mercredi 26 janvier 2011

Tequila Sunrise

Ces temps-ci, je porte du vernis à ongles et je bois des Tequila Sunrise.
As-tu déjà bu ça Madeleine, un Tequila Sunrise?

C’est que j’écoute en rafale la série américaine Mad Men. Ça se déroule dans les années 1960. La série raconte les histoires professionnelles et personnelles des publicitaires de Madison Avenue, à New York. À travers ces histoires, se déploient les changements sociaux et moraux qui ont lieu à cette époque aux Etats-Unis.

Ce qui saute aux yeux, c’est la vie des femmes, évidemment. Petite épouse confinée au foyer à éduquer les enfants ou secrétaire célibataire qui se fait peloter les seins, impossible de ne pas voir tout ce dont elles sont privées.

Sauf qu’au moment où on est censé réaliser tout ce qu’on a gagné, de mon côté je vois quand même un peu tout ce qu’on a perdu…

Je sais, elles vont hurler...

T’es-tu déjà mise belle pour accueillir ton chum qui revient du boulot avec un bon repas? As-tu déjà choisi la taille de ton décolleté en fonction de qui tu allais rencontrer au bureau?

As-tu ça, une nuisette, Madeleine?

Aujourd’hui, qu’est-ce que c’est être une femme?

En laissant tomber certains codes, certains rôles définis entre les sexes, n’a-t-on pas aussi laissé tomber un certain art de vivre?

Je ne sais pas.

C’est peut-être le printemps imaginé qui me donne soif de féminité. L’envie d’avoir un peu moins de chaos poussiéreux et plus de souper aux chandelles en talons hauts.

Ché pas.

Sais-tu, je vais y penser en lavant la vaisselle. Avec mes nouveaux gants en latex, la vaisselle.

Faut bien protéger son vernis à ongles.


La série Mad Men est diffusée en français à Télé Québec. Sur le site de CTV, on peut aussi regarder tous les anciens épisodes, en anglais.

4 commentaires:

Maman se cuisine a dit…

J'aime ton vernis rose, je souhaite que tes gants de vaisselle sont rose aussi... Tu m'as donné le goût d'écouter cette série, la beauté de la femme d'aujourd'hui c'est que nous pouvons être tout ça, la belle, la fine, la ménagère, la Maman mais c'est maintenant selon nos envies et nos termes, je crois...

Madeleine a dit…

Je crois, oui, qu'on a perdu quelque chose du savoir de vivre. Je crois aussi qu'on craint trop les stéréotypes et que cette crainte nous empêche de vivre pleinement certains aspects de notre identité.

Je ne sais pas si c'est la mi-trentaine, ou Mad Men ou le fait d'avoir terminé ma famille, mais je renoue beaucoup avec ce côté festif de ma féminité: les beaux vêtements, les beaux dessous, le maquillage, les talons. Je ne sais pas si c'est bien ou mal, mais je me sens vivante à travers ça et ça me rend heureuse! Tout autant que de voir mon homme lui aussi soigné avec ou sans complet!

Mamantra a dit…

Je suis aussi fan de cette série qui, bien qu'elle s'intitule Mad Men, met selon moi en évidence le parcours des femmes dans ce monde d'hommes. Elles m'apparaissent comme les vecteurs, les seules capables de tirer leur épingle du jeu dans un monde en mutation, celles qui risquent le tout pour le tout pour être et non paraître, celles qui cherchent l'épanouissement envers et contre tous. Et parfois, pour faire tout ça, ça prend du vernis à ongle et beaucoup de charme.

Anonyme a dit…

Ton billet me fait plaisir à lire ce matin. Ah le féministe, oui il nous a apporté beaucoup, mais il nous a aussi enlever beaucoup. Je pense que le féministe est allé trop loin en fait, nous sommes passé d'un extrème à un autre. On aurait la possibilité de choisir de nos jours sans jugement social? Pas si certaines... la pression de la société est toujours là, pression de nos propres consoeurs féminines maintenant. Seulement, de nos jours ce qu'on attend de nous n'est plus la même chose qu'avant, mais pas moins de pression. Combien de femmes de mon entourage je vois avoir si peur de devenir la servante de leurs enfants ou de leur conjoint, elles ont le goût d'être mère au foyer à élever leur marmaille, mais ont si peur de perdre leur indépendance, sont-elles plus heureuses?

Tu me donnes le goût de changer mon pyjama pour des talons hauts, un beau décolleté et d'aller mitoner des bons petits plats pour ma famille.

Les deux pieds dans les bonheur