mardi 20 octobre 2009

Mère parfaitement digne (ajout)

Parfois,
j’en ai assez de ces mères indignes et imparfaites qui occupent toutes les tribunes.
Valoriser ses pseudos travers, geste cool devenu l'unique façon de parler de maternité.

Je ne suis pas une mère cool.

Pas tant l'envie de valoriser mes travers que de célébrer ma maternité.

J'aime être mère de famille.
J'aime cette expression: "mère de famille".
Je veux une société qui tambourine encore et encore: "Les femmes et les enfants d'abord".

J'aime penser à eux, tout le temps.
Les aimer, tout le temps.
J'aime que le pain qu'ils mangent porte l'empreinte de mes mains.
J'aime avoir des fleurs à ma table et que leur père me dise que c'est bon.

Parfois,
je voudrais plus d'enfants et pas seulement quatre.
Mère en série.
Mère old fashion du XXIe siècle.

Mère parfaitement heureuse d'être femme.
Femme qui souhaite rester assez digne pour être mère.


Madeleine ajoute:

Cela fait des semaines que je pense à écrire un message similaire. Dans ma tête, je l'avais intitulé: "De l'imperfection et autres indignités".

Je ne me réclame ni de la perfection ni de l'imperfection. Et je n'ai jamais senti qu'on cherchait à m'imposer un modèle de perfection à travers les discours publics ou officiels. Simplement eu le sentiment qu'on me présentait un modèle désincarné, pas tout à fait rattaché à la réalité.

Or, j'ai besoin du réel pour vivre.

Dans le réel, je suis souvent une mère éblouissante, aussi souvent qu'une mère qui rate son coup. Il est comme ça le réel, fait de contradictions et d'imperfections, de moments lumineux et de moment sombres, avec beaucoup de terne ou de douce lumière entre les deux. Le réel est vivant.

À travers tous ces moments du quotidien, j'essaie d'être la meilleure mère et la meilleure femme qui soit. Ce n'est pas pour atteindre des standards imposer par d'autres, encore moins pour prouver que je suis une première de classe. Je le fais parce que je crois que cela fait de moi un meilleur humain. Et parce que je crois qu'être un meilleur humain me permet de mieux jouir de la vie.

Or, la vie est courte.

Au fond, je suis une épicurienne de la maternité. Je veux vivre à fond ce rôle qui m'a tant révélé à moi-même. Ce rôle qui m'a tant permis de m'épanouir.

Je suis une mère tout à fait digne. Parce que je crois qu'en ayant eu des enfants, j'ai fait quelque chose d'important.

********

Je vous invite à lire ce billet de CJane (blogueuse américaine). Elle répond à une connaissance lui ayant affirmé que sa mère était douce (sweet). "Ma mère n'est pas douce, répond-elle. Mais elle aime vivre avec nous et nous voir vivre. Ma mère n'est pas douce, mais elle rit de nos blagues."

7 commentaires:

Vicky a dit…

Comme toujours Annie, ta plume est juste.

Je revendique le droit de vivre mon indignité et mon imperfection tout en étant une digne et parfaite mère!

Tu as su mettre en mot le malaise qui me titillait à l'écoute de ce message sur toutes les tribunes!

La Mère Michèle a dit…

J'ai écrit le même post au printemps dernier pis je me suis faite rentrer dedans pas à peu près ;o)

Madeleine a dit…

Ça fait longtemps que je pense écrire la même chose!

Chantaloup a dit…

Ça tombe pile! J'ai répondu à un message dans DLVDM à ce sujet. Moi aussi, ça fait longtemps que ça me chicote!

Anonyme a dit…

Belles reflexions Nie et Madeleine.Ca rejoint mon desir de ressembler chaque jour un peu plus a Caroline Ingalls.

Dem :)

Melissa a dit…

"Épicurienne de la maternité"... J'adore!!!

"Je revendique le droit de vivre mon indignité et mon imperfection tout en étant une digne et parfaite mère!"

Rien à rajouter... Sinon, que je prends un réel plaisir à vous lire.

Geneviève a dit…

Tiens, on aurait pu écrire le même billet. Voici le mien, écrit il y a quelques semaines....
http://leblogueagenevieve.blogspot.com/2009/10/je-suis-une-bonne-mere.html