vendredi 30 juillet 2010

Viens pou-poule


Tu as vu la nouvelle, Annie?

Mon quartier, Rosemont-Petite-Patrie, étudie sérieusement la possibilité de permettre à des citoyens de garder des poules pondeuses. On peut lire la nouvelle ici ou encore ici (remarque le titre: poules pilotes). On peut d'ailleurs signer une pétition ici.


Quand mon homme en a parlé à la table hier soir, les enfants sont tout de suite devenus excités. Des poules, dans notre cour?


Je ne sais pas trop ce que je pense de cette histoire, à vrai dire. Au fond, je m'en fous un peu que mes voisins gardent des poules, dans la mesure où ils s'en occupent, mais je ne suis pas certaine que j'en veux, moi, des poules. D'accord pour les oeufs frais, mais on fait quoi avec l'hiver? Et puis, si on part en vacances? Déjà, on a du mal à prendre soin de nos poissons...


Mon homme, lui, est définitivement contre. Et comme il a grandi à la campagne, parmi les cochons, les lapins, les vaches et les poules, je suis comme obligée de me ranger derrière son expertise.


Mais bon, si toi, Annie, tu gardes des poules, je veux bien aller te chercher quelques oeufs, de temps en temps. Je les paierais! Et je pourrais me rendre facilement chez toi, parce que, tu vois, si tu veux vraiment des poules, faudra que tu deviennes ma voisine.


C'est comme ça.

mercredi 28 juillet 2010

La limonade

Hier, j'ai acheté 10 gros citrons
pour 3 petits $.
C'est l'été. Rythme différent. Farniente.
En après-midi, je retrouve mes deux petits endormis à divers endroits de la maison.
Par exemple comme ça, dans leur chambre pleine de soleil. Je baisse la toile. Je respire dans son cou. Je le sens.
Ma minette s'endort sur le sofa. Je la transporte dans mon lit. Poupée molle qui sent le pain chaud. La sieste à l'heure d'été est la plus douce.
Avec mes citrons, en secret, j'ai fait un sirop pour de la limonade à l'ancienne.

Sirop de citron

1 1/2 de jus de citron
1 1/2 de sucre
1 1/2 d'eau
zest d'un ou deux citrons

Porter l'eau et le sucre à ébulition. Ajouter le zest. Laisser bouillir environ 5 minutes. Laisser refroidir puis ajouter le jus des citrons. Placer au frais. Pour faire la limonade, ajouter le sirop à de l'eau fraîche, au goût. Servir avec des glaçons. Le sirop se conserve au frigo pendant environ trois semaines.

J'ai placé mon sirop dans une bouteille en verre et après la sieste je leur ai servi de la limonade dans des verres givrés de glace.

Ils buvaient à petites gorgées en gloussant. Du coup l'impression d'un après-midi qui s'étire comme un chat dans un rayon de soleil.

Qui aurait crû que 3$ pouvaient contenir autant de bonheur?

lundi 26 juillet 2010

Choisir sa viande

Elle ne fait pas très 1950 finalement.
Mais voici la fameuse photo.
Photo: Réjean Poudrette

Une partie de l'article est ici. Pour la version complète, il faut le Protégez-vous qui est en ce moment en kiosque.

La journaliste me disait qu'au final, ce dossier lui avait donné du fil à retordre. Difficile d'avoir un portrait juste de la situation. Elle en conclu que les choix alimentaires des consommateurs (au-delà du simple accès à la nourriture) relèvent en premier lieu de nos valeurs et nos convictions.

C'est vrai. Et c'est un peu dommage quand même que cela repose sur les épaules de tout un chacun. Et si on se permettait de rêver collectivement à un autre type d'organisation de l'agriculture?

Je veux dire, les subvention aux producteurs de porc par exemple, ce n'est pas un choix individuel, ça fait partie d'une vision politique, non? Eh bien pourquoi celle-là plus qu'une autre?

