leurs morceaux de chocolats et qu'on leur donne des pommes pour l'Halloween.

La révolution du goût, ça ne passe pas par les pseudos politiques alimentaires des écoles, ni par la pub, ni par l'ordre profesionnels des diététistes.

Des fois je te jure, j'aurais envie de leur foutre mon rouleau à pâte quelque part.

¡No pasarán !

dimanche 3 octobre 2010

Jamie aux States

As-tu eu connaissance de cette téléréalité Annie?

Jamie Oliver's Food Revolution dans laquelle le cuisinier britannique prend d'assaut les cuisines des établissements scolaires de la municipalité de Huntington, West Virginia, aux États-Unis, comme il l'avait fait dans son propre pays.

Comme je n'ai pas le câble, je n'en avais pas eu connaissance jusqu'à ce que ma soeur m'envoie des extraits trouvés sur YouTube comme celui-ci (en anglais).



Troublant.

Il y a bien d'autres extraits ou l'on voit des enfants de maternelle et première année incapable de nommer un tomate, ni un chou-fleur, ni même une patate. Ou encore, alors que Jamie veut servir aux enfants des plats nécessitant des ustensiles, on lui répond que les enfants du primaire doivent se servir seulement de cuillers pour manger et qu'ils n'ont ni fourchettes ni couteaux pour eux. Ou encore lorsqu'on voit toute la bouffe gaspillée, à peine touchée, jeter sans vergogne dans les poubelles.

Vraiment troublant.

Évidemment, cette série a tous les défauts d'une téléréalité, avec ses images chocs, ses mises en scènes, les émotions à fleur de peau filmées sans pudeur, mais ça reste franchement percutant.

Un des problèmes principal auquel est confronté Jamie est la USDA qui émet des règles absurdes pour les repas des enfants. Par exemple, on exige deux portions de "céréales" l'une pouvant être la croûte de la pizza, l'autre un petit pain blanc. On demande également deux portions de légumes pour les repas des adolescents, l'une pouvant être des patates frites et l'autre une salade optionnelle qu'aucun adolescent ne mange. Les cafétéria sont bourrés d'aliments transformés et on comprend que là aussi la USDA est à blâmer puisqu'elle négocie des tarifs préférentiels pour ces aliments.

Bon, là, je suis certaine qu'on va me dire que c'est au US et qu'ici c'est différent, mais je n'en suis pas certaine. L'épicerie a d'ailleurs fait un reportage à cet effet il y a quelque temps. Ça s'est sans compter la bouffe qu'on sert dans les établissements de santé ou celle que mangent nos vieux. C'est triste à mourir quand même. Et d'ailleurs, ça tue le monde. On pense souvent aux States quand on pense aux gros, mais ici, 1 enfant sur 3 serait obèse et 1 adulte sur 2.

Quand même.

J'aime bien l'approche de Jamie Oliver. Pour lui, il n'est pas question de manger du yogourt sans gras ou des légumes steamés sans goût. L'idée est davantage d'écarter les produits transformés pour cuisiner avec du vrai. De la vraie viande, des vrais légumes, de la vraie huile d'olive.

Et puis, sérieux, Annie, si Jamie Oliver débarque dans mon école de quartier, ben, il en faudra pas plus pour que je trouve un trou dans mon horaire pour faire du bénévolat.

Je dis ça d'même.

mardi 28 septembre 2010

Nourrir son monde

Le Musée de la civilisation cherche des photos de famille
C'est pour leur exposition: "Nourrir son monde"

En allant sur le site de l'exposition, on peut voir des familles de partout dans le monde photographiées avec la nourriture de la semaine devant eux.

Ces photos parlent beaucoup je trouve. Elles sont très touchantes même.

Faudrait que je fasse ça. Ma smala photographiée autour de l'épicerie de la semaine...

vendredi 24 septembre 2010

Je t'ai raconté cette histoire, Annie?

