vendredi 27 août 2010

Emmène-moi jouer au baseball



Parfois, après souper, quand la vaisselle est terminée et que la cuisine est ramassée, et quand il fait beau, mon homme nous emmène tous jouer au baseball au parc derrière la maison.

Il faut nous voir quitter la maison avec notre équipement (et si mon appareil fonctionnait, j’aurais pu vous le montrer!). Nous voir déambuler sur le trottoir deux par deux, se tenant la main : moi et Victor devant, mon homme et Achille derrière, et Rosanna et Popol au milieu. C’est Victor qui transporte notre équipement dans un sac à dos. Le seul et unique bâton que nous partageons tous sort par le haut.

Arrivés au parc, l’homme dirige une séance d’échauffement : « On touche les orteiiiiiiils! Une, deux, une, deux. Aller. On tourne les bras. Une, deux, une… Attention Victor! T’as failli balancer un coup de poing à Léopold… Ok. On tourne les hanches. Aller, Madeleine, toi aussi!»

Dans notre baseball à nous, les règles sont claires : un marbre, une base, et pour retirer le claqueur, il faut soit attraper une balle au vol, soit le toucher avec la balle avant qu’il ne revienne au marbre, et il n’y a pas de prise. Parce que vraiment, s’il y avait des prises, il n’y pas un seul de nos claqueurs qui pourrait courir.

Quand on est tous bien réchauffés, mon homme distribue les gants, place celui de Léopold en guise de marbre, dépose le sac à dos pour marquer la première et unique base, et offre le bâton à Victor qui est toujours notre premier claqueur. Chichou est nommé receveur et les filles, envoyées au champ. Léopold, et bien, il déambule, nous emmerde et manque à chaque fois de se prendre un balle sur le front. Et comme d’habitude, à l’instant précis où on est tous prêts pour le premier lancer, il décide qu’il veut son gant alors on n’a plus de marbre. Mon homme le remplace par une casquette, un soulier ou, l’autre soir, par une pochette d’un DVD des Tortues Ninja se trouvant, on ne sait pourquoi, dans le fond du sac à dos.

Homme : Ok. On joue-là. T’es prêt Victor? Les filles vous êtes prêtes au champ? Chichou arrête de sautiller! On joue-là. C’est sérieux.

Après deux ou trois essais dans le beurre, clac, la balle s’envole

Madeleine : Allez, allez, Rosanna! Attrape-la! que je crie.

Rosanna qui n’aime pas le stress, fige un instant mais finit par la ramasser par terre avec sa main nue pour courir la porter à son père qui l’attend au marbre puisque le receveur est dans la lune.

Homme : Mais non, Rosanna! Lance la balle! Faut pas que tu la transportes! OK. On répète les règles. Quand on attrape une balle, il faut la lancer à un autre. Et puis, Chichou, t’es receveur. C’est toi qui reçoit la balle. OK? OK là? On recommence.

Le premier claqueur est le plus habile et le plus difficile à retirer, mais on finit par y arriver. Viennent les tours de Rosanna et d’Achille. Chaque fois qu’on change de claqueur, on joue au gant musical puisqu’il en manque un. Et moi, il faut toujours que j’essaie d’enfouir ma main dans un gant de plus en plus petit.

Rosanna ne claque pas très loin, mais elle court vite. Achille, lui, frappe avec plus de force et de précision, mais oublie systématiquement de courir. Chacun ses forces. Qu’à cela ne tienne, les balles restées trop près sont projetés au loin d’un coup de pied habile de l’homme. On fait semblant d’échapper la balle, de ne pas la trouver pour laisser la chance à Achille de se souvenir qu’il doit laisser tomber son bâton et partir. C’est là que Victor proteste.

Victor
: Ben là!!! Vous leur donnez plein de chances!

Et se met à bouder.

Menaces creuses : Victor, si t’arrêtes pas de bouder, on reviendra plus au baseball. C’est plate ce que tu fais.

C’est finalement mon tour. Après avoir enlevé mes souliers de travail, je me place et clac!

Homme : Allez, Rosanna! Arrête de faire des culbutes dans la côte avec Léopold et attrape la balle! Faut éliminer maman! Victor arrête de bouder et ramasse la balle! VITE! Chichou? Chichou? Il est où Chichou?

Mon homme se fait un malin plaisir à m’attendre au marbre pour pouvoir me culbuter dans l’herbe. C’est une règle du jeu que je ne connaissais pas jusque-là, mais bon, je m’y prête gentiment.

Finalement, c’est son tour.

Il l’a claque bien loin juste pour le plaisir de me voir courir après, parce que les enfants, vraiment ça fait longtemps qu’ils ne jouent plus. C’est à ce moment qu’un chien surgit de nulle part, attrape la balle et s’enfuit avec.

Homme : Eille! Mets pas des sales crocs dans ma balle! qu’il crie pendant que la propriétaire du chien désolée appelle sans autorité son chien fou.

Propriétaire sans autorité : Au pied Titus! Au pied!

La pénombre tombe. Rosanna est maintenant dans le bas de la côte et rigole avec Popol. Achille s’amuse à lancer son gant et à l’attraper. Victor lit la pochette du DVD des Tortues Ninja assis sur la première base.

Homme : Ok, c’est terminé. On s’en va.

Enfants : Ah non, papa! Pourquoi déjà?

C’est toujours pareil quand on joue au baseball après le souper. Les enfants adorent ça, vraiment.

6 commentaires:

Mymybelle a dit…

Des beaux moments qu'ils se remémoreront plus tard (et vous aussi)!! J'ai ce genre de souvenir avec ma famille et ils sont les précieux de mon enfance!

Joëlle Lemire a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Joëlle Lemire a dit…

Joëlle Lemire a dit...
Chez nous aussi, les activités sont assez décousues - un qui est trop fatigué pour suivre, la petite qui a envie de pipi, l'autre qui n'arrête plus d'achaler sa soeur, puis le dernier qui finalement ça ne lui tente plus!!! Ça m'arrive des fois d'être déçue quand ça ne fonctionne pas... mais ta conclusion est super belle, c'est vrai que dans le fond, faut pas trop avoir d'attentes avec l'activité prévue et plutôt le prendre comme un prétexte pour être ensemble!

Andréane la banane a dit…

ce récit est vraiment attendrissant. J'aime!

Rosemarie Allard a dit…

Moi qui ai hâte de jouer au deux contre deux (ou au trois contre trois, on verra...) au basketball. Va falloir que je patiente encore pas mal.

Très beau récit. Quand les nôtres seront plus grands, nous pourrons nous joindre à vous par un beau soir d'été montréalais.

Madeleine a dit…

Mymybelle: De beaux souvenirs, en effet, pour nous aussi!

Joelle: Même scénario ici aussi. Mais je sais qu'ils aiment ça. Je sais que c'est important!

Andréane: Merci du compliment!

Rosemarie: J'y compte bien,Rosie! Et pour le temps, ça passe bien vite...