Elle m'a aussi suggéré des lectures. Je partirai avec au moins un de ces titres en vacances alors on aura peut-être bien l'occasion de s'en reparler.

The Omnivore Dilemma de Michael Pollan.
The Compassionate Carnivore, de Catherine Friend
Eating Animals, de Jonathan Foer

vendredi 23 juillet 2010

La nageuse

Puisque tu parles de course à pied.
Je nage depuis toujours. J'aime être dans l'eau. Vraiment. Beaucoup. Ouais, autant que ça et même plus.

Moi lors d'une p'tite saucette

Cependant depuis quelques semaines, bin je cours.

Je ne voulais pas courir. Je n'ai jamais voulu courir. À propos de la course à pied, je partage plutôt l'avis de Neil Armstrong. Tout ça m'inquiète même un peu. Beaucoup. Sans compter qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver pendant un jogging et que mon chum pourrait le prendre personnel.

Mais voilà.

Avec les beaux jours, les enfants en vacances et mon horaire de travail différent, c'est moins facile d'aller s'enfermer quatre heures par semaine dans une piscine intérieure. Alors un bon matin, j'ai pris mon Ipod et mes runnings et au lieu d'aller marcher, je me suis mise à courir.

Au fond, peut-être que je ne cours pas vraiment non plus. Avec mes 10 km par semaine, on se moquerait de moi dans ton club de course.

Autant je peux enfiler avec aisance les heures à nager à pleine puissance, autant mes quelques milliers de mètres de course me tuent. Un combat constant contre moi-même.

Un marathonien d'expérience me disait qu'il courait avec plaisir une heure. Le reste n'étant que souffrance. Je ne sais trop s'il pensait m'encourager. Décidemment, quelque chose m'échappe et je ne suis pas certaine de vouloir comprendre.

Reste que je cours quand même. Juste pour voir jusqu'où je peux aller. Et en combien de temps.

Sauf que depuis que je cours, j'ai pris 3 kilos! Alors du coup, ça ne va plus. Je n'ai pas envie de prendre quelques kilos. Pas envie du tout. Je ne fais pas d'exercise pour perdre du poids, de toute façon, ça ne marche pas comme ça. Mais quand même!

Je tombe dans le piège de la faim. J'ai bien essayé de courir le matin. Ou avant mes repas. Ou tout de suite après. Ou en milieu d'après-midi.

J'ai faim, que veux-tu.

Fait chier.

Reste que je cours quand même.
Jusqu'à ce que les gars retournent à l'école, que je reprenne mon horaire habituel, qu'il se mette à faire un peu moins beau et que se dégagent quatre belles heures où l'appel de l'eau sera
plus
fort
que
tout
.

mercredi 21 juillet 2010

Le jour le plus reposant de la semaine

Annie, toi, en saison régulière, tu manges seule trois fois par semaine? Moi, c’est une fois. Le mardi.

Pendant que l’homme sert le repas que j’ai préparé, moi, je me sauve, oui, à toutes jambes. Je me sauve à mon club de course.

Je ne fais pas de jogging. Je cours. Pas bien vite, mais quand même, 4 fois semaine pour un total de 40 km. L’avantage de ce sport est qu’il se pratique partout, en tout temps, en toute condition. Parfait pour moi qui doit négocier avec des horaires chargés. Deux fois semaine, je cours le soir, après le coucher des enfants. Le dimanche, je cours avant que tout le monde se lève. Mais le mardi, c’est mon soir à moi. Le soir le plus reposant de la semaine.

Je sais, je sais. C’est étrange de dire ça. Tu ne trouves pas ça fatigant courir, Madeleine? Si ce n’est pas fatigant, peut-être que c’est parce que tu ne cours pas assez vite? Oui, c’est vrai. C’est fatigant physiquement. Mais tellement reposant mentalement.