À mon retour du demi-marathon de Montréal, j’ai dû faire un immense détour en transport en commun pour rentrer chez moi et éviter les rues barrées. J’étais fatiguée. Dans l’autobus, je m’étais assise sur un banc seul tout près d’une fenêtre. Deux arrêts plus loin, une petite vieille, vraiment vieille, genre 92 ans, tenant deux sacs d’épicerie, monte.

Plus un seul banc. Personne qui cèdait sa place. Alors je me suis levée sur mes jambes fatiguées de fille qui venait de courir 21,1 km.

-Voulez-vous vous asseoir? que je lui ai demandé.
-Vous êtes très gentille. Vraiment c’est très gentil.

Elle s’est assise tout en continuant à me dire que j’étais vraiment très gentille alors que je lui répondais que non voyons pas du tout c’était tout naturel. Elle s’est mise à fouiller dans ses sacs.

- Tenez, qu’elle m’a dit en me tendant une boîte de biscuits. C’est pour vous remercier pour la place.
- Non, je vous en prie, ce n’est pas nécessaire. C’est normal.
- Bon, a-t-elle répondu en rangeant sa boîte de biscuits.

Dès l’instant de mon refus, je me suis mise à me questionner. Elle était mignonne, la vieille. Ça lui aurait fait plaisir, j’en suis certaine que j’accepte ses biscuits. En même temps, ç’aurait été ridicule : une petite vieille de 92 ans dans l’autobus qui fait son épicerie, forcément, ça ne peut pas être très riche. Et puis, de toute façon, j’avais un repas qui m’attendait à la maison. Et puis, qu’est-ce qu’auraient dit les autres passagers si j’avais accepté les biscuits de la vieille. Ils m’auraient peut-être jugée, cru que j’étais une voleuse de petite vieille. Ah et puis, j’étais fatiguée. Vraiment trop fatiguée après tous ces kilomètres courus pour ce combat psychologique.

- Vous êtes certaine? me demande-t-elle encore,.
- Oui, oui. Je vais rejoindre mon mari et mes enfants et nous allons dîner ensemble. Autrement dit, ma petite madame, ça suffit.
- Vous avez combien d’enfants? qu’elle me demande.
- Quatre.
- C’est bien, m’a-t-elle répondu pas impressionnée du tout.

Elle a continué à me parler tout le long du trajet. Je faisais un effort surhumain pour l’écouter. Je voulais l’écouter. Je me disais que j’étais peut-être la seule personne avec qui elle parlerait aujourd’hui. Ils sont souvent si seuls nos vieux. En même, temps fatiguée, je te dis. Elle m’a raconté que ses voisins algériens avaient une petite fille de deux ans bien mignonne et est-ce que j’en avais une fille parmi mes quatre et qu’elle était allée sur Saint-Hubert faire ses courses que ça passait le temps de sortir le dimanche comme ça et regardez les fraises que j’ai trouvé à l’épicerie et la belle pizza 4,99$ pour cette belle pizza avec des ingrédients bien frais fait maison oui vraiment elle avait fait une bonne affaire.

Je faisais beaucoup d’efforts pour lui répondre. Fatiguée, je te dis. J’écoutais, je souriais le plus sincèrement du monde. J’ai acquiescé à l’excellente pizza vraiment un bon prix.

Elle s’est tue et s’est mise à fouiller encore une fois dans ses sacs.

- Tenez, qu’elle me dit. Une pizza pour votre dîner.

Bon, elle recommençait. Je lui ai fait signe que non de la tête. Vraiment très gentil mais ce n’était pas nécessaire gardez-la s’il vous plaît. Beaucoup d’effort pour lui parler. Tenace la vieille ne voulait rien comprendre. Puis j’ai commencé à voir des petits points noirs. Genre dans quelques minutes je vais m’évanouir. Je savais que je devais m’asseoir. Fatiguée, je te dis. Il me restait encore quelques arrêts avant le mien et de plus en plus de petits points noirs et les jambes de plus en plus molles. Pas pour demander à la petite vieille de me redonner ma place. Pas pour m’évanouir non plus dans l’autobus. Alors j’ai demandé au monsieur devant la petite dame de s’il vous plaît me laisser m’asseoir je ne me sens pas très bien je viens de faire de demi-marathon de Montréal et s’il vous plaît j’ai vraiment besoin de m’asseoir.

- Vous auriez dû me le dire avant, m'a dit celui qui cédait sa place en se bombant le torse.

Et la petite vieille de me tapoter la main en disant qu’il ne fallait pas céder sa place quand on n’en était pas capable. Puis elle est sortie, avec ses sacs et sa pizza, en me remerciant encore pour la place mais que vraiment je n’aurais pas dû.

J’ai ouvert la fenêtre toute grande et j’ai respiré à fond pour chasser les petits points noirs de devant mes yeux. Je me suis dit que quand j’aurais dû temps, quand je ne serai plus aussi occupée par toute ma vie, que ce serait vraiment bien de faire du bénévolat. Allez dîner avec des vieux, genre, leur tenir compagnie. Leur faire un peu de bouffe, pourquoi pas.

En titubant, je me suis rendue jusqu’à chez-moi. Impossible de trouver mes clés, trop long, j’ai sonné, mon homme a répondu. J'ai déambulé à l'aveugle jusqu’à notre chambre et je me suis écroulée sur mon lit alors qu’il faisait de plus en plus noir devant mes yeux.

- Ça va? me demande celui qui ne comprend toujours pas pourquoi je me tue à courir.
- Oui. Mais apporte-moi un grand verre d’eau. Et ce soir, je ne fais pas le souper.

On commande de la pizza.

mercredi 22 septembre 2010

Le projet

Avec ma maison,
depuis quelques temps, j'ai une relation amour/haine.

Quand on a acheté, nous n'avions pas d'enfants. On avait l'impression d'emménager dans un palais. Je veux dire, il y a avait des pièces vides. V-i-d-e-s, peux-tu croire ça Madeleine?

Puis les enfants se sont ajoutés. Et les objets qui viennent avec. Mettons que ça te rempli des pièces. Ça te les déborde même à vrai dire.

Mais on veut élever nos enfants en ville. On aime notre quartier. On n'a pas envie de changer les boys d'école. Bien sûr, on a regardé les maisons à vendre dans le coin. Les maisons plus grandes, donc plus chères. Tellement beaucoup plus chères!

En même temps, c'est qu'on s'y est attachés à cette maison. Tous nos enfants ont grandi ici, j'en ai même trois qui sont nés juste en haut, dans notre chambre.

Alors depuis trois ans au moins qu'on gosse. On déménage? On rénove? On endure la maison comme ça et peut-être que ça va se régler tout seul?

On végète.

Puis cet été, en vacances, on habitait dans une maison de rêve.
Avec une cuisine grande comme ça. Et un four encastré. Et des tas de chambres. De la lumière et de l'espace.

On dirait que lorsque je suis revenue à la maison, je me suis aperçue à quel point j'y étouffe. À quel point on endure des non sens qu'on finit par ne plus voir, mais qui minent notre espace vital.

Y'a des pièces que je ne peux plus sentir Madeleine, ma cuisine par exemple. Je rêve aussi d'un coin à moi, un endroit ou mon chum et moi, on pourrait prendre l'apéro avec nos journaux sans avoir un seul jouet dans notre champ de vision. Et j'ai l'goût que les enfants aillent de la place. Leur place.

Je veux du beau. De l'espace. De la lumière. Et puis tant qu'à faire, pourquoi pas une salle de lavage à l'étage et une toilette où je n'ai pas les genoux dans la porte lorsque j'y trône.

Alors on a pris notre décision.

Il n'y aura pas de déménagement. On a choisi de changer la maison boutte pour boutte.

Cet été, on agrandit.

Ouais.

On a déjà contacté des entrepreneurs. On doit s'asseoir tous ensemble d'ici quelques semaines.

C'est juste une maison, mais comment te dire... Je trouve que c'est un foutu de beau projet. Qui me transporte autant que celui d'écrire un livre ou d'avoir un autre bébé ou de partir 6 mois à l'étranger avec la smala.

Tout ça pour te dire Madeleine que j'inaugure aujourd'hui un nouveau libellé.