Dans cette vie quotidienne, je prends constamment des décisions, pour moi-même et pour les autres : quoi manger pour souper, quoi acheter à l’épicerie, quand laver le plancher, bref, tu vois où je veux en venir. Mais à l’entraînement du club, je ne décide rien, je fais ce qu’on me dit. Quand le coach dit de courir 400 mètres en 1 min et 45 sec., c’est ce que je fais, sans me poser de question. Quand il dit de faire des sprints, ben j’en fais. Je ne m’obstine pas. Je ne discute pas. Je ne réfléchis pas. Je cours. Même pas besoin de me motiver, les autres le font pour moi. Cours plus vite Madeleine. Cours moins vite Madeleine. J’écoute et j’obéis.

Ça me fait un bien fou, tu ne peux pas savoir, de ne rien décider comme ça. Ça recharge mes batteries. C’est comme prendre des vacances loin, loin. Enfin, presque.

Quand c’est terminé, je rentre. Habituellement, les enfants sont couchés. La cuisine est un peu bordélique, mais on s’en fout. Je suis zen. Je ramasse le plus gros puis je saute dans la douche. Après, et bien, je suis af-fa-mée. Sur la table, ma place est encore mise. Je ramasse mon assiette, je me sers et je réchauffe au micro-onde. Et j'apporte le plat et un grand verre d'eau devant la télé.

C'est très chouette.

J’adore la course, Annie, et j’adore les mardis.

vendredi 16 juillet 2010

Tête à tête (AJOUT)



L'autre soir,
nous sommes sortis en amoureux.Sortis comme dans, oui, oui, sans les enfants. J'avais mis une belle robe et je suis allée rejoindre mon amoureux au centre-ville. Nous sommes allés manger au 5e péché et c'était bon en ta.

Cidre de glace
Foie gras
Ris de veau
Truite
Vin bio
Ganache de chocolat 70%

On se tenait la main en mangeant (ben pour la photo là) et on discutait de toutes sortes de choses. Comme
les enfants
notre travail
les enfants
nos vacances
les enfants
nos projets
les enfants
et plein d'autres affaires comme ça.

Justement, pour leur faire plaisir, je leur avais cuisiné un super plat de pâtes aux saucisses italiennes aux enfants. Avec des bleuets pour dessert.

Malgré tout, dans l'après-midi quand il m'a vu repasser ma belle robe, Ulysse m'a crié:
"VOUS N'AIMEZ PAS VRAIMENT VOS ENFANTS PARCE QUE VOUS ALLEZ AU RESTAUTRANT SANS EUX!"
C'est ça.
Cause toujours mon loup, j'ai un rendez-vous galant avec ton père.


Madeleine ajoute

Ah ben! Tu parles. Quel hasard! On est nous aussi sortis au resto.


Mais avec tous les enfants. Je veux dire, tous les nôtres, plus tous les autres enfants qui ont participé au camp de hockey de Victor, pour fêter la fin du camp, justement.

On est allés à la très chouette Cage aux sports. Une ambiance du tonnerre, je te dis pas. Des écrans à chaque détour du regard, du popcorn partout par terre. Et puis la bouffe. In-com-pa-ra-ble. À tous ceux qui aiment leurs hamburgers vraiment très très bien cuits, je recommande fortement.

Nous aussi, on s'est tenus la main en se disant: "Lâche pas chéri(e), c'est presque terminé."

Pas très longtemps, par contre, puisqu'il fallait aussi gérer des convives qui grimpent sur la table.




Et pour la conversation, je veux dire, quand on arrivait à s'entendre par dessus la musique pop, les sirènes, les cris et la confusion générale des enfants qui courent partout, on s'est dit:

C'est vraiment la dernière fois qu'on sort avec eux.
Faut qu'on les aime pour avoir viré jusqu'ici un vendredi soir.
As-tu vu la facture ???!!!!???

La prochaine fois, je fais comme toi. Je les abandonne à leur sort et à un plat de pâtes, et je sors en jolie robe pour un rendez-vous galant avec mon homme.

Mais en tous cas, mes enfants, eux, je ne les ai pas entendu se plaindre qu'ils n'étaient pas aimés.

Je dis ça d'